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Le bicycle valseur

La Nature N°761 — 31 Décembre 1887

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 1er décembre 2019


Les roues de ce bicycle ont chacune 2 m de diamètre et sont montées aux extrémités d’un même essieu, à la distance voulue pour qu’un homme puisse se mouvoir librement entre elles. Le siège est suspendu au centre de l’essieu, au-dessous et un peu en arrière. Un arbre à pédales, analogue à celui des tricycles, est situé à l’extrémité inférieur d’un cadre suspendu à l’essieu ; cet arbre porte à ses deux bouts une roue dentée commandant les chaînes de Vaucanson qui font agir les roues du bicycle. On comprend que si ces deux roues étaient directement commandées par les chaînes, le système ne pourrait que marcher en ligne droite, et ne pourrait pas tourner dans les courbes, puisque la rotation exige que l’une des roues aille plus vite que l’autre. Aussi l’inventeur a-t-il imaginé une disposition de pignons et d’engrenages mus par un petit arbre coudé tenu à la main, et qui permet, soit d’immobiliser l’une des roues pendant que l’autre décrit son mouvement, soit de ralentir la vitesse de l’une par rapport à l’autre, soit enfin de faire tourner une roue en arrière tandis que l’autre tourne en avant. Dans ce dernier cas, si les deux vitesses sont égales, l’appareil évoluera sur place, le corps du veloceman tournant sur lui-même comme une toupie, d’où le nom de bicycle valseur donné à cette machine construite par un amateur, et dont nous avons expérimenté l’unique modèle fabriqué. Les avantages de stabilité et de vitesse sont largement compensés par de graves inconvénients ; le principal est la difficulté qu’il y a à empêcher la déformation des roues d’un si grand diamètre ; aussi ne signalons-nous cet appareil qu’à titre de curiosité.

Nous ajouterons que nous l’avons vu fonctionner et qu’il a été manœuvré devant nous avec beaucoup de facilité.

A.G.