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Les poids d’or de l’Afrique

La Science Illustrée n°281 - 15 Avril 1893

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 6 octobre 2012

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Au moment où la conquête du Dahomey va faire flotter une fois de plus le drapeau français sur un important territoire africain, l’intérêt se porte plus que jamais vers le continent noir, et nos lecteurs apprendront avec plaisir quelques détails sur la manière dont les indigènes de quelques régions de l’Afrique opèrent leurs transactions.

Dans le Soudan occidental, la monnaie courante employée par les indigènes consiste en petites coquilles univalves blanches, appelées cauries ; elles proviennent des îles Laquedives et Maldives ainsi que de Zanzibar ; depuis plusieurs siècles, des bateaux marchands en apportent des cargaisons entières à l’embouchure du Niger et sur toute la côte de Guinée jusqu’à Liberia. Ces coquillages, suivant les régions, ont une valeur de 60 centimes à 2 francs le mille.

Les cauries n’ont cours que dans les pays où l’or n’est pas abondant ; c’est ainsi que dans toute la région située entre Kong et Bondoukou et la mer, les cauries n’ont pas cours, et que les indigènes se servent pour les transactions exclusivement de poudre d’or et de pépites.

Les indigènes emploient pour les payements une petite balance à fléau, à plateaux en cuivre, et de poids dont les dimensions et les formes varient à l’infini.

La plupart de ces poids sont en cuivre fondu ; ils représentent des animaux, des sujets ou des objets.

Les forgerons qui les fabriquent font d’abord un moule de cire et coulent l’objet ensuite. Souvent mêlées à ces poids en cuivre on trouve des dents d’animaux, des graines, des balles, etc., qui servent également de poids.

Chaque individu possesseur d’une balance a ses poids propres, que personne que lui ne cannait.

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Il saura que la girafe pèse 1 ou 2 mitkal d’or, que tel ou tel poids en forme d’oiseau pèse 1/2 ou 1/3 de rnitkal d’or, etc.

Ne possédant pas une série de poids d’un modèle uniforme, chaque indigène est tenu d’avoir sa série de poids ; quand l’acheteur a fini de peser son or, le vendeur le pèse également. L’unité de poids dans tout le Soudan est la barifiri qui pèse 18 grammes. Chaque barifiri vaut 4 mitkal. En prenant la valeur de l’or en Europe à 3 francs le gramme, on voit que la barifiri représente 54 francs d’or et le mitkal 13 fr. 50. Chaque mitkal se divise en 27 banans (le banan est une graine de bombox) ; chaque banan représente donc 50 centimes.

Enfin on peut encore peser un mitkal d’or (13 fr 50) avec 54 grailles de corail végétal. Cette petite graine d’un rouge corail est tachée d’un point noir ; elle est le fruit d’une liane.

Il y a encore des poids spéciaux pour peser 1/2 mitkal, 1/3 ou 2/3 de mitkal. La plus petite pesée d’or qui se fasse se nomme pouassaba ; on l’obtient en se servant comme poids d’une graine 1/2 de riz non décortiquée.

Chez les peuples voisins de la Côte-d’Ivoire qui sont en contact avec les Européens de nos factoreries, on se sert de barbes de plumes pour nettoyer la poudre d’or, et très souvent d’aimants pour retirer les parcelles de fer qu’on trouve généralement mélangées au métal précieux. L’or se porte dans des tubes de plumes, bouchés avec un bouchon en bois et plus souvent serti dans un petit chiffon.

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