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Argenture du verre

A. Chaplet, Les Recettes du Laboratoire. 1920 — Ed. Masson

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 23 avril 2017

Tant pour confectionner ou réargenter après détérioration les miroirs plans, que pour argenter les réflecteurs divers d’appareils optiques, on a souvent besoin de ces recette. En général toutes sont également très délicates, le moindre manque de soin suffisant à compromettre la bonne réussite.

 Mixtures réductrices à base de tartrates.

A) De tous les réducteurs, les tartrates donnent les dépôts métalliques les plus brillants. Le moyen le plus simple de préparer une mixture argentique consiste à préparer les liqueurs suivantes :

  • Liqueur argentique : Ajouter de l’ammoniaque à une solution aqueuse de nitrate d’argent jusqu’à redissolution du précipité, filtrer, étendre d’eau jusqu’à contenance de 1 % de sel d’ammoniaque.
  • Liqueur réductrice : Précipiter par du sel de Seignette une solution de nitrate d’argent, filtrer, arroser le filtre à l’eau bouillante pour dissoudre le dépôt. On doit employer 10g de sel d’argent, 8,29g de tartrate et 5 L d’eau.
  • Liqueur supplémentaire : Ajouter à 100 cm³ de la liqueur réductrice 2g de tartrate double de sodium et de potassium.

Le bain d’argenture est préparé au moment de l’emploi en mélangeant des parties égales des liqueurs argentiques et réductrices. En ajoutant à la mixture 1 à 2 % de la dernière liqueur, le dépôt est plus épais, mais il devient floconneux vers la fin de la réaction. On laisse deux heures en contact, après quoi on enlève le vieux bain et on le remplace par du bain neuf. Les bains épuisés contiennent encore 50 % environ de l’argent primitif ; on les revivifie en ajoutant un peu de chacune des deux premières liqueurs. Il faut employer environ 2l de liquide pour argenter 1 m2 de glace.

B) Les glaces, frottées d’abord avec une bouillie aqueuse de blanc d’Espagne, puis avec de la potée d’étain additionnée de nitrate ammoniaco-argentique, sont placées bien horizontalement sur une table chauffée vers 60°C environ. On verse alors sur la glace une solution formée de :

Nitrate d’argent 100g
Eau distillée 500g
Ammoniaque (D : 0,87 à 0,88) 60g

Le tout étant additionné, après filtration, d’une solution de 7,5g d’acide tartrique dans 30 g d’eau distillée (on ajoute goutte à goutte). La mixture, qui doit bien mouiller toute la surface à métalliser, est évacuée après quinze minutes en inclinant la glace qu’on recouvre aussitôt d’une seconde liqueur, semblable à la première, mais contenant deux fois plus d’acide tartrique. On laisse pendant vingt-cinq minutes, après quoi on fait couler le liquide, on rince à l’eau et on laisse sécher.

C) La feuille de verre est passée à l’eau distillée, puis posée à plat sur une table. On la frotte alors avec un tampon d’ouate imprégnée d’eau distillée, puis d’une solution faible de tartrate de potassium (1/200). On a préparé une solution aqueuse de nitrate d’argent (200g de sel par m2 de surface à métalliser), additionnée d’ammoniaque jusqu’à formation d’un précipité brun, filtrée, puis mélangée d’une solution aqueuse de 150g de tartrate sodo-potassé. Une minute ou deux après que ce dernier mélange est fait, la mixture se trouble, on la verse aussitôt sur la feuille de verre, légèrement relevée, par une extrémité, en répandant sur le bord supérieur et s’arrangeant de façon que le liquide s’étale rapidement sur toute la surface sans déborder.

Le verre étant tenu bien horizontalement, à une température de 20°C, l’argent se dépose peu à peu ; l’opération est terminée au bout de vingt à trente minutes. On lave à l’eau, on laisse sécher et on applique une couche de vernis composé de :

Réduction du sel d’argent par des mixtures sucrées :

A) pour argenter les miroirs de télescopes, on emploie quatre bains :
1° Une solution de 10g nitrate d’argent dans 100g d’eau distillée.
2° De l’ammoniaque (D : 0,778)
3° Une lessive sodique (20g soude à l’alcool et 500g d’eau distillée)
4° Une solution de sucre interverti préparée en faisant dissoudre 25g de sucre raffiné dans 200 cm³ d’eau distillée et 1 cm³ d’acide nitrique, puis en portant à ébullition pendant vingt minutes ; on ajoute 50cm³ d’alcool à 36% et on étend à 500 cm³ avec de l’eau distillée.

Le bain argentant est préparé en versant dans un cristallisoir 12 cm³ de 1°, 8 de 2°, 20 cm³ de 3°, et 60 cm³ d’eau distillée. On laisse reposer pendant vingt-quatre heures, on décante et on ajoute 10 à 12 cm³ de 40°. On pose alors à la surface du liquide, sur des cales ad hoc, la glace à métalliser nettoyée au préalable à l’acide nitrique, puis à l’eau. Sous l’action de la lumière, le liquide devient jaune, puis brun, et après douze à quinze minutes laisse déposer à la surface du verre une mince couche d’argent. On lave à l’eau claire, puis à l’eau distillée, on laisse sécher à l’air libre en posant sur la tranche, puis on lustre en passant très doucement sur la surface argentée, une peau de chamois saupoudrée fort légèrement de rouge à polir très fin.

B) On prépare d’abord une solution de nitrate d’argent cristallisé dans vingt et une fois son poids d’eau(I), une solution de potasse à l’alcool dans vingt-cinq fois son poids d’eau distillée (II) et une solution de lactose dans dix fois son poids d’eau (III).

Supposons qu’il s’agisse d’argenter une glace ronde ou un miroir réflecteur de 20 cm de diamètre. Nous verserons 60 g de solution I dans un verre d’environ 1l, nous ajouterons en agitant de l’ammoniaque jusqu’à dissolution du précipité formé d’abord. Ajouter alors 120 g de la solution II et redissoudre encore le précipité formé par addition d’ammoniaque. On amène le volume à 450cm³ environ avec de l’eau distillée, puis on ajoute peu à peu du liquide I jusqu’à formation d’un léger précipité ne se redissolvant plus par agitation. Ajouter 450cm³ d’eau, laisser reposer et décanter le liquide clair. Au moment de l’emploi, y ajouter 60cm³ de III fraîchement préparé.

La glace est collée avec de la poix chaude sur un petit bloc de bois qui permettra de la manipuler aisément. On nettoie ensuite la surface à argenter avec un tampon d’azote imprégné d’acide nitrique ; on lave à grande eau, puis à l’alcool. Dès la sortie de l’alcool, on plonge dans un cristallisoir d’uni diamètre de 25 cm. environ, contenant la mixture dont le niveau doit être à 6 mm environ au-dessus de la glace. On laisse pendant cinquante (été) à soixante-dix (hiver) minutes ; on sort et on rince à l’eau distillée.

Procédé Lumière au formol. - On commence par nettoyer la plaque avec l’acide nitrique chimiquement pur, puis on lave abondamment à l’eau distillée, de façon à enlever toute trace d’acide. On place la glace à plat et on verse le mélange suivant :

Eau 70cm³
Alcool à 90% 25cm³

On laisse séjourner quelques minutes sur la plaque, et pendant ce temps, on prépare la solution suivante qui ne doit pas être faite d’avance (solution pour argenter) :

Formol à 40° 10 gouttes
Alcool à 90° 10cm³
Eau distillée 10cm³
Solution d’argent. 20cm³

La solution d’argent se prépare ainsi à l’avance :

Nitrate d’argent 10 g
Eau distillée 100cm³

On ajoute goutte à goutte de l’ammoniaque pure jusqu’à redissoudre le précipité brun qui se forme, mais en ayant bien soin d’employer la quantité exactement nécessaire (éviter tout excès d’ammoniaque) ; Une fois le précipité redissous on ajoute la solution :

Nitrate d’argent 2 g
Eau distillée 100cm³

On complète à 1 l avec de l’eau distillée très pure, on agite, on laisse digérer cinq minutes, puis on filtre plusieurs fois jusqu’à clarification complète.

On égoutte la plaque et l’on y verse la solution pour argenter ; le dépôt commence au bout de quatre-vingt-dix à cent-vingt secondes et il est complet en trois minutes. Pendant l’argenture on balance légèrement la glace pour éviter les stries. Lorsqu’on verra le liquide se troubler, soit par de la poussière soit par des plaques d’argent, on égouttera la plaque et on mettra une deuxième couche de solution pour argenter. On peut mettre ainsi plusieurs couches successives Jusqu’à obtenir l’acidité voulue. On lave ensuite avec beaucoup d’eau distillée, on égoutte au papier buvard blanc et on laisse sécher.

À la fin de l’opération, la couche a un aspect légèrement mordoré ; quand la glace est sèche, elle doit être brillante, à peine recouverte d’un léger dépôt laiteux qui disparaît facilement au polissage, Celui-ci doit se faire avec une peau de chamois très douce, entourant une masse de coton. On frotte sur la peau de chamois un peu de « rouge pour l’or » dont on enlève l’excès avec une brosse douce et on tourne en appuyant très légèrement, le tout étant bien sec.

L’alcool a pour but d’empêcher la formation du dépôt ; s’il se forme quand même, c’est qu’il y a trop de formol dont on diminue alors la dose ; si, au contraire, il n’y en a pas assez, la couche d’argent a un aspect rouge-brun et elle est criblée de petits trous. Il est donc nécessaire de faire un essai préliminaire pour déterminer la quantité de formol à employer, mais il ne faut jamais faire l’addition de formol qu’au moment d’argenter.

Les quantités indiquées ci-dessus, sont nécessaires pour argenter une glace 18x24 à la température de 16 à 20°C, soit environ 10cm³ du mélange par dm2.

La cause des insuccès, Leurs remèdes, - Les conditions nécessaires pour obtenir Un miroir satisfaisant semblent être que la réduction se produise surtout à la surface. Les substances étrangères, même en traces menues, produisent des effets remarquables. C’est ainsi qu’un excès de sel ammoniacal ou la présence l’un sel halogène empêche la formation du miroir ; cet effet est neutralisé par la présence d’une trace d’alcali. Une quantité minime d’un sel de cuivre est avantageuse. Il est nécessaire que le processus de la réduction soit extrêmement lent.

 Pseudo-argenture du verre.

Pour métalliser la surface des globes et verres convexes divers à reflets, au lieu de procéder par dépôt chimique d’argent réduit, ce qui est toujours d’exécution très délicate, on peut aisément faire adhérer au verre une couche épaisse d’un alliage brillant appliqué à l’état fluide. Naturellement, il est indispensable d’employer une masse très facilement fusible, sans quoi le verre casserait au contact du métal trop chaud ; c’est pourquoi on doit préparer des alliages spéciaux à base de bismuth.

A) Faire fondre au creuset 3kg de plomb, 2kg d’étain et 5kg de bismuth. On coule l’alliage et on en met quelques fragments dans le globe à argenter, au préalable parfaitement nettoyé. On plage alors le globe dans l’eau qui est chauffée jusqu’à fusion du métal, c’est-à-dire vers 90°C. Il suffit alors de tourner le globe en tout sens pour que l’alliage s’étende bien sur toute la surface ; on fait alors refroidir.

B) Faire fondre 1kg de bismuth, enlever l’écume, retirer du feu et laisser refroidir un peu. Avant solidification, on ajoute en mélangeant 10kg de mercure et on passe le liquide à travers une toile fine. On verse dans le globe un peu d’amalgame et on tourne l’objet, sur lui-même jusqu’à ce que toute la surface soit bien métallisée.

Dans les deux cas il importe de nettoyer parfaitement la surface du verre ; On brosse à plusieurs reprises avec une solution tiède de carbonate sodique, on rince copieusement à l’eau et on fait sécher ; la surface doit être très aisément mouillable par l’eau, sans quoi il faudrait recommencer le nettoyage.