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La construction des paratonnerres

La Nature N°699 — 23 octobre 1886

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 6 novembre 2011

Dans une réunion récente de la Société de physique de Francfort-sur-le-Mein, M. Holthof a résumé les points importants relatifs à la construction des paratonnerres. Il a fait remarquer tout d’abord que l’on ne peut pas constater une augmentation du nombre d’orages, mais qu’il a été reconnu que les coups de foudre sont devenus plus fréquents. On a déjà eu l’occasion de parler de ce fait relativement à une statistique des coups de foudre, établie pour le royaume de Saxe et on a cité comme cause le déboisement des forêts ; on peut ajouter à cette cause l’augmentation de parties métalliques dans les habitations, dont l’influence est d’autant plus sensible que ces parties sont en communication avec le sol et favorisent par conséquent les décharges électriques. M. Holthof pense que, dans certains cas, les fils de télégraphes et de téléphones peuvent également augmenter les chances de coups de foudre, mais qu’en général ils sont, dans les villes du moins, un moyen de protection, étant habituellement fixés à des supports munis de paratonnerres.

Le paratonnerre est un moyen de protection très efficace contre le coups de foudre, à condition toutefois qu’il soit bien établi. M. Holthof donne les conseils suivants : Les paratonnerres doivent être soit en fer, soit en cuivre. Lorsqu’on les fait en fer, ils doivent avoir sur toute leur longueur une section métallique de 140 à 150mm2 ; ceux en cuivre sont suffisamment gros avec une section de 65 à 70mm2. Le conducteur aérien doit être non interrompu du sommet jusqu’au sol et ne doit être composé que de pièces d’un même métal ; les différentes parties du conducteur, de même que les jonctions de ce dernier avec la tige et avec la ligne de terre, doivent être soudées avec le plus grand soin.

Lorsque les toits ont une certaine étendue, il y a lieu d’employer plusieurs tiges ; de plus, les parties proéminentes du toit doivent être munies de pointes dont la longueur ne doit pas être inférieure à 25 centimètres.

Dans les villes qui possèdent des réseaux de tuyaux, il est bon de mettre les paratonnerres en communication avec ces tuyaux. Les ornements métalliques et les toitures en métal doivent toujours être mis en communication avec le conducteur. Il faut éviter que ce dernier soit couvert de chaux ; il doit être protégé jusqu’à une hauteur de 3 mètres au-dessus du sol de toute action mécanique.