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Les laques du Japon — Laque ordinaire et laque d’or

Maëda, la Revue Scientifique 15 juin 1878

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 25 juillet 2010

Ce genre d’industrie, considérable au Japon, consiste à extraire la sève du Rhus Vernicifera, et à en composer une sorte de vernis dont on recouvre divers objets en bois et en métal pour leur donner de la solidité et surtout une belle apparence. On emploie pour décorer un objet de la poudre d’or, de la poudre d’argent et de la nacre.

 I. Histoire

L’origine de cette industrie se perd dans la nuit des temps. On croit généralement qu’aucune théorie ne lui a servi de point de départ, et qu’elle est due plutôt à des expériences faites çà et là, au hasard et par pure fantaisie. Cette croyance vient de ce que l’on trouve dans quelques vieux auteurs des passages ayant rapport à sa fabrication, et aussi de l’examen des vieux spécimens qui nous sont parvenus. Comme preuve de cette assertion, nous ferons remarquer que si cette industrie est parvenue jusqu’à nous, c’est tout simplement parce que la pratique de cette fabrication s’est transmise de patron à ouvrier, et de père en fils ; de plus, il n’existe aucun traité théorique et raisonné parlant de la fabrication du laque. Depuis l’ouverture du Japon au commerce étranger, l’exportation du laque n’a fait qu’augmenter. Ce produit, fort admiré de tous les Européens, jouit à bon droit d’une grande réputation, et, par suite, la quantité de laque fabriqué augmente journellement pour suffire aux besoins de l’exportation. A l’exposition de Paris, en 1867, les laques japonais exposés furent l’objet de l’admiration de tout le monde, et les exposants obtinrent des récompenses. Le gouvernement japonais fit alors recommander aux fabricants de soigner les produits destinés à figurer à l’exposition de Vienne en 1873. Ainsi encouragés, ces industriels se mirent à l’œuvre avec ardeur et eurent la satisfaction d’obtenir de nombreuses récompenses à cette exposition. Ce nouvel encouragement les détermina à fabriquer des objets de formes nouvelles, qui obtinrent un immense succès à l’exposition de Philadelphie, en 1876.

Nous allons maintenant tâcher d’esquisser en quelques lignes l’historique de la fabrication du laque. Un vieux livre historique japonais, publié environ cent quatre-vingts ans avant l’ère chrétienne, parle de meubles en laque employés à la cour, ce qui nous porte à croire que la fabrication du laque était déjà connue depuis un certain temps. On conserve précieusement dans le temple de Todaiji à Nara, province de Yamato, des boîtes en laque destinées à contenir des livres de prières, qui sont fort belles et très appréciées des amateurs. Ces boites furent, dit-on, fabriquées au IIIe siècle. A la fin de l’année 380, le Sa daijin, Shihei, publia un livre intitulé Engishiki, dans lequel il mentionne incidemment les laques rouges et les laques d’or ; ceci nous prouve qu’un progrès notable s’était déjà manifesté dans cette industrie. Vers l’an 410, c’est-à-dire trente ans plus tard, un officier du nom de Minamoto No Jiun, publia également un livre intitulé Utsubo Monogatari, dans lequel il nous parle des laques d’or et des laques connus sous le nom de Nashiji (ces derniers sont d’un jaune orangé et parsemés de paillettes d’or). Il ajoute que ces laques étaient fabriqués par des ouvriers très renommés, sans toutefois nous donner leurs noms, ni nous faire connaître le centre de fabrication ; ceci indique pourtant un nouveau progrès. En 480, une femme célèbre par ses travaux littéraires, nommée Murasaki Shikibu, nous parle, dans son Genji Monogatari, d’un nouveau genre de laque incrusté de nacre, ce qui fait croire que ce produit remonte à cette époque, et de plus, que les procédés allaient toujours en se perfectionnant. Jusqu’en 664, on ne nous signale aucun nouveau progrès. De 664 à 910, le Japon fut en proie à des guerres continuelles et à des troubles politiques incessants ; l’industrie s’en ressentit, comme de juste, et c’est ce qui explique la petite quantité de laques fabriqués pendant cette période. A partir de cette époque, le goût artistique se réveilla et les fabricants produisirent à l’envi des objets qu’ils s’attachèrent à rendre aussi solides et aussi beaux que possible, pour faire concurrence à leurs voisins. Les objets fabriqués à cette époque réunissent donc ces deux qualités, la solidité et la beauté, au plus haut degré, ce dont on se rendra facilement compte en se rappelant que le but principal des ouvriers de ce temps-là était de laisser un nom célèbre qui passerait à la postérité, et qu’à cette fin, ils n’épargnaient ni le temps ni la peine.

La série de troubles périodiques dont nous avons parlé plus haut fut essentiellement nuisible à cette industrie ; car la fréquence des incendies et d’autres causes encore, toutes ayant rapport à la guerre, firent disparaître une grande quantité de laques. Les objets en laque fabriqués de 910 à 1650 portent le nom de Jidai mono et sont fort appréciés par les amateurs. La période qui suivit fut pacifique et eut pour résultat le développement des arts et des différentes industries. La paix engendrant le goût du luxe, les familles nobles et riches commencèrent à considérer les meubles en laque ordinaire et en laque d’or comme étant indispensables. En présence de ces demandes toujours croissantes, la fabrication des laques se modifia en s’améliorant et devint considérable. Jusqu’à cette époque, la réputation de ces objets laqués était pour ainsi dire toute locale, l’exportation étant encore insignifiante ; car, le commerce étranger était exclusivement entre les mains des Hollandais établis à Nagasaki, C’est seulement de nos jours, depuis l’ouverture du port de Yokohama en 1859, que le commerce des laques a pris une importance considérable. Ce commerce augmentant ’de jour en jour, le laque est actuellement le principal article d’exportation du Japon. Les seuls laques de valeur exportés actuellement sont les laques antiques ; en effet, les objets fabriqués de nos jours au point de vue de l’exportation et du bon marché, bien qu’ils soient agréables à l’œil à première vue, sont pourtant de qualité inférieure et défectueux comme fabrication. En présence des demandes toujours croissantes, les meilleurs ouvriers eux-mêmes cessèrent de fabriquer de beaux laques avec soin et patience, car le prix de revient en étant trop élevé, ils ne parvenaient que difficilement à les vendre. Les objets exposés en 1867, à Paris, qui furent tant admirés, étaient tous très anciens et de premier choix ; ceci fit que les fabricants modernes ne purent lutter contre eux au point de vue artistique. La fabrication du laque perdit peu à peu tout son prestige et allait complétement tomber en discrédit, quand l’Exposition de Vienne eut lieu. Le gouvernement s’occupa alors de cette industrie, fit tous ses efforts pour encourager les ouvriers à fabriquer de beaux laques et réussit complétement, comme le prouvent les médailles obtenues à cette Exposition. Ce succès arrêta la décadence de cette industrie et actuellement on fabrique au moyen de procédés perfectionnés des objets de formes et de couleurs nouvelles qui sont supérieurs aux plus beaux laques antiques.

Les laques se fabriquent dans plusieurs localités, entre autres à Aidzu (province d’lwashiro) ; dans la province de Suruga, dans la province de Wakasa, à Tsugaru, à Wajima, à Noshiro, dans la province de Kii, à Nikko, à Odawara, etc. Toutes ces localités ne produisent pas des laques de qualité supérieure, et l’on trouve en général les meilleurs ouvriers et les plus beaux laques dans les trois villes de Tokio, Kioto et Osaka. Il en est de même pour les laques d’or. Les procédés employés variant suivant les localités, nous nous contenterons, pour ne point fatiguer le lecteur, d’indiquer les principaux.

 II. Préparation du vernis.

  1. Kurome urushi : Ce vernis est composé avec la sève du Rhus vernicifera, mise à l’état naturel dans une grande cuvette en bois, puis remuée au soleil, au moyen d’une grande spatule, afin de la débarrasser par l’évaporation de son excédant d’eau.
  2. Seshime urushi : Ce vernis est simplement le précédent que l’on a eu soin de tamiser
  3. Kuro urushi : Ce vernis s’obtient en mélangeant du Kurome urushi, du sulfate de fer et du Toshiru (On nomme Toshiru l’eau plus ou moins trouble que l’on obtient en aiguisant les couteaux servant à couper le tabac sur une pierre à repasser).
    Selon la nature du Kurome urushi employé, les qualités du mélange portent les différents noms qui suivent :
    Roiro : qualité supérieure employée sans être délayée avec de l’huile ;
    Hakushita : idem ;
    Abura nashi urushi : idem ;
    Hon kuro : qualité moyenne délayée avec de I’huile ;
    Jo hana : idem ;
    Chiu huna : idem ;
    Ge hana : qualité inférieure délayée avec de l’huile.
  4. Shu urushi : Ce vernis se compose de Kurome urushi et du meilleur vermillon que l’on puisse obtenir ou de ceux nommés San yoshu et Konioshu. La première qualité de ce vernis s’emploie sans huile. La qualité moyenne et les suivantes nécessitent l’emploi de l’huile. Pour la dernière qualité, on se sert de Benigara (composé d’oxyde rouge de fer) au lieu de vermillon.
  5. Awo urushi : Ce vernis s’obtient en mélangeant du Kurome urushi avec du Shiwo (orpiment) et de l’Airo (indigo). Ces deux matières sont délayées dans l’huile ou sèches et en poudre.
  6. Kiurushi : Obtenu par un mélange de Kurume urushi et de Shiwo.
  7. Nashiji urushi : Le même que le précédent.
  8. Shunkei urushi : On emploie pour ce vernis le Kurorne urushi pur.
  9. Akahaya urushi : idem, sans huile. Ce vernis sert pour les couches intermédiaires.
  10. Tame nuri urushi : Pour la qualité supérieure on emploie le Nashiji urushi et pour les qualités moyennes le Kurome urushi.
  11. Nashiji Keshi urushi : te même que le Nashiji urushi.

Matières entrant dans la composition du laque.

  1. Jinoko sabi : Composé d’Awasedo (pierre à aiguiser) pulvérisé et d’une petite quantité de Seshime urushi.
  2. Kiriko sabi : Le même que le précédent, mais plus fin.
  3. Tonoko sabi : Pierre à aiguiser très fine, mêlée au Seshime urushi,
  4. Nikawa sabi : La même poudre mélangée avec de la colle forte.
  5. Nori sabi : La même poudre mélangée avec de la colle de riz.
    Ce mélange, inconnu autrefois, se compose de vernis et de colle de riz à proportions égales, auxquelles on ajoute de la poudre de pierre à aiguiser ; il offre peu de résistance à la spatule, étant moins épais, et donne une belle couleur à la couche de vernis supérieur. Ce laque se décolle pourtant facilement, il est aussi de qualité très inférieure.

 III. Procédés employés pour vernir les objets.

  1. Kataji roïro nuri : Cette manière de vernir connue également sous le nom de Nunokisne est la suivante : On prend un morceau de toile Bœhmeria que l’on coupe selon les dimensions de l’objet que l’on doit recouvrir, en ayant soin de l’appliquer de telle façon qu’il n’y ait aucun pli ; puis pour le coller et le maintenir en cet .état, on le recouvre d’une couche de Seshime urushi. L’on passe ensuite une couche de Kiriko sabi par dessus, afin. d’oblitérer toute trace du tissu. Cette couche une fois séchée, on la polit avec une pierre portant le nom de Tsushimado [1] Ceci fait, on pose une couche de Tonoko sabi que l’on polit à son tour de la même manière. On passe ensuite une couche d’encre de Chine, et avec une spatule on applique une couche de Yoshino urushi que l’on essuie au moyen d’une brosse. Après avoir fait sécher, on polit à plusieurs reprises cette nouvelle couche avec de l’eau et du charbon de bois nommé Kashiwo shimi (le Kashiwo shimi est connu en botanique sous le nom de Andromeda ovalifolia). Cette opération se fait en prenant un peu de poudre de ce charbon avec les doigts et en polissant à la main. On recouvre ensuite le tout d’une couche de vernis ordinaire que l’on a soin d’essuyer sur le champ. Ceci une fois sec, on applique une couche de Roïro urushi que l’on fait également sécher ; on la polit ensuite à la main à plusieurs reprises avec du charbon de bois puis avec de la corne de cerf pulvérisée. Le laque obtenu par les différents procédés minutieux énumérés ci-dessus porte le nom de Hon kataji nuri, et, comme le nom l’indique, est de première qualité.
  2. Hana nuri : ce genre de laque connue aussi vulgairement sous le nom de laque noir ordinaire, se fait de la manière suivante : On a soin d’abord de coller ensemble les différents morceaux de bois composant l’objet que l’on va vernir et de boucher ensuite avec du papier et une sorte de colle très claire les inégalités du bois provenant des nœuds ou d’autres causes, puis on applique une couche de Nikawa sabi que l’on fait sécher et que l’on polit ensuite avec de l’eau et du Kashiwo shimi qui doit être essuyé de suite avec du coton, afin de ne pas laisser cette eau trop longtemps en contact avec le Nikawa sabi, On passe ensuite une couche de Nori sabi que l’on sèche également et que l’on polit avec de l’equisetum. On pose enfin une dernière couche de vernis qui termine l’opération.
  3. Handa nuri : ce genre de laque s’obtient de la manière suivante : On applique d’abord une couche de Nikawa sabi que l’on égalise avec une spatule et que l’on polit avec de la pierre à aiguiser. Cette opération doit être faite très rapidement pour empêcher le ramollissement du Nikawa sabi. L’on fait ensuite sécher au soleil, après quoi, selon la couleur noire ou rouge que l’on veut obtenir, on emploie l’encre de Chine ou le Benigara dont on applique une couche. Finalement, on fait sécher, et après avoir passé une couche de Shibu, on en pose une dernière de vernis ordinaire. Ces laques, d’un prix peu élevé, sont de qualité inférieure.
  4. Shu nuri : Pour la première qualité de ce genre de laque, on emploie les mêmes procédés que pour le Roïro nuri, sans pourtant se servir d’encre de Chine. La dernière couche de vernis appliquée à ce genre de laque se compose de Shu urushi dont on se contente de vernir l’objet sans le polir. Ceci rend l’opération très difficile ; car il faut avoir soin de donner partout à cette couche la même épaisseur. Pour les qualités moyennes, on se contente d’une couche de Nori sabi poli soigneusement avec de l’equisetum que l’on recouvre d’une couche de Shu urushi. Cette opération est beaucoup plus simple que celle du Kataji nuri ; car, le vernis se collant très facilement, efface par cela même les traces laissées par la brosse. Il est bon de savoir, pourtant, que ce genre de laque est très fragile. Pour les qualités inférieures, au lieu de se servir de vermillon pur, on y ajoute du Benigara, ce qui diminue l’effet de la couleur. Quant il s’agit des dernières qualités, on n’emploie que le Benigara, dont la couleur est peu appréciée.
  5. Shunkei nuri : Pour ce genre de laque, on commence par colorier l’objet, s’il est de qualité supérieure, avec de la gomme gutte ou la couleur jaune extraite du gardenia florida, puis on le polit avec de l’equisetum ; on recouvre cette couche de couleur d’une autre assez mince de Shibu étendu d’eau. Ceci séché, on applique une autre couche composée du mélange suivant : Yoshino urushi, 1 morne ; huile de colza, 8 fun (1. fun = 1/10 de mome). On a soin de poser avec la spatule une couche très épaisse de ce mélange que l’on essuie de suite avec du coton ou du papier. On enferme ensuite l’objet dans une armoire où on le laisse dans l’obscurité la plus complète. Si l’on emploie la couleur jaune tirée de l’Obaku (evodia glauca), l’objet devient noir et terne. Pour obtenir les qualités moyennes, on se sert de Shiwo (orpiment) comme matière colorante ; puis de Shibu comme vernis que l’on polit avec de l’equisetum. On recouvre finalement le tout d’une couche de Yoshino urushi que l’on fait sécher en l’essuyant. Pour les qualités inférieures, on colore l’objet avec du Shiwo que l’on recouvre d’une couche de colle délayée ; le tout se termine par l’application d’une couche très mince de Yoshino urushi, Ce genre de laque est très brillant et paraît très beau à première vue ; toutefois, il est très fragile et ne peut supporter ni la chaleur ni l’humidité.
  6. Kaki awase nuri : L’objet en laque ainsi nommé reçoit d’abord une couche de noir fait avec de la poussière de charbon de bois ; il est séché au soleil et poli avec de l’equisetum, puis recouvert d’une ou deux couches de shibu. L’opération se termine par l’application d’une couche de Yoshino urushi que l’on sèche en essuyant.
    Pour les deux laques précédents, on ne doit employer le Shibu qu’étendu d’eau et ne l’appliquer qu’une ou deux : fois. Si, en effet, ce vernis était trop épais et trop employé, la couleur perdrait son effet. Dans le cas du Kaki awasé, le fond noir disparaitrait.
  7. Tame nuri : Pour obtenir ce genre de laque, on se sert des procédés suivants : l’objet est d’abord recouvert d’une couche composée de colle, de vermillon ou de Benigara mélangés, séchés au soleil, puis polis avec de l’equisetum ; on le recouvre finalement avec du Tame nuri urushi.
  8. Sei shitsu nuri : Pour la qualité supérieure de ce genre de laque, on met d’abord du Ji noko sabi pour les qualités inférieures, du Nori sabi. On recouvre ceci d’une couche d’Awo urushi. Dans le cas où l’on veut obtenir une nuance plus claire, on ajoute une petite quantité de Shiwo.
  9. Ki iro nuri : Dans ce cas, les procédés employés diffèrent seulement des précédents en ce que l’on remplace l’Awo urushi par du Ki urushi.
  10. Uru mi iro nuri : Pour ce genre de laque, on procède de la manière suivante : on colore d’abord l’objet avec un mélange de poussière de charbon de bois et de Benigara, puis on le polit avec de l’equisetum et on le recouvre de vernis ordinaire.

    Tous les laques qui précèdent sont mis dans une armoire obscure ; toutefois, comme le vernis a une tendance à descendre vers le bas de l’objet, il faut avoir soin de le retourner de temps en temps pour éviter un dépôt et des taches. Ces armoires connues sous le nom de Furo, sont en bois et ont une hauteur de 6 shaku, une largeur égale, et une profondeur de 3 shaku ; elles sont divisées au moyen de planches. La partie antérieure se compose de quatre portes qui peuvent s’ouvrir indépendamment les unes des autres. D’autres armoires portant le nom de Wari furo sont disposées semblablement, mais plus petites. Leur hauteur et leur profondeur, en effet, égalent 3 shaku ; leur largeur est de 6 shaku ; deux de ces armoires équivalent donc à une grande.

    Pour se rendre compte de la dessiccation des laques, on doit souffler dessus ; si l’humidité de l’haleine laisse une sorte de buée sur l’objet, c’est qu’il est sec, sinon c’est le contraire.

  11. Tsugaru nuri : Le genre de laque exigeant sans contredit le plus de soins est le Tsugaru nuri. Pour l’obtenir, on commence par découper soigneusement les emboîtements du bois au moyen d’un ciseau, puis l’on bouche les interstices au moyen de Kokudzu. Le Kokudzu se compose de farine de froment, de sciure de bois et de vernis brut. Pour les pièces carrées, on consolide les joints au moyen d’une cheville. Ces emboîtements sont ensuite recouverts d’une couche d’un enduit se composant d’argile calcinée et de vernis brut étendue d’eau. L’on applique ensuite le linge comme d’habitude sur le bois avec un mélange de vernis brut et de farine de froment ; cette opération se nomme Nuno-kise. On applique ensuite un mélange de vernis brut et d’argile calcinée à la jonction des différents morceaux de toile, puis l’on applique une première couche de vernis sur le tout et l’on polit avec une pierre à repasser grossière. Cette première opération finie, on applique un nouveau mélange se composant d’argile calcinée et de pierre à aiguiser pulvérisés en proportions égales, ainsi que du vernis brut. Ceci a pour but de rendre la couche inférieure bien unie. Le tout est à son tour poli avec une pierre à aiguiser plus fine, et, pour effacer les traces laissées par cette polissure, on applique une couche de Sabi urus hi, c’est-à-dire du vernis brut mêlé à de la pierre à aiguiser pulvérisée, étendue d’eau. Cette nouvelle couche est également polie avec une pierre à repasser encore plus fine et qui porte le nom d’awoto, On met alors l’objet dans l’armoire après l’avoir recouvert d’une couche de Kurome urushi ; quand il est sec, on le polit de nouveau avec l’Awoto et on le recouvre encore d’une couche de Kurome urushi, Enfin, la polissure au charbon de bois vient terminer la liste de ces opérations minutieuses, et l’on obtient un objet uni comme une glace, brillant et sans défaut.

    Pour obtenir les marbrures, on procède de la manière suivante : on mêle le vernis dit Yoshino urushi avec diverses matières colorantes et un blanc d’œuf destiné à donner plus de consistance au mélange que l’on frappe avec une spatule très mince ; le vernis s’attachant en partie à la spatule, produit des dépressions qui sont la base des marbrures. On applique ensuite une couche de vernis préparé comme on l’a dit plus haut, puis on ajoute une couche de Roiro urushi destinée à séparer la précédente d’une nouvelle semblable que l’un applique ensuite avec une brosse. On pose après cela une couche de vernis d’une autre couleur, puis une de Hoiro urushi et, enfin, deux : couches de vernis de couleurs différentes.

    On termine l’opération en faisant bien sécher le tout. Les objets ainsi séchés sont polis avec trois sortes de pierres à aiguiser de plus en plus fines et finalement exposés au soleil pendant deux ou trois jours, ce qui rend la couleur plus vive et plus brillante. On continue en effaçant les traces de la précédente polissure au moyen d’une couche de vernis colorié, puis vient une nouvelle polissure avec de l’awoto, une nouvelle couche de vernis est alors appliquée, et on la polit avec une pierre nommée Nagurato. L’effet du soleil sur ces couleurs est de rehausser leur éclat. On applique alors une dernière couche de vernis brut très mince, et on polit avec du charbon de bois de Tsubaki ou Camellia Japonica, On met enfin la dernière main à l’objet en le rendant aussi uni que possible par les moyens suivants : On frotte l’objet, avec un mélange d’huile et de pierre à aiguiser pulvérisée dont on imbibe un tampon en coton, un nombre illimité de fois jusqu’à ce que l’objet commence à reluire. On prend alors de l’ouate imprégnée de vernis brut pour frictionner l’objet, puis on verse de l’huile dessus, on y jette de la corne de cerf pulvérisée et on essuie le tout avec du papier soyeux qui donne un brillant parfait. Ceci termine la série des opérations.

  12. Tsui Kokunuri [2] : Les opérations préliminaires sont à peu près les mêmes que les précédentes pour les qualités supérieures. On se sert de poudre de plomb et de Seshime urushi, mélangés pour former plusieurs couches que l’on polit ensuite avec du charbon de bois. On applique après cela de 5 ou 6 à 14 ou 15 couches du Roïro urushi, on grave ensuite dans ce vernis grosso modo les dessins que l’on désire représenter, on polit alors avec du charbon de bois et l’on met la dernière main au dessin. L’objet est enfin poli avec du charbon de bois pulvérisé, recouvert de 5 ou 6 couches d’Isé urushi et frotté avec une étoffe nommée Tsuyabukin pour lui donner le lustre et l’éclat voulus. Ces laques sont fort solides.

Pour les qualités inférieures, on se contente d’une couche de pierre à aiguiser pulvérisée et de poudre de plomb mélangées avec de la colle. Les procédés suivants sont les mêmes que ceux employés pour les qualités supérieures. On voit donc que la différence provient seulement des premières opérations. Ces laques se décollent, du reste, au contact de l’eau et du sel.

 IV. Laques d’or.

Il y a deux variétés de laques d’or : ceux à dessins unis et ceux à dessins en relief. On se sert aussi de l’argent et de la nacre pour ajouter à la beauté de l’ornementation.

Dessins unis. - Les procédés employés pour produire ces dessins sont les suivants : On fait d’abord chauffer sur un feu doux un mélange de vermillon et du vernis nommé Isé urushi afin de le ramollir. On prend ensuite une feuille du papier dit Kin yoshi sur le recto de laquelle on trace les dessins que l’on veut reproduire sur le laque ; on retourne alors la feuille de papier et l’on suit au verso, avec un pinceau chargé du mélange décrit plus haut, les contours et les traits du dessin représenté au recto. Ceci fait, on applique le côté enduit du mélange sur le laque et on frotte la feuille de papier avec une spatule de bambou. On prend après cela un petit sac en soie contenant de la pierre à aiguiser réduite en poudre presque impalpable, avec lequel en frappe légèrement la partie de l’objet laqué sur laquelle on vient de calquer le dessin, afin de la faire ressortir. On aplanit ensuite le relief ainsi obtenu en le polissant avec du charbon de bois de Honoki. On recouvre alors le dessin seulement d’une petite couche du vernis dit Euruski afin de faciliter l’adhésion de la poudre d’or. Lorsque la poudre d’or est fine, on l’applique sur le dessin au moyen d’un pinceau fait de poils de cheval ou de cerf ; si, au contraire, la poudre est trop grossière et lourde, on se sert d’un petit tube avec lequel on la sème sur le dessin. Comme l’Eurushi a la propriété de sécher très vite, on applique a poudre d’or au fur et à mesure, lorsqu’il s’agit d’un dessin compliqué et demandant du temps. On enferme alors le laque dans l’armoire décrite plus haut et on le laisse sécher pendant toute une journée. On le sort ensuite et on le polit légèrement avec du charbon de bois. On essuie alors le dessin. avec du papier dit Yoshino gami et on le recouvre d’une couche très mince de vernis au moyen d’une feuille de papier imbibée de ce vernis avec laquelle en frotte l’objet très délicatement. On le remet alors de nouveau dans l’armoire pour le faire sécher. Une fois sec, il est retiré est poli à la main avec de la pierre à aiguiser pulvérisée, puis on lui applique une nouvelle couche très mince de vernis que l’on essuie immédiatement avec du papier et l’on recommence la polissure. On répète cette opération quatre ou cinq fois jusqu’à ce que les dessins aient obtenu le fini voulu. On ajoute après coup aux dessins les derniers détails avec du Shi urushi que l’on a soin de laisser sécher comme d’habitude, puis on passe sur l’objet une couche de Yoshino urushi que l’on essuie aussitôt ; on polit enfin le laque avec de la poudre de corne de cerf qu’on enlève avec un morceau d’étoffe de coton.

Dessins en relief. - On emploie, pour exécuter ces dessins, deux procédés différents connus sous les noms de Urushi age et de Sabi age. Dans le premier cas, l’empreinte du dessin est obtenue par le moyen décrit ci-dessus. On le recouvre alors de Shi urushi sur lequel on sème de la poudre de charbon mélangée avec du Shiwo dans la proportion suivante : charbon de bois 2/3, Shiwo 1/3. On fait sécher comme d’habitude dans l’armoire, puis on frotte l’objet avec un tampon d’ouate trempé dans le vernis dit Yoshino urushi. L’objet est alors séché de nouveau et frotté avec du Honoki pour aplanir le relief ; puis, au moyen d’un morceau de charbon de bois très fin et que l’on tient verticalement, on polit soigneusement les contours du dessin. On emploie ensuite une estompe en papier recouverte de poudre Roïrozumi avec laquelle on polit le dessin lui-même. On frotte alors l’objet avec du vernis ordinaire et on le fait sécher, puis on dessine les contours du dessin avec du vernis spécial dit Shita maki urushi ; on recouvre ensuite les parties du dessin qui doivent être en relief avec ce même vernis. Ce Shila maki urushi est préparé de la manière suivante : on prend une certaine quantité du vernis dit Nuri tate urushi. Une moitié de ce vernis est cuite dans un vase quelconque, l’autre ne l’est pas. Le vernis cuit ne sèche plus que très lentement contrairement à l’autre. On mêle ces deux moitiés auxquelles on ajoute du noir de fumée et du camphre, on fait recuire le tout, puis on passe le mélange à trois reprises différentes à travers un filtre composé de trois feuilles de Yoshino gami. Le vernis ainsi préparé ne se fendille pas même quand on en pose plusieurs couches. Le laque préparé ainsi que nous l’avons dit plus haut est mis alors dans l’armoire où on le laisse sécher pendant deux jours et une nuit ; on lui donne alors du luisant au moyen du vernis dit Nuri tate urushi, on le soumet à une nouvelle polissure à la main avec de la corne de cerf pulvérisée. Il faut ensuite appliquer une couche de Shuurusht très vieux, faire sécher, et avant que la dessiccation ne soit complète, ou semer avec de l’ouate ou poser avec un pinceau de la poudre d’argent. On fait sécher, puis polir l’objet avec du charbon ordinaire. Il faut ensuite recouvrir les dessins d’une couche de vernis très vieux, puis laisser sécher pendant trois jours. L’on polit ensuite le laque avec du charbon de bois de Tsubaki (Camellia Japonica) que l’on tient verticalement afin que l’extrémité seule soit en contact avec le laque.

Vient ensuite une polissure avec la pierre à aiguiser dite Washiki to réduite en poudre très fine. Il faut alors poser une couche du vernis dit Jikaki urushi, semer de la pondre d’or et laisser ensuite l’objet pendant trois jours dans l’armoire, Vient alors une nouvelle polissure au charbon de Tsubaki très fin, et on rend l’objet brillant au moyen de la poudre de corne de cerf. Finalement on passe une couche de Yoshino urushi sur les dessins. Le vernis employé pour ceci doit avoir au moins trois ans. Les procédés qui viennent ensuite sont les mêmes que ceux que l’on emploie pour les dessins unis.

Le procédé dit Sabi age, employé pour les dessins de grandes dimensions, est le suivant : on frotte d’abord avec du vernis, puis on suit les contours du dessin avec un pinceau chargé d’un mélange d’argile calcinée et de vernis ordinaire en proportions égales, le tout étendu d’eau. Les dessins sont alors recouverts avec du Shita maki urushi ; on laisse sécher pendant une journée entière, puis on polit avec la pierre à aiguiser dite Uyeno do. On pose alors trois couches de Hoïro urushi. Ceci une fois séché, on applique une couche de Taka maki urus hi que l’on fait sécher et que l’on polit. On sème alors la poudre d’argent et on procède de la même manière que pour l’urushi age.

Les Kingai ou feuilles d’or et d’argent très épaisses sont posées de la manière suivante : l’objet préparé d’après le procédé dit Sabi age, et déjà orné de ses dessins, est recouvert (les dessins seulement) d’un vernis dit Mochi urushi, puis, avec un petit couteau, on coupe les feuilles de la longueur voulue. Les Kiriigai (feuilles plus petites) sont employées pour les étamines des fleurs, les dessins représentant des montagnes ou des rochers, en un mot pour les détails des dessins.

Nashiji. - On emploie pour ce genre de laque les poudres grossières d’or et d’argent qu’on sème sur l’objet très également au moyen d’un tube en bambou. Le laque doit être préalablement recouvert d’Eurushi avec une brosse à poils dur. L’objet, séché, est recouvert d’une couche de Nashiji urushi qui, une fois sec, est soumis à quatre différentes polissures. La première avec du charbon de bois de Tsubaki, la seconde avec de la soie trempée dans de la poudre de charbon de bois ; la troisième avec du papier soyeux trempé dans la même matière ; la quatrième avec la poudre du Roïrozumi qui lui donne le lustre et l’éclat voulus.

Incrustations de nacre. - La nacre, quand elle est épaisse, s’applique avant la couche du vernis dit Sabi urushi, et après si elle est mince. On recouvre alors le tout d’une couche de Sabi urushi, que l’on polit avec de la pierre à aiguiser jusqu’à ce que la nacre reparaisse.

Avant de terminer, nous dirons quelques mots sur le Rhus Vernicifera et sur les procédés que l’on emploie pour en extraire le vernis.

 V. Culture du Rhus Vernicifera ; Procédés employés pour en extraire le vernis brut.

Le Rhus Vernicifera appartient à la famille des Anacardiaccées ; sa hauteur varie généralement entre 15 et 20 shaku. Ses feuilles sont pennatifides et non dentelées. Au printemps, les boutons paraissent en même temps que les bourgeons des feuilles. Au mois de mai, le pédoncule s’allonge et la fleur s’épanouit. Le pédoncule ressemble à un épi autour duquel se grouperaient des fleurs. Les fleurs, qui sont très petites, ont un diamètre de 7 ou 8 rin, n’ont point de calice et seulement 5 pétales d’un bleu jaunâtre. L’extrémité des pétales se recourbe intérieurement. Cinq étamines sortent d’entre les pétales. L’anthère, qui est jaune, est plus grande que les pétales. Les pistils sont très petits et l’extrémité du stigmate se devise en trois. Le fruit, qui est rond, devient jaune en mûrissant et contient un noyau fort dur ; on se sert de la chair du fruit pour faire de la cire. Pour extraire le vernis, on fait des incisions dans l’écorce de l’arbre.

On cultive la plante de la manière suivante : Au mois d’octobre, on prend des fruits mûrs dont on met le noyau à nu en le frappant dans un mortier ; on le lave ensuite dans de la lessive et on le met dans un petit sac en paille que l’on plonge dans de l’urine de cheval ou de l’eau jusqu’au prinntemps suivant. Avant l’équinoxe du printemps, on a soin de préparer le terrain destiné à cette culture, de la manière suivante : On bêche d’abord la terre afin de la retourner, puis on la fume ; on trace ensuite les sillons, ce qui la retourne de nouveau. A la fin d’avril, on retire les noyaux du liquide dans lequel on les avait plongés et on les fait sécher pendant 5 ou 6 jours au soleil ; on les sème ensuite et on les recouvre d’une légère couche de terre. La germination de cette plante est très lente, ordinairement la pousse n’atteint qu’une hauuteur maximum de 11 sun à la fin de juillet ; dans d’autres cas, elle n’apparaît que la seconde ou même la troisième année. Il faut donc, pour cette culture sacrifier le terrain pendant trois ans. Au mois d’avril, on prend toutes les jeunes pousses âgées d’un an et on les transplante en ayant soin de les remettre en terre à 5 ou 6 sun les unes des autres. L’année suivante on les transplante de nouveau en laissant entre elles, cette fois, un intervalle de 6 ou 7 shaku. On augmente aussi la production en coupant des racines et en les plantant à part de la façon suiivante : On coupe ces racines en longueur de 6 à 7 sun dont on enterre une partie en laissant toutefois environ 1 sun au dessus du sol ; on ses sépare en les plantant à 6 ou 7 bu les unes des autres. Dans le courant de cette année-là, la plante atteint une hauteur de 1 shatru 5 ou 6 sun. Au printemps suivant, on coupe les racines que l’on traite de la même façon. Il faut remarquer que les Rhus ainsi obtenus poussent très rapidement, mais leur vitalité diminue. On conserve donc généralement les Rhus de semis pour la production de la cire. On fume les terrains destinés à cette culture avec de l’engrais humaine étendu d’eau. Lorsque les plantes sont âgées de cinq à huit ans, c’est la meilleure période pour en extraire le vernis. Cette opération commence en juin et finit en novembre. A cette époque, on rase l’arbre, on plonge ses branches dans l’eau et l’on en extrait encore du vernis. L’extraction des vernis se fait de la façon suivante : On fait des incisions horizonlales à un shaku les unes des autres ; chacune de ces incisions est percée, au milieu, d’un trou desstiné à provoquer l’issue de la séve que l’on recueille avec une spatule en fer. La qualité moyenne du vernis s’obtient du commencement de juin à la fin de juillet ; la qualité supéérieure de la fin de juillet au milieu de septembre et la dernière qualité du milieu de septembre à la fin de novemmbre. Quant au vernis extrait des branches, voici commment on l’obtient : On coupe les branches en longueurs de deux shaku cinq ou six suns, on les plonge dans l’eau pendant une vingtaine de jours, puis on leur fait des incisions dont on extrait le vernis.

Les principaux centres de culture sont : La province d’Echizen, Yoshino, dans la province de Yamato, Aidzu, dans la province de Iwashiro, Yonesawa, Mogami et Yamazata dans la province d’Uzen, Nambou dans la province de Rikuchiu et Fukushima dans la province de Iwashiro.

Cet arbre si utile produit, outre le vernis et la cire, un bois jaune fort apprécié dans l’industrie. Mais nous ne nous étendrons point sur cette question qui est étrangère a notre sujet.

Maëda, Commissaire général du Japon à l’exposition universelle de Paris.


[1Le Japon possède une assez grande variété de pierres à repasser qui n’ont pas toutes des noms scientifiques ; nous avons donc préféré leur conserver leurs noms japonais, noms qui ont pour origine le lieu de provenance ou l’emploi de la pierre. Il est bon d’ajouter, du reste, que ces pierres sont toutes à peu de chose près de même nature.

[2Le lecteur doit avoir remarqué que les mots Nuri, Urushi, Sabi se reproduisent assez fréquemment dans le texte ci-dessus, aussi allons-nous lui en donner l’explication. Le mot Nuri signifie recouvrir de laque ; il entre en composition avec d’autres mots et a alors le sens du genre de laque ; par exemple : Roïro nuri, noir verdâtre ; Nuri laqué, genre de laque d’un noir verdâtre ; Seishitsu nuri, laque vert ; Shu nuri, laque noir, etc. Le mot Urushi signifie vernis ; bien que l’on puisse l’employer en parlant de toutes les espèces de vernis, il signifie plus spécialement ici le vernis ou plutôt la laque extraite du Rhus vernicifera dont on se sert pour la fabrication des différents laques japonais. Quant au mot Sabi, qui signifie littéralement rouille, il n’a ici que le sens de procédé.

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