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Les expériences de M. Ch. Weyher et la physique sans appareils

La Nature N°720 — 19 Mars 1887

Mis en ligne par Denis Blaizot le mardi 27 septembre 2011

En publiant précédemment le résultat des belles recherches de M. Ch. Weyher, sur les tourbillons aériens et les sphères tournantes, nous avons dit que nous faisions connaitre seulement quelques-unes des expériences réalisées par le savant opérateur. Parmi celles que nous avons passées sous silence, il en est une qui est de nature à intéresser spécialement les amis de la Physique sans appareils, parce qu’il est facile de la reproduire soi-même, sans aucun matériel spécial. Elle consiste dans l’attraction produite par un jet d’air, de vapeur ou d’un fluide quelconque ; notre figure 1 en donne la reproduction.

On voit, à gauche de notre gravure, la tuyère d’un chalumeau d’où s’échappe un jet d’air ou de vapeur. Ce jet retient captifs une petite balle de liège et un ballon de caoutchouc rempli d’air, qu’on y a placés. Il peut être incliné jusqu’à 45° sur l’horizon, sans que ces globes ne tombent. Les sphères tiennent aussi bien en équilibre, soit qu’elles tournent, soit qu’elles ne tournent pas. En mettant la main en avant du ballon de caoutchouc, les deux sphères se rapprochent l’une de l’autre et de la tuyère ; les sphères les plus denses sont celles qui trouvent leur équilibre le plus près de la tuyère.

Arrivons à la réalisation d’expériences analogues par la physique sans appareils.

La première expérience que nous allons décrire nous a été communiquée par M. Roy de Pierrefitte. Elle est très facile à réaliser avec un peu d’application.

On choisit un pois aussi sphérique que possible ; s’il est sec, on le laisse un peu tremper dans l’eau pour le ramollir, afin de pouvoir, sans le détériorer, l’embrocher avec une petite épingle, que l’on s’efforce de faire passer, autant que possible, par le centre de la sphère. Cela fait, on prend un bout de tuyau de pipe en terre de 0,04m à 0,05m de longueur, on pose le pois à l’une des extrémités du tuyau, où il est maintenu par la petite épingle qui a été introduite dans le tuyau. On met l’autre bout du tuyau entre ses lèvres, et penchant la tête horizontalement, en arrière, de manière à ce que le tuyau soit bien vertical, on souffle graduellement et d’abord lentement. Le pois est soulevé ; on souffle plus fort avec régularité, le pois s’élève, l’épingle abandonne son support, et le système se met à être soutenu dans le jet d’air, entièrement isolé, tournant sur lui-même quand l’épingle reçoit la poussée de l’air (fig. 2).

Les coquilles d’œufs posées sur un jet d’eau s’y maintiennent de la même façon. La deuxième expérience nous a été communiquée par M. Léon Couratier, étudiant à Paris.

On prend un tuyau de porte-plume métallique, fermé à l’une de ses extrémités. A un centimètre environ de l’extrémité fermée, on pratique un trou circulaire de 1 millimètre environ de diamètre. Tenant le porte-plume dans sa bouche par son extrémité ouverte, on souffle de façon à déterminer la formation d’un jet d’air régulier, sortant verticalement par le trou placé à la partie supérieure du cylindre. Une petite boulette de mie de pain, bien sphérique, pourra être placée délicatement dans ce jet d’air, et s’y maintenir en équilibre comme la montre la figure 3 ; elle reste pendant toute la durée du souffle qui doit être régulier.

La boulette doit être aussi sphérique que possible, sa grosseur varie avec la densité de la matière Qui la constitue, liège, mie de pain, etc., et le diamètre de l’orifice. Des expériences analogues peuvent être facilement organisées d’une façon plus complète, avec une soufflerie ou un gazomètre. Il suffit de produire un écoulement régulier et rapide, d’air ou de vapeur, à l’extrémité d’une tuyère.

G. T.