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La turbine atmosphérique

La Nature N°533 - 18 août 1883

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 20 mai 2012

Toutes les tentatives faites pour utiliser convenablement les forces naturelles en général, et les courants aériens en particulier, offrent un véritable intérêt au point de vue mécanique ; c’est à ce titre que nous signalerons à nos lecteurs un nouveau moteur aérien, d’après la description qui en a été donnée par L’Ingenieur.

L’appareil imaginé par M. A. Dumont est représenté par les figures ci-contre. Dans un volant, qui a 4 mètres de diamètre, les ailes occupent les 7/8 de la surface géométrale. Ces ailes sont airées, courbées, de telle manière que si on examine deux parties quelconques de leur face postérieure, on les trouve fuyantes en sens inverse du mouvement « proportionnellement au carré de la vitesse » dont elles sont animées pendant la rotation.

Tout l’appareil repose sur le sommet d’une colonne verticale creuse, par une pointe qui lui permet de pivoter suivant la direction du vent, les ailes faisant fonction de directrice.

Cette pointe est traversée par la tige de transmission qui descend dans la colonne.

Voici la description que M. A, Dumont a donnée de ses essais :

En adoptant les dispositions indiquées, j’ai obtenu pour mon appareil : une stabilité, une solidité exceptionnelles ; une orientation automatique facile sous la pression d’un vent dont la vitesse est inférieure à 1,50m par seconde. Enfin, et surtout, l’avantage de fonctionner pour ainsi dire toujours, quelque soit l’état de l’atmosphère.

L’appareil utilise les plus faibles courants, grâce à sa voilure considérable, à l’airage très avantageux de ses ailes et à la sensibilité de son volant tournant sur une pointe. Ainsi, chargé pour produire en moyenne son maximum d’effet, il se met en mouvement sous l’effort d’une brise de 2 m à 2,50 m par seconde.

Actionné par un vent moyen, il donne un travail double de celui fourni par les anciens moteurs aériens. Par exemple, opérant sous un vent de 7 mètres avec un volant de mon système, 4 mètres de diamètre, on obtient 0,57 de cheval-vapeur, soit, d’après les règles établies, 15chevaux de force pour un appareil similaire dont le diamètre serait 5 fois plus grand. Or Smeaton, Coulomb et autres ont observé qu’avec le même vent, 7 mètres, les grands moulins à farine de 20 mètres les mieux établis donnent entre 5 et 8 chevaux de force.

Quelle que soit la vitesse du courant auquel il est exposé, 18, 20 mètres par seconde, le même volant (4 mètres de diamètre), laissé libre, sans aucun frein, faisant toujours face au vent n’exécute jamais plus de 40 à 42 révolutions par minute.

Animé de cette vitesse maxima, il tourne sans aucun danger de rupture, sans bruit, sans aucune secousse.

En même temps, il fournit un travail considérable en rapport avec la violence même de la tempête, alors que tous les autres moteurs aériens doivent être arrêtés, aucune ne pouvant tenir contre un vent qui dépasse 8 à 9 mètres.

On comprend que cet avantage soit dû à la disposition des ailes précédemment décrites. En raison de leur conformation, celles-ci, pendant la marche, sont uniformément soutenues par la résistance bien égalisée de l’air refoulé contre leurs faces postérieures, résistance qui croît comme le carré de la vitesse du mouvement. Elles n’ont, par suite, aucune tendance à se déplacer suivant la direction du vent, quelle que soit sa puissance.

Cette particularité, sur laquelle est basée en grande partie mon système, est mise en évidence par ce fait que la pointe de l’arbre exerce une pression nulle sur la platine qui lui fournit son point d’appui, Souvent même, en pleine marche, elle l’abandonne entièrement et le volant tout entier s’avance de quelques millimètres, remontant en quelque sorte le courant qui le fait mouvoir.

La preuve de ce que j’avance a été faite encore d’une autre manière. Dans un appareil d’essai, la platine a pu être remplacée par une plaque en laiton mou, qui, retirée après deux mois d’usage, n’avait pas été entamée par la pointe de l’arbre.

Sans prendre par nous-même la responsabilité de toutes les affirmations de l’inventeur, nous croyons en effet que son modèle se recommande Par une combinaison heureuse et bien étudiée.

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