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Fabrication du Charbon de bois

Alexandre Rameau, La Science Illustrée N°208- 21 Novembre 1891

Mis en ligne par Denis Blaizot le mardi 10 mars 2009

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Le charbon de bois est brûlé soit en tas, soit dans des trous, soit dans des fours en briques réfractaires. soit enfin dans des cornues en fonte. C’est par ce dernier procédé que l’on obtient le charbon destiné à la fabrication de la poudre. Mais nous ne nous occuperons ici que de la fabrication en meules.

Pour édifier, dans les forêts, une meule de charbon, une charbonnière, on cherche un endroit bien plat et bien protégé contre les vents. Le bûcheron commence à préparer le travail du charbonnier en disposant par petits tas de longues bûches qui commencent ainsi à secher. Il a eu soin que chaque tas ne contienne que du bois d’une seule espèce, une meule ne pouvant être formée de bois d’essences diverses. Le feu en effet n’agit pas de la même façon sur toutes les espèces et dans une meule faite de différents bois on aurait, après la calcination du charbon excellent à côté de bûches presque intactes ou trop brûlées.

Quand le charbonnier arrive à l’emplacement où il doit dresser sa meule, son premier soin est de se construire une cabane. Cela fait il prépare l’endroit où doit s’élever la meule, ce qu’on appelle la faude. Il égalise parfaitement et débarrasse soigneusernent de tous ses cailloux un cercle dont le rayon, suivant la grandeur des meules, varie de 3 à 15 mètres. Au milieu il ménage une légère dépression destinée à recueillir l’eau qui exsudera du bois et y plante 4 perches de 3 à 4 mètres qui formeront les montants d’une cheminée centrale.

Tout autour il dispose les rondins le plus souvent verticalement, rarement horizontalement. On distinguera, suivant la méthode adoptée, les meules de­ bout et les meules couchées. On dispose ainsi trois ou quatre étages suivant la hauteur des perches de la cheminée. Le lit le plus inférieur s’appelle le rez­ de chaussée, celui du milieu l’eclisse et le supérieur le bois de tête. Les intervalles entre chaque lit sont remplis par le même bois, le parement. Tous les rondins sont légèrement inclinés vers le centre de façon que les parois de la meule descendent obliquement vers le sol. La cheminée est alors remplie de bois très sec et le sommet de la meule est recouvert par une couche de rondins placés horizontalement, c’est le bonnet.

La meule étant ainsi dressée, il s’aait alors de l’habiller, c’est-à-dire de la recouvrir d’une couche de mottes de gazon, de mousse, de feuilles ; cette couche est ensuite battue de façon à la rendre absolument continue.

Ensuite le charbonnier enflamme le menu bois qu’il a entassé dans la cheminée. Le feu est allumé soit par le haut, soit par le bas. Dans ce dernier cas en dressant la meule, on a eu soin de placer une perche qui va rejoindre transversalement la cheminée. Au moment de mettre le feu on retire cette perche et par le chemin qui se trouve ainsi ouvert on introduit une gaule portant à son extrémité une mèche enflammée.

Quand la meule brûle, il faut que le charbonnier donne toute son attention à ce que le feu touche bien uniformément toutes les bùches. Il faut, en effet, que tout le bois se réduise en charbon, sans brûler véritablement. Pour atteindre ce but, on perce avec une pelle des évents dans la chemise de gazon qui revêt la meule. Grâce à ces appels d’air le feu s’étend de la cheminée centrale vers la périphérie. Ainsi le charbonnier n’a qu’à percer un évent pour mener le feu vers la partie de la meule qu’il lui plait. Bientôt des fumées blanchâtres dues aux gaz formés à l’intérieur de la meule, s’échappent par les évents. Quand la meule a brûlé plusieurs heures, la fumée devient transparente et semble disparaître ; le charbonnier bouche alors les évents. Il doit apporter la plus grande attention à cette partie de son travail. En effet, si les évents sont bouchés trop tôt, les vapeurs ne trouvant pas d’issue, font effort pour se frayer un chemin et peuvent renverser la meule en faisant explosion.

Le charbonnier doit veiller continuellement sur sa meule en combustion. Si les parois de la meule s’affaissent, c’est que la combustion marche trop vite et il faut boucher soigneusement chaque lézarde. Si la combustion est bien surveillée et bien réglée la carbonisation du bois sera uniforme.

Au bout de huit ou quatorze jours, selon la grosseur, la meule est cuite, la carbonisation complètement achevés. On reconnait ce moment à l’affaissement graduel de la meule et à l’apparition de flammes à sa base. On bouche alors toutes les ouvertures avec de la terre de façon à éteindre complètement la meule. Au bout de deux ou trois jours les charbons sont refroidis et on peut démolir la meule.

Les plus gros charbons sont retirés et triés à la main, tout le menu charbon est ramassé au moyen de râteaux ou de crocs spéciaux. Il reste au milieu de tous les rondins bien carbonisés, à cassures brillantes, des fumerons, moins bien cuits, de couleur terne ; ils sont mis à part et subiront une nouvelle cuisson dans une seconde meule.

Les meilleurs charbons sont ceux qui proviennent des couches périphériques, les plus mauvais sont ceux qui avoisinent la cheminée centrale.

Le rendement en charbon varie suivant les espèces de bois : le hêtre donne 28 pour 100, le chêne et le bouleau 26, le tilleul et le sapin 22. Comme on le voit le rendement est minime par ce procédé et tous les produits volatils sont perdus, mais c’est le procédé le moins coûteux et le plus expéditif.

Le charbon qui sert à la fabrication de la poudre est obtenu par distillation dans des cornues cylindriques ; il est très homogène et très combustible et provient de bois légers tels que la bourdaine, le saule, le peuplier. On obtient par ce procédé un rendement bien supérieur et on a l’avantage de pouvoir recueillir les produits liquides tels que vinaigre, esprit de bois, goudron, dus à la distillation.

Messages

  • bonjour, je vous laisse mon site internet sa sera plus facile pour me présenter ! Est ce que sa serai possible de mettre un lien sur votre article vers mon site car je raconte la même chose mais avec des photos très récente puisque c’est moi johan, 21ans, qui à cuit les meules l’année dernière...en attendant la nouvelle saison.

    http://johan-le-charbonnier.jimdo.com/

    Même pour une réponse négative, renvoyé moi un e-mail SVP car peu de personne que je contact pour avoir un lien pour me faire connaitre me répondent.

    cordialement johan le cahrbonnier - Johan LEGRAND
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    src="http://pic90.picturetrail.com/VOL2208/12681516/22631717/378182110.jpg"
    title="Découvrez Johan le charbonnier traditionnel du pays d'Othe"
    alt="Johan le charbonnier traditionnel du pays d'Othe"
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    Voir en ligne : http://johan-le-charbonnier.jimdo.com

    • bonjour
      installé à Madagascar depuis 1995, et ayant une propriété de 40 ha dont 25 en eucalyptus, nous livrons à nos clients particuliers ou pizzeria du bois coupé à 50 cms. Mais que de gachis avec les petits bois ! ce qui m’ a amené à penser à la réalisation de charbon de bois dont la population fait une consommation effrénée. Et peut-être de granulés
      ici les fours sont en terre et enterrés, mais que de gachis à la récupération !
      aussi ayant vu autrefois dans mes Pyrénées des espèces de cloches démontables qui étaient posées sur les tas de bois préparés à l’avance, et ayant cherché sur internet ces fours en question, et ne les ayant pas trouvé, je viens vers vous qui avez une annonce que j’apprécie, afin de voir si vous pouviez m’aider dans cette recherche.
      Cela servirait d’exemple aussi à tous les « charbonniers » qui mettent à peu près 4 à 5 jours pour « sortir » leur charbon et les entraineraient à une autre manière de travailler.
      merci pour votre aide
      Christian JOLY