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La météorologie de l’année 1896

La Revue Scientifique — 9 janvier 1897

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 18 octobre 2009

Les principaux éléments météorologiques de l’année 1896 sont résumés dans le tableau ci-joint : nous allons en examiner successivement les parties principales et les anomalies.

Baromètre. - La moyenne barométrique des observations diurnes faites à une heure du soir au parc Saint-Maur, dont l’altitude est 49,30m, atteint 758,95mm pour l’année 1896. Elle est donc bien supérieure à la pression atmosphérique normale du bassin de Paris, pression qui est de 755 millimètres suivant l’Annuaire de l’Observatoire municipal de Montsouris, et même à la moyenne 757,79mm des années 187 àl1i894 inclusivement pour le parc Saint-Maur comme nous l’avons indiqué dans la Revue Scientifique du 12 janvier 1895, p. 59.

La moyenne mensuelle la plus faible, 752,70mm, est celle du mois d’octobre, mois caractérisé par des pluies très abondantes et tout il fait extraordinaires (V. la Revue Scientifique du 7 novembre 1896, p. 601), qui ont fourni 158,7mm d’eau en 21 jours. La plus élevée, 766,78mm, est celle du mois de janvier.

La pression atmosphérique minima, 727,68mm, a été observée le 6 décembre, au moment où la France était traversée par un cyclone : on observait même 715 millimètres à Brest, le 3 décembre, à deux heures et demie du soir, au moment du passage de ce cyclone dans cette ville. Il faut remonter à l’année 1762, ou il cent trente-quatre ans en arrière, pour retrouver en France une hauteur barométrique aussi faible.

La pression maxima, 780,22mm, a été enregistrée le 30 janvier : nous avons vu que c’est dans ce mois que la moyenne a été le plus élevée : la température moyenne était aussi bien supérieure à la normale.

Thermomètre. - Nous prenons comme températures normales les Températures diurnes moyennes déduites de soixante armées d’observations faites à l’Observatoire de Paris, de 1806 à 1870, données par l’Annuaire de l’Observatoire municipal de Montsouris, diminuées de 1,2° : une première diminution de 0°,7 provient de ce que la température moyenne du parc Saint-Maur, où l’on fait actuellement les observations, est inférieure de 0°,7 à celle de l’Observatoire de Paris ; une seconde de 0°,5 résulte de ce que la moyenne des vingt-quatre heures est inférieure de 0°,5 environ à la demi-somme des températures maxima ou minima d’un jour, comme on le notait autrefois à Paris.

La température moyenne, 9°,88, de l’année 1896, est supérieure de 0°,28 à la normale corrigée 9°,6.

Le mois le plus froid a été celui de janvier, dont la température moyenne, 2°,52, est cependant supérieure de 1 °,32 à la normale de cette période ;

Le mois le plus chaud a été celui de juillet, dont la température moyenne, 18°,94, surpasse la normale correspondante de 1°,24.

Quatre mois ont été relativement trop froids (c’est-à-dire que leur température moyenne est inférieure à celle de la normale correspondante) ; ce sont les suivants : Février (-0°,55), août (-1°,51), octobre (-1°,44), novembre (-2°,55).

Six autres sont relativement trop chauds : mars ( +3° ,48), juin (+1°,44), janvier (+1°,32), juillet (+1°,24), décembre (+1°,17), avril (+0°,45).

Les deux autres sont sensiblement normaux ; mai (+0,08°) et septembre (+0,17°).

La température la plus basse de l’année, 8,4°, a été observée au parc Saint-Maur le 26 février.

La température la plus haute, 31 °,7, a été enregistrée le 9 juillet.

Dans nos stations météorologiques françaises, on a noté - 26° au pic du Midi le 10 janvier.

La température la plus élevée, 37°, a été observée, le 14 juillet, à Perpignan, le 19 juillet au cap Béarn, le 20 juillet à l’île d’Aix.

La température la plus basse des stations météorologiques européennes,- 36°, a été enregistrée le 2 février à Arkangel.

L’Algérie, la Tunisie, l’île Madère et les Açores envoient des observations journalières au Bureau central météorologique comme nos stations françaises et les stations européennes. La température la plus haute s’est élevée à 49° le 20 juillet à Biskra ; elle a atteint ensuite 47° à Laghouat le 5 août.

Pluie. - La quantité d’eau recueillie dans le pluviomètre du parc Saint-Maur pendant l’année 1896 mesure une hauteur de 654 millimètres, soit 654 litres d’eau par mètre carré, avec une moyenne de 1,8mm par jour. Cette pluie totale est bien supérieure à la moyenne 523 millimètres des années 1887 à 1894.

Les mois les plus humides sont ceux d’octobre (158mm,7 d’eau) et septembre (118mm,8) : depuis 1869 on n’a jamais recueilli pendant ces mois une aussi grande quantité d’eau. Pendant ce long intervalle de deux siècles environ, on a enregistré deux fois seulement de plus fortes pluies mensuelles : 174mm,5 en août 1784 et 170mm,7 en juin 1854.

Les mois les plus secs ont été ceux de février (4mm,9 en six jours), mai (7mm,1 en six jours), et avril (I9mm,9 en neuf jours).

C’est pendant les mois de septembre, octobre et décembre que l’on a compté les plus grands nombres de jours de pluie : 20, 21 et 20.

Voici les pluies diurnes maxima observées en France, en Europe et en Algérie, pendant les différents mois de l’année.

MoisDatesLocalitésPluieDatesLocalitésPluie
Janvier 3 Besançon 29 10 Brindisi 64
Février 20 Cette 60 25 Naples 45
Mars 29 Pic du Midi 66 24 Biskra 42
Avril 21 Briançon 68 22 Rome 40
Mai 31 Mt-Vontoux 94 9 Livourne 71
Juin 16 Gap 98 26 Trieste 82
Juillet 28 Mt-Ventoux 98 4 Carlsruhe 40
Août 7 Nancy 80 21 Patras 59
Septembre 25 Cherbourg 98 24 Florenee 55
Octobre 19 Nice 93 14 Trieste 121
Novembre 15 Nice 90 16 Naples 67
Décembre 18 Nice 83 21 Tunis 53

Les localités françaises qui paraissent le plus souvent sur le tableau précédent sont Nice (ou plutôt le mont Gros, près de Nice) et le mont Ventoux, stations élevées comme la plupart de celles qui figurent dans la troisième colonne.

En Europe, nous rencontrons Naples et Trieste deux fois ; mais c’est cette dernière localité qui a la plus grande pluie diurne, 121 millimètres le 14 octobre : c’est dans ce mois que nous avons eu le plus d’eau au parc Saint-Maur.

En résumé, la pression atmosphérique, la température et la pluie ont été supérieures à la normale ; mais les pluies de septembre et surtout d’octobre sont la principale caractéristique de l’année.

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