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Louis Émile Bertin

LA NATURE N° 1642 22 Novembre 1924 (Supplément)

Mis en ligne par Denis Blaizot le mercredi 6 avril 2011

Louis-Émile Bertin

Louis-Émile Bertin, le célèbre Ingénieur des constructions navales, vient de mourir, le 22 octobre dernier. Nous reproduisons ci-dessous son éloge funèbre, prononcé à l’Académie des Sciences, dont il était membre, par M. G. Bigourdan.

« Né à Nancy en 1840, il passa par l’École Polytechnique et en sortit dans le Génie maritime (octobre 1860). Dès l’année 1864, deux années à peine après sa sortie de l’École d’application, il se fit remarquer par des travaux importants sur l’assainissement des navires à vapeur par une ventilation beaucoup plus forte qu’on ne l’avait obtenue jusque-là.

Depuis longtemps, l’ancienne marine à voiles tentait d’améliorer l’état sanitaire des bâtiments destinés aux transports des malades, des hommes et des animaux ; mais les résultats obtenus par le moyen de la ventilation à bras restèrent très insuffisants ; et ils l’étaient encore au début de la marine à vapeur.

M. Bertin eut l’idée très simple de ménager, dans la construction de la coque du navire, de longs tuyaux ou canaux d’appel d’air. aboutissant à l’enveloppe des cheminées des machines : la chaleur de ces cheminées produit un tirage énergique, utilisé par M. Bertin pour le renouvellement de l’air des parties basses du navire. Les premiers essais de ce dispositif, appliqués à un transport déjà existant, le Calvados, eurent un plein succès : la mortalité des malades transportés diminua immédiatement des trois quarts ; et en outre la durée des navires en bois se trouvait doublée. Sur un rapport de Dupuy de Lôme, notre Académie attribua le prix Plumey (1872) à M. Bertin, après avoir ordonné l’insertion, dans le recueil des Savants étrangers. du Mémoire où il décrivait les moyens employés et les résultats obtenus.

La publicité donnée par l’Académie à la ventilation du Calvados fit entre prendre à l’étranger de nombreuses applications du même système.

De très bonne heure aussi, dès 1865, M. Bertin envisagea l’étude des mouvements des navires produits par les vagues de haute mer. Peu après (1867-1838) il imagina un instrument enregistreur, un oscillographe, pour perfectionner ces recherches, qu’il a pour· suivies pendant longtemps. Les conséquences pratiques en furent l’amélioration de la stabilité contre le roulis, par l’accroissement de la résistance de la coque dans l’eau, au moyen de quilles latérales. Ce procédé, essayé d’abord avec succès sur de petits bâtiments, a été adopté partout ; et même il s’est montré plus efficace encore sur les grands navires que sur les petits. Ces recherches valurent à leur auteur une partie d’un prix extraordinaire de six mille francs, de 1882.

Un troisième ordre de recherches fructueuses, entreprises par M. Bertin dès 1870, fut la protection des navires de guerre contre l’effet destructif des projectiles.

L’augmentation des épaisseurs de blindage, exigée par les progrès incessants de l’artillerie, donnait lieu à des difficultés de tout ordre pour la flottabilité des navires, surtout pour ceux de faible déplacement. Pour les vaincre, M. Bertin imagina la ceinture de blindage combinée avec une tranche cellulaire voisine de la ligne de flottaison ; tranche destinée à limiter la grandeur des avaries. Il appliqua d’abord cette méthode à des navires de petit déplacement, restés jusque-là sans protection, et il les composa d’une tranche cellulaire protégée, placée au-dessus d’un pont blindé recouvrant les cales et les parties vitales du navire.

Cette forme, plus ou moins modifiée, s’est généralisée : en 1885 on comptait, à flot ou en chantier, 17 navires à flottaison cellulaire ou protégés, tandis qu’en 1896 on en comptait 120.

L’étude des conditions d’équilibre des navires actuels, aux formes infiniment variées, est beaucoup plus difficile que dans les anciens, fréquemment semblables dans leurs formes. M. Bertin a, des premiers, procédé à des études d’équilibre au moyen de modèles réduits, dont l’usage s’est généralisé depuis.

Tous ces travaux lui avaient valu une réputation de précurseur. Lorsque le Japon voulut construire une flotte moderne, et s’adressa au Gouvernement français, celui-ci désigna M. Bertin, qui resta de 1886 à 1890 en Extrême-Orient. Il établit les plans des croiseurs très puissants dont l’apparition a fait époque, car ils avaient une vitesse alors énorme de 17 nœuds : et depuis la bataille du Yalou (1894) ils ont plusieurs fois fait leurs preuves.

De retour en France, M. Bertin se remit au service de l’État et conçut le plan du Henri IV, à faible vitesse, mais très protégé et fortement armé.

Il avait écrit une Histoire des Grandes Guerres civiles du Japon et créé la Société franco-japonaise de Paris. » .


Ses publications

  • L’accroissement des dimensions des navires, Revue générale des sciences pures et appliquées — 30 mai 1912
  • La guerre navale en 1914 : I. forces navales en présence au début des hostilités, La Nature N°2158 — 6 Février 1915
  • La guerre navale en 1914 :
    • II. Notes de guerre
    • III. Conclusions
    • IV Tableaux relatifs à la guerre navale en 1914, La Nature N°2159 — 13 Février 1915
  • La marine italienne, La Nature N°2176 — 12 Juin 1915
  • La guerre navale en 1915, La Nature N°2217 — 25 Mars 1916 & N°2218 — 1er Avril 1916
  • La guerre navale en 1916 (1e partie) : la bataille du Jutland, La Nature N°2262 - 3 février 1917
  • La guerre navale en 1916 (2e partie), La Nature N°2263 - 10 février 1917
  • La guerre navale en 1918, La Nature N°2360 - 14 juin 1919

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