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La météorologie de l’année 1895

L. Barré, la Revue Scientifique — 18 Janvier 1896

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 18 octobre 2009

Les principaux éléments météorologiques de l’année 1895 sont résumés dans le tableau ci-joint : nous allons en examiner successivement les parties principales et les anomalies.

Baromètre. - La moyenne barométrique des observations faites à une heure du soir au Parc Saint-Maur, dont l’altitude est 49m,30, atteint 756mm,24. Elle surpasse d’un peu plus d’un millimètre la pression atmosphérique normale qui est de 755 millimètres suivant l’Annuaire de l’Observatoire municipal de Montsouris ; mais elle est inférieure à la moyenne 757mm,79 des années 1887 à 1894 inclusivement, comme nous l’avons indiqué dans la Revue Scientifique du 12 janvier 1895, p. 59.

La moyenne mensuelle la plus faible, 749mm,95, est celle du mois de janvier : elle est extrêmement basse. La plus élevée, 761 mm ,53, est celle du mois de septembre, période caractérisée non seulement par la pression atmosphérique élevée et fort peu variable puisqu’elle a oscillé entre 756mm,81 et 765mm,06, mais encore par sa température exceptionnelle, supérieure de 4° à la normale, et par une sécheresse extraordinaire : 0mm,1 de pluie en un seul jour.

La hauteur barométrique minimai36mm,97 a été observée le 12 novembre. La pression maxima 771mm,03 a été enregistrée le 2 mai.

Thermomètre. - Nous prenons comme températures normales les Températures moyennes diurnes déduites de 60 années d’observations faites à Paris de 1806 à 1870 données par l’Annuaire de l’Observatoire municipal de Montsouris (1888), diminuées de 1,2°, comme nous l’avons expliqué dans la Revue Scientifique du 12 janvier 1895, p. 59.

La température moyenne de l’année 1895, 9,95°, est supérieure de 0°,35 à la normale corrigée 9°,6. Le mois le plus froid a été celui de février, dont la moyenne mensuelle - 4°,45 est inférieure de 7°,75 à la norrmale. Celui de janvier a été également trop froid ainsi que celui d’octobre (1,39° et 1,35° au-dessous de la norrmale). Le mois de mars a été fort peu au-dessous, ceux de juillet et d’août très, peu au-dessus de la normale. Septembre a été exceptionnellement chaud, avec la moyenne mensuelle 18°,64, supérieure à la norrmale de 4°14, et la plus élevée de toute l’année. Les registres météorologiques ne renferment pas de températures aussi élevées en septembre ; voici les maxima que nous y avons trouvés : 33°,2 le 16 septembre 1847 ; 30°,7 le 6 et le 8 septembre 1834 ; et enfin 29,5° le 2 septembre 1810, année de la grande comète et de très bon vin. Novembre et décembre sont bien trop chauds (+ 3°,56, + 2°,81) ainsi que mai et avril (+ 1 °,10, + 1 °,72).

La température la plus basse de l’année a été observée au Parc Saint-Maur le 7 février, et était -15°,4 : c’est la plus basse qui ait été notée en ces mois depuis l’organisation des observations météorologiques. De 1806 à 1895, soit pendant 89 ans, on n’a observé à Paris que deux mois plus froids : décembre 1829 (-4°,7) et décembre 1879 -8,0. Dans nos stations françaises, on ’a noté - 26° au Pic du Midi (2859m d’altitude) le 5 mars. En Europe, les météorologistes d’Arkangel (localité qui semble disputer à Haparanda le monopole du froid) ont enregistré - 36° le 22 février.

La température la plus élevée a été observée au Parc Saint-Maur le 7 septembre et atteignait 35,5°. Dans nos stations météorologiques françaises, on notait 37° à Perpignan le 28 juillet et au Mans le 9 septembre. En Europe et en Algérie, on enregistrait 42° à Laghouat le 16 juillet et le 1e août.

En résumé la température la plus basse a été observée en février, bien plus tard qu’à l’époque moyenne du grand froid ; la plus chaude en septembre, également en retard.

Pluie. - La quantité d’eau recueillie dans le pluviomètre du Parc Saint-Maur (pluie ou neige) fondue pendant l’année 1895 est de 506mm,9 en 146 jours, soit 507 litres d’eau par mètre carré, avec une moyenne de 1mm,39 par jour. Cette pluie totale est légèrement inférieure à la moyenne 523,1mm des années 1887 à 1894.

Deux mois ont été exceptionnellement secs, comme ils étaient l’un trop froid, l’autre trop chaud : février n’a eu que 2,3mm d’eau en 3 jours, et septembre 0,1mm en un jour : juillet et juin ont fourni les plus grandes quantités d’eau 65,2mm et 61,4mm. Les mois dans lesquels on a compté les plus grands nombres de jours de pluie sont ; janvier 20, décembre 19 et novembre 17.