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Aimé Pagnoul

D. Zolla, la Revue Générale des Sciences Pures et Appliquées — 15 décembre 1912

Mis en ligne par Denis Blaizot le lundi 28 mars 2011

La science agronomique vient de faire une perte dans la personne de M. Pagnoul, correspondant de l’Institut. Directeur de la Station agricole du Pas-de-Calais, M. Pagnoul a poursuivi pendant plus de vingt ans des travaux de Chimie et de Physiologie végétales relatifs aux céréales et aux plantes industrielles, au blé et à la betterave à sucre en particulier. Les mémoires de l’auteur ont été le plus souvent publiés dans les Annales Agronomiques, que dirigeait M. Dehérain, et ont paru de 1875 à 1900.

Parmi les plus remarquables, citons :

  • De la richesse des pulpes et jus de betteraves ;
  • Expériences relatives à la betterave à sucre ;
  • La composition de la betterave aux différentes époques de sa végétation ;
  • Expériences relatives aux pertes et gains d’azote des terres nues et cultivées ;
  • Expériences sur le blé et la betterave ;
  • Emploi de l’azote nitrique et ammoniacal comme engrais ;
  • La transpiration des plantes ;
  • Ce que doit être la richesse d’une bonne terre en acide phosphorique.

A propos des pertes d’azote que subissent les sols et qui ont une grande importance au point de vue des intérêts du cultivateur, Pagnoul confirmait les résultats des essais de Dehérain, en disant :

Les eaux de pluie enlèvent des quantités fort importantes d’azote nitrique. Ces perles sont beaucoup plus considérables sur la terre nue que sur la terre cultivée, et un peu plus fortes avec le trèfle qu’avec le gazon.

L’azote nitrique, à mesure qu’il se forme, est donc rapidement pris ou entrainé, soit par les plantes, soit par l’eau, de sorte qu’il ne fait, pour ainsi dire, qu’apparaître et que la richesse du sol en azote est en état perpétuel d’instabilité.

Les meilleurs engrais azotés sont donc ceux qui donnent l’azote à la plante au moment opportun. C’est ce qu’a fait observer M. Dehérain pour Grignon, où l’on a été conduit à changer le mode de distribution des fumures en les rendant moins abondantes et plus rapprochées.

M. Pagnoul s’était préoccupé de la composition des blés il grands rendements et de leur richesse en azote. Ce problème a depuis quelque temps été de nouveau étudié. Voici quelles étaient les conclusions de notre auteur :

La richesse en azote parait dépendre plutôt de la culture et des conditions météorologiques que de la variété. Les échantillons appartenant à une même variété occupent, en effet, des rangs très divers dans le tableau des résultats.

Le rendement pourrait se concilier avec la richesse.

Ainsi, le blé Porion il épi carré, qui a donné de si forts rendements, présente encore une richesse qui est il peu près la moyenne générale.

Les travaux de M. Pagnoul étaient toujours précis, intéressants et instructifs. Ils assurent il sa mémoire la reconnaissance et l’estime de tous ceux qui connaissent la portée des recherches scientifiques et leur influence sur la prospérité agricole.

D. Zolla, Professeur à l’école d’agriculture de Grignon.