Ajouter ce site à vos favoris ! | Rejoignez-nous sur Google+ |

Accueil > Articles scientifiques > Expositions universelles et internationales > Paris 1900 > L’aéroscope

L’aéroscope

La Nature, N°1427 - 29 septembre 1900

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 28 février 2009

On voit en ce moment à l’Exposition un appareil appelé « Aéroscope », qui présente un certain intérêt.

Qu’on imagine une palette en bois, de deux mètres de longueur et d’une largeur uniforme de huit centimètres, tournant autour de son milieu avec une vitesse d’environ quinze cents tours à la minute ; voilà tout l’aéroscope. La palette a été blanchie à la chaux et donne à la lumière, quand elle est en mouvement, l’impression d’un léger écran circulaire à travers lequel la vue peut s’étendre. En arrière, et à 1m,20, est disposé un écran noir parallèle au plan de-rotation de la palette. Palette et écrans sont disposés à 3 mètres de hauteur.

La pièce dans laquelle se trouve l’aéroscope avant été plongée dans l’obscurité et l’appareil ayant été mis en mouvement, on projette sur le cercle engendré par la palette l’image photographique très vivement éclairée d’un objet. Cette image est alors donnée et sur le cercle de la palette et sur l’écran disposé en arrière, et, pour les spectateurs placés en dessous et par côté, l’image portée prend (le la profondeur, a du corps et donne l’illusion de la réalité.

Les images projetées sont, généralement, des photographies de diverses sortes de nuages et l’effet produit est réellement saisissant d’exactitude.

L’aéroscope pourra sans doute recevoir quelques perfectionnements. Son principe n’est pas absolument neuf ; mais il ne paraît pas avoir reçu encore les applications dont il est susceptible. II est vraisemblable que l’illusion pourrait être encore augmentée et étendue par l’emploi simultané de plusieurs palettes en mouvement placées les unes derrière les autres. Peut-être pourrait-on aussi en faire l’application aux panoramas, et, dans ce cas, au lieu d’offrir aux regards des spectateurs des vues lointaines dont l’art du peintre a seul pris soin de former les perspectives, on leur montrerait la nature elle-même avec tous ses reliefs.