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Tricycle à vapeur chauffé au pétrole (de Louis Lallemand)

La Nature N°696, 2 octobre 1886

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 18 septembre 2010

Un hahile mécanicien de Vassy (Haute-Marne), M. Louis Lallemand, vient de construire, pour le compte d’un amateur, un tricycle à vapeur chauffé au pétrole ; la question de la locomotion mécanique terrestre est de celles qui intéressent un grand nombre de lecteurs. Nous donnerons donc la description de cet appareil.

La longueur du tricycle , d’axe en axe (les roues, est de 1,05m, la largeur totale également de 1m ,05. La chaudière est en tôle de fer soudée ; timbrée à 8 kilogrammes et éprouvée à 18 kilogrammes. La hauteur est de 0 ,62m, et le diamètre extérieur de 0,026m, et la capacité totale de 17 à 18 litres. Elle est garnie de 30 tubes en cuivre jaune de 0,206m intérieur et elle sert de bâti à la machine, dont le cylindre a 0,072m de diamètre et 0,110m de course [1] .

Un cylindre en cuivre formant dôme de vapeur, se trouve placé contre la chaudière. Le manomètre est placé à gauche du cylindre sous les yeux du conducteur, et la pompe alimentaire à droite.

Le tuyau d’échappement débouche dans la cheminée et active le tirage.

La prise de vapeur se trouve à portée de la main gauche ainsi que le levier du frein de Prony fixé sur l’essieu ; une autre tige à poignée, fixée au marche-pied, est destinée à servir de point d’appui.

La main droite s’appuie sur la manivelle de direction, et se trouve avoir à sa portée le levier de changement de vitesse, qui permet d’embrayer sur l’une ou sur l’autre des deux poulies motrices. Ces poulies sont commandées directement par l’arbre de la machine, au moyen de chaînes Galle.

Les deux grandes roues ont 1,10m de diamètre et la petite 0,55m ; elles sont garnie, d’un cercle de cuir pour éviter le bruit.

La caisse à eau, d’une capacité de 34 litres, est placée en avant du générateur et recouvre en partie la roue d’avant. La caisse à pétrole, d’une capacité de 10 litres, est au-dessus de la cuisse à eau.

Le foyer, d’une construction spéciale et très simple, est suspendu au générateur ; il conserve toujours la position horizontale, quelle que soit l’inclinaison de la route.

Le pétrole arrive du réservoir au foyer d’un tube souple ; un robinet de distribution placé sous la main du conducteur permet de régler le feu à volonté.

Le poids total de l’appareil vide, est de 227 kilogrammes ; la dépense est d’environ 15 litres d’eau et 2 litres de pétrole à l’heure : la mise en pression exige de 10 à 12 minutes. On peut obtenir sur une belle route, une vitesse de 12 à 15 kilomètres à l’heure.

M. Louis Lallemand a déjà exécuté avec ce tricycle à vapeur quatre expériences qui ont duré d lacune une douzaine de minutes, Le chemin parcouru pendant chacune d’elles a été de 3 kilomètres, et les rampes qui ont été remontées n’ont jamais dépassé 0,25m par mètre. Sur une route horizontale, une pression de 2 atmosphères suffit pour faire marcher l’appareil avec son conducteur, à une vitesse de 6 à7 kilomètres à l’heure.

Le constructeur n’a pas encore été à même de faire des expériences plus prolongées, n’ayant pas obtenu jusqu’ici l’autorisation de circuler sur les roules avec sa machine.

D’après M. Louis Lallemand, l’emploi du pétrole est très avantageux au point de vue du réglage de la production de la vapeur, de la mise en pression rapide et de la facilité d’approvisionnement, mais ce produit coûte encore trop cher en France pour cesser d’être lin chauffage de luxe, et devenir économique.


[1Il y a probablement une inversion des diamètres que je ne peux corriger faute d’informations supplémentaires