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La flotte française : « LE FURIEUX »

La Science Illustrée N°214 - 2 janvier 1892

Mis en ligne par Denis Blaizot le mardi 10 mars 2009

Le Furieux a été construit à Cherbourg sur les plans de M. de Bussy, inspecteur général du génie maritime. Il a été mis en service, après ses essais, dans le courant de 1888.

La coque est en fer et acier ; elle est partagée de l’avant à l’arrière en onze compartiments transversaux par des cloisons étanches ; sur la presque totalité de la longueur, deux cloisons longitudinales déterminent un nouveau sectionnement de ces compartiments. Un double fond étanche complète le système de compartimentage établi contre l’invasion de l’eau se produisant à la suite d’un échouage ou du passage d’un projectile.

La puissance défensive du bâtiment contre l’artillerie est constituée :

  1. Par un pont cuirassé de 8 centimètres en acier ;
  2. Par une cuirasse de ceinture en acier de 45 centimètres d’épaisseur maximum, et de 2m,30 de haut, à la flottaison ;
  3. Par le blindage à 40 centimètres et à 30 centimètres des deux tourelles pour les deux grosses pièces et des passages de projectiles correspondant à chacune d’elles.

La puissance offensive du bâtiment réside :

  • Dans son éperon,
  • Dans son artillerie,
  • Dans ses torpilles.

L’artillerie se compose de deux canons de 34 centimètres, quatre canons à tir rapide de 47 millimètres, dix canons revolvers de 37 millimètres.

Les deux grosses pièces placées dans deux tourelles cuirassées, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière, se manœuvrent il l’aide d’appareils hydrauliques installés, comme tous les appareils mécaniques, ainsi que les chaudières, sous le pont cuirassé. A l’aide de leviers, quelques hommes peuvent manœuvrer, charger et pointer ces pièces dont le poids, pour le canon seulement, sans affut, est de 48,000 kilogrammes. Les mêmes appareils servent à hisser et à mettre en place les projectiles dont le poids est de 420 kilogrammes.

La charge est de 117 kilogrammes de poudre.

A bout portant ces projectiles percent une cuirasse en acier de 56 centimètres placée devant un matelas en bois de 80 centimètres d’épaisseur.

Les tubes lance-torpilles sont au nombre de deux : les torpilles sont les torpilles automobiles système Whitehead, en usage dans la marine.

L’appareil moteur et évaporatoire se compose :

  • De deux machines à double expansion verticales à trois cylindres symétriques par rapport à l’axe longitudinal du navire et actionnant chacune une hélice ; elles sont situées dans deux chambres séparées par une cloison.
  • Les chaudières, au nombre de huit, du type cylindrique à deux foyers, sont réparties par quatre en deux chaufferies distinctes.

La puissance maximum obtenue aux essais, avec le tirage forcé, a été de 4,900 chevaux, correspondant à une vitesse de 14 nœuds (26 kilomètres environ à l’heure).

Le Furieux ne possède qu’un mât militaire en tôle avec une hune pour les canons révolvers et la mousquèterie. Ses formes et ses dimensions (longueur, 75 mètres ; largeur, 17m,71 ; tirant d’eau, 6m,80 ; déplacement, 5,958 tonnes), en font plutôt un garde-côtes qu’un cuirassé d’escadre.

Néanmoins, il a fait preuve de qualités sérieuses à la mer pendant les voyages de la division cuirassée du Nord dont il fait partie.

L’état-major se compose de dix-huit officiers ; l’équipage de deux cent quarante-huit hommes.

Trois autres bâtiments sont en construction sur le type Furieux modifié et légèrement agrandi.

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