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Recettes utiles à l’atelier

Mis en ligne par Denis Blaizot le jeudi 30 octobre 2014

 Pierre à aiguiser artificielle

Rien n’est plus facile que de fabriquer une pierre artificielle pour aiguiser les outils et de lui donner le mordant voulu. Prenez de la gélatine de très bonne qualité, que vous fondrez avec la même quantité d’eau. Celte solution doit être faite dans l’obscurité, car la lumière du jour est préjudiciable à la gélatine et nuirait à la réussite de l’opération.

Quand elle sera fondue, ajoutez 1,5% de bicarbonate de potasse en solution dans un peu d’eau, prenez 9 fois le poids de la gélatine d’émeri en poudre très fine et de silice pulvérisée et mélangez le tout intimement pour obtenir une pâte très homogène.

Moulez cette pâte selon la forme que vous désirez lui donner et pressez dans le moule aussi fort que vous pouvez pour consolider la masse. Une fois qu’elle aura été bien séchée au soleil , vous aurez une pierre à aiguiser de toute première qualité.

 Nettoyage et affilage chimique des limes

Le retaillage est sans contredit le moyen le plus rationnel pour rendre aux limes usées toutes leurs qualités premières ; cependant, avant d’en arriver à ce procédé qui est très long et très coûteux, on peut recourir à la voie chimique pour obtenir un résultat très satisfaisant et durable. Il faut pour cela faire agir des sels ou des acides lesquels ont pour effet de désincruster toutes les particules de métal qui se sont attachées à la taille. Le procédé varie un peu selon le genre de dépôt qu’il s’agit de détruire.

Les limes employées dans les ateliers où l’on travaille l’étain et le plomb, dans les usines à gaz, etc., se remplissent d’étain et de plomb, rarement de parcelles de fer. Pour les nettoyer, il suffit de les plonger pendant quelques secondes dans de l’acide nitrique concentré, de les sortir du bain lorsque celui-ci laisse échapper une vapeur rougeâtre, puis de les rincer à l’eau pure, et de les sécher dans la sciure ou de la poussière de charbon. On agit de même avec les râpes métalliques. Après avoir séché les objets, on les brosse avec une brosse dure el l’opération est terminée.

Les limes remplies de poussière de fer sont trempées d’abord dans un mélange de vitriol, de cuivre et d’eau, ce qui a pour effet de détacher ’le fer et de dissoudre le cuivre qui se précipite sans pour cela attaquer gravement l’acier des limes. Après on rince à l’eau pure, on brosse et on les passe, comme ci-haut, dans un bain d’acide’ nitrique, suivi du bain d’eau pure, etc., etc.

Les limes employées par les ouvriers zinguiers se nettoient au moyen d’un bain d’acide sulfurique, en terminant toujours l’opération comme il est dit plus haut. Les Urnes des chaudronniers et des fondeurs sont également soumises à l’action de l’acide nitrique, mais dans ce cas le procédé doit être répété à plusieurs reprises, le cuivre adhérant toujours très fortement au fer et à l’acier.

Pour sécher les limes rapidement, on peut aussi se servir d’esprit-de-vin. On verse un peu de ce liquide sur les instruments qui viennent d’être nettoyés et rincés, et on l’allume. Ce moyen est rapide et efficace.

 Gélatine solidifiée

Pour fabriquer des objets avec la gélatine solidifiée au moyen de l’aldéhyde formique, on fait tremper de bonne gélatine blanche pendant douze heures dans son poids d’eau, puis on la fait fondre au bain-marie ; on y ajoute 10% d’une solution concentrée d’aldéhyde formique. Le mélange bien homogène est moulé, puis on le laisse refroidir. Au sortir du moule, on l’enduit d’une couche d’une solution concentrée d’aldéhyde, soit en l’y plongeant, soit au moyen d’un pinceau. Les objets ainsi obtenus sont transparents. L’adjonction à la gélatine d’un peu de blanc de zinc, délayé dans l’alcool, donne une imitation de marbre blanc. On peut varier les effets en ajoutant des oxydes coloriés. — Ce produit est insoluble et ininflammable.

 Durabilité des cordes

Pour donner aux cordes de chanvre une grande force de résistance, on les plonge soit dans de l’eau de savon à 10%, soit dans une solution de vitriol de cuivre, puis on les laisse sécher, pour les badigeonner ensuite avec du goudron bouillant. On les laisse encore sécher avant de s’en servir. — Pour les cordes en fil de fer, on fait un mélange d’huile de lin et de goudron ou de chaux et de goudron. Il faut répéter le badigeonnage de temps en temps.

 Graisse pour courroies de coton

On fait fondre avec précaution sur un feu doux, dans un récipient en fer, fermant hermétiquement, 250 g de gomme élastique coupée en petits morceaux, à laquelle on ajoute 200 g de colophane. Quand ce premier mélange est fondu, on ajoute 200 g de cire jaune en remuant soigneusement. D’autre part, on fond 250 g de talc dans 850 g d’huile de baleine chauffée et l’on réunit les deux compositions en remuant jusqu’à complet refroidissement.

 Graisse pour machines

Le Seifenfabrikant indique la formule suivante à cet effet :

Huile minérale 100 parties
huile de lin 75 p.
huile de colza 50 p.
huile de résine 100 p.
chaux 25 p.

On éteint la chaux dans cinq fois sa quantité d’eau, puis le lait de chaux est bouilli en ajoutant d’abord l’huile végétale, puis l’huile de résine et l’huile minérale. Durée de la cuisson, 6-8 heures. La dureté de la substance dépend de la quantité de chaux.

 Tannage rapide des cuirs et peaux

Après avoir préparé les peaux de la façon ordinaire, on les soumet à l’action d’un bain composé comme suit :

Eau. 500 litres.
Couperose 8 -12 kg
Borax. 0,4 - 1 kg
Permanganate de potasse 0,025 - 0,200 kg
Mine de plomb 0,8 - 2 kg
Blanc d’Espagne 3 - 8 kg

 Nouveau produit applicable au revêtement de récipients quelconques devant résisiter aux acides

Le nouveau produit est destiné, notamment, à être appliiqué comme enduit sur tous récipients, tuyaux ou autres objets étant en contact avec des acides. Ce produit étant assez résistant par lui-même peut aussi être employé seul pour servir à la fabrication des dits objets.

Les auteurs l’obtiennent de la manière suivante :

Dans un récipient, on mélange de I’eclde muriatique et de l’acide sulfurique dans les proportions de

Acide muriatique à 22° : 2/3
Acide sulfurique à 60° : 1/3

On fait macérer dans ces acides des chiffons de toute nature, coton, laine ou autres [1], ainsi que des os de toute provenance, en proportions égales comme poids.

Cette proportion peut varier suivant l’emploi auquel le produit final sera destiné.

On laisse accomplir la macération jusqu’à l’obtention d’une pâte assez consistante, s’il ya un excès d’acide on s’en débarrasse.

Cette pâte une fois obtenue, on la met dans une chaudière avec du goudron ou de la résine ; pour 100 kilogrammes de pâte, on ajoute 150 kilogrammes de goudron ou de résine, on fait ensuite bouillir ce mélange de deux à quatre heures environ, suivant que l’on veut obtenir un produit plus ou moins consistant.

Quand ce produit est arrivé au degré de consistance voulu, on enduit à chaud les objets devant être en contact avec les acides de la manière ordinaire, ces objets pouvant être en toute matière, bois, métaux, etc.

 Procédé pour empêcher le bois de travailler

Tous nos lecteurs savent ce que c’est que le bois qui travaille, qui se déjette, qui se courbe mal à propos, etc., et cet inconvénient est particulièrement ennuyeux pour tous les petits travaux de l’amateur. Un journal américain garantit qu’on empêche celle déformation en immergeant le bois durant au moins une semaine dans une solution aqueuse concentrée de sel marin.

 Une nouvelle formule pour les manchons à incandescence

Elle est donnée (et nous lui en laissons toute responsabilité) par la publication Neue Erfindungen und Erfahrungen. Il faut imprégner le tissu du manchon avec la préparation, suivante. On fait une solution aqueuse concentrée de thorium avec de l’acide fluorhydrique, qu’on chauffe un certain temps, et à laquelle on ajoute une combinaison de cérium dissous dans de l’eau au moyen d’une substance organique, comme de l’oxalate de cérium. La formule exacte serait 59,4 gr. de-nitrate de thorium, 1 gr. d’oxalate de cérium, 0,8 d’acide fluorhydrique, 3 gr. de pyrocatechine et enfin 135 gr. d’eau. Les manchons demeureraient solides après calcination et ne perdraient rien de leur pouvoir lumineux.

 Soudure pour le verre

Il s’agit d’une soudure permettant de fixer au verre le bois, le métal, etc. On obtient, parait-il, une bonne soudure de ce genre en faisant fondre de l’étain et en y ajoutant, du cuivre de manière à avoir finalement, par le brassage des métaux en fusion, un alliage composé de 95 % d’étain et de 5 de cuivre ; on ajoute enfin, pour rendre la soudure plus fusible, de 1/2 à 1 % de zinc ou de plomb.

 Pour monter le cuivre sur le verre

Faire bouillir ensemble une partie de soude caustique, 5 de résine, autant de gypse et 5 parties d’eau. Cela donne un ciment qui durcit en une demi-heure, et qui, par conséquent doit être préparé au moment où l’on va l’employer. Bien entendu tous les ingrédients sont pulvérisés au préalable.

 Lubrifiant pour engrenages

Sur feu doux, on fait fondre ensemble 50 parties en poids de suif, 20 parties d’huile de palme et 10 parties d’huile de graissage telle qu’elle est employée dans les chemins de fer. On y jette ensuite, en mêlant bien, 20 parties de graphite finement pulvérisé.

 Tannage aux sels d’étain

La méthode nous vient d’Allemagne, et elle est recommandée par la Chemiker Zeitung pour les cuirs qui ne sont pus destinés aux portions supérieures dos souliers. Les sels à employer sont du chlorure d’étain, ou de l’oxalate d’étain, du stannate de soude, etc. On traite d’abord les peaux nu sel ordinaire, en les trempant huit heures dans une solution de sel, après les opérations préparatoires classiques ; puis on les met dans une solution faite à raison d’un gramme de sel d’étain pour 100 grammes d’eau, avec addition de traces d’acide chlorhydrique. Au bout de deux heures on relire, on lave à l’eau claire, et l’on replonge de nouveau dans le bain. On laisse encore deux heures, on relire, on lave et l’on sèche.

 Régénération des déchets de caoutchouc

Le procédé recommandé par la publication allemande Erfindungen und Erfahrungen, consiste à couper le caoutchouc en petits morceaux, puis à le faire bouillir, en tournant constamment, dans un récipient où le vicie est fait, et à une température de 100° C, avec 5 fois son poids de phénol du commerce, jusqu’à dissolution complète. Il faut que l’appareil employé comporte un refroidisseur. La plus grande partie du phénol distille et peut être recueillie, et l’on précipite le caoutchouc de la solution restante ; on la lave enfin au moyen d’une addition d’alcool, de lessive de soude ou d’un autre solvant convenable pour le phénol qui peut rester, une grande partie du soufre s’en va en vapeurs pendant l’ébullition ; le reste peut être précipité par addition d’une petite quantité d’acétate de plomb.

 Pour faire adhérer le papier aux surfaces nickelées

Dans 400 gr. d’eau, on fait dissoudre un poids égal de dextrine, puis on ajoute une solution composée de 20 gr. de glucose et de 10 de sulfate d’alumine dans 200 d’eau ; on chauffe le tout au bain-marie jusque vers 90° C, en maintenant à colle température jusqu’à clarification.

 Incombustibilisation du bois

La méthode réussit aussi bien pour le papier, à ce qu’affirme la Chemiker Zeitung. On traite le bois avec une solution faite de 10 à 20 parties de carbonate de potassium et 4 à 8 parties de borate d’ammonium dans 100 parties d’eau. Sous l’influence d’une chaleur un peu élevée, les substances laissées à la surface du bois par l’évaporation de l’eau y forment
un revêtement vitreux.

 Huile de caoutchouc

C’est une substance qu’on fabrique en Allemagne comme préservatif de la rouille. On distille une seconde fois l’huile brute qu’on obtient par distillation à sec de la tourbe, puis on jette dans cette huile le quart de son poids de lanières étroites de caoutchouc laminé à très faible épaisseur. On laisse digérer une semaine. On éclaircit par un traitement spécial, puis on étend sur le métal.

 Enduit pour les tableaux noirs

Nous avons déjà donné à plusieurs reprises des compositions de ce genre, mais celle-ci a le mérite de la simplicité. On se contente de prendre 200 à 210 gr. d’ardoise pulvérisée, puis 50 gr. de noir de fumée, et l’on fait un enduit d’épaisseur convenable avec une quantité suffisante d’une solution de verre soluble, solution aqueuse dans la proportion de 1/8.

 Pour manipuler et travailler le celluloïd

Ne pas oublier qu’il suffit, pour le rendre mou de façon à pouvoir le plier, de le laisser baigner un certain temps dans de l’eau bouillante. Si on le soumet à Faction de la vapeur à 120°, il devient comme de la pâte.


[1Attention cet article datant de la fin du XIXe siècle il n’est pas question ici de textiles synthétiques