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La France va-t-elle construire une usine d’hydrogénation de la houille ?

Roger Simonet, Sciences et Voyages N°773 — 21 juin 1934

Mis en ligne par Denis Blaizot le vendredi 27 avril 2012

La Commission des Mines de la Chambre des Députés et, plus spécialement, son président, M. Charles Baron, étudient activement une question particulièrement à l’ordre du jour à l’heure actuelle : celle de l’hydrogénation de la houille et de son exploitation éventuelle sur le sol national.

M. Ch. Baron examine présentement les diverses solutions qui peuvent être envisagées pour résoudre le problème du ravitaillement de notre pays en carburants.

Ces diverses solutions, pour la plupart, ne sont applicables qu’à un nombre limité de cas ou consistent dans l’emploi de succédanés de valeur médiocre. Il y a, d’abord, l’alcool éthylique et l’alcool méthylique de synthèse dont les possibilités de fabrication actuelles sont très réduites. Ces deux produits, et surtout le second, ont un pouvoir calorifique très inférieur à celui de l’essence. Il y a ensuite les essences de schistes, dont les disponibilités sont faibles. On notera enfin que l’adaptation des gazogènes à la traction automobile est un fait acquis, mais que ce système est applicable seulement aux véhicules poids lourds.

En regard de ces diverses formules, l’hydrogénation de la houille ou du lignite apparaît comme un procédé d’utilisation beaucoup plus général. Elle fournit, en effet, des essences de qualité équivalente à celle de l’essence naturelle et qui peuvent être employées indistinctement dans tous les moteurs.

Les Allemands se sont très bien rendu compte du parti que l’on peut tirer de la mise en œuvre de ce procédé. Après l’avoir étudié pendant de longues années avec l’esprit méthodique et réalisateur qui les caractérise, ils en ont réalisé l’application dans l’usine de Leunawerke, à Mersebourg, en Saxe, dont ils développent actuellement la production et qui sera bientôt en mesure de fabriquer 300.000 tonnes d’essence par an. Là, ne se borne pas leur effort et ils construisent de nouvelles installations, en particulier dans la Ruhr, où ils adaptent des fabriques d’ammoniaque à la production de l’essence,

L’Angleterre a voulu, elle aussi, posséder une industrie de l’essence de synthèse. Et, pourtant, grâce aux puissants gisements de pétrole dont elle dispose en Mésopotamie et en Perse, grâce à une flotte qui lui assure la maîtrise des mers, elle n’a pas à craindre de voir son ravitaillement interrompu en temps de guerre. Par ailleurs, les grands trusts dont l’activité tient une si large place dans son économie n’ont certainement pas intérêt à voir naître une concurrence d’autant plus redoutable qu’elle sera soutenue par l’état. Malgré cela, le gouvernement britannique a décidé d’encourager par des mesures d’exonération fiscale la fabrication de l’essence à partir du charbon et une usine, capable de produire annuellement 100.000 tonnes, est en construction à Billingham.

Chez nous, aucune réalisation de cette envergure n’a été entreprise jusqu’ici. Nos techniciens ont travaillé, il est juste de le reconnaître, et ils ont obtenu des résultats tout à fait remarquables. Leurs recherches ont abouti à la mise au point de procédés équivalents à ceux de nos voisins. Mais, il reste à exploiter ces ’procédés suivant un plan répondant par son ampleur aux besoins de notre économie et de notre Défense Nationale.

M. Charles Baron rappelle que l’Office National des Combustibles liquides étudie à fond la question et il exprime l’avis suivant :

« La France doit être dotée d’une installation dont la production totale s’élèvera au début à 100.000 tonnes d’essence par an et sera portée, dans un délai aussi rapproché que possible, à 300.000 tonnes. »

Le Président de la Commission des Mines fait ressortir que la construction d’une telle usine entre dans le cadre des mesures de redressement économique actuellement en préparation, qu’elle donnerait du travail à de nombreux ouvriers, qu’elle assurerait à l’industrie métallurgique un très appréciable élément d’activité et que son exploitation fournirait un débouché nouveau aux charbons français.

Roger Simonet

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