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Le Chatelier (1815 - 1873)

La Nature N°27 — 6 décembre 1873

dimanche 14 novembre 2010, par Denis Blaizot

La mort vient d’enlever encore un des plus éminents ingénieurs français, M. Le Chatelier, inspecteur général des mines. Né en 1815, élève brillant de l’École polytechnique de 1854 à 1856, dit un des biographes de cet ingénieur, M. Ronna, c’est au service des mines de l’État, où ses travaux scientifiques l’avaient déjà signalé, que le gouvernement le réclamait vers 1846 pour le contrôle des chemins de fer alors en activité. En 1848, il est ingénieur en chef de l’exploitation des Compagnies du Centre et de Paris à Orléans, puis chargé successivement du service de surveillance des chemins du Nord, de l’Est, de Paris à Rouen, de Saint-Germain, de l’Ouest et de la Ceinture. Pendant cette période, M. Le Chatelier étudie à fond le matériel et la traction de nos compagnies en voie de formation, et ses publications sur ces services établissent sa réputation de praticien et de savant. Ce sont les Recherches expérimentales sur les locomotives, en collaboration avec M. Ernest Gouin ; la monographie des Chemins de fer de l’Allemagne ; des études sur la Stabilité des locomotives, et le Guide du mécanicien constructeur, auquel il travaille avec MM. Flachat, Petiet et Polonceau.

Lorsque, après 1852, MM. E. et J. Pereire apportent l’ardente initiative du Crédit mobilier à la création de vastes entreprises industrielles, ils s’associent Le Chatelier pour les organiser sous le rapport technique. Dès 1855, ils l’appellent au comité du Midi avec MM. Clapeyron et Flachat, ct à celui des Chemins autrichiens avec M. Maniel. Plus tard il devient conseil, avec M. Sauvage, de la Grande société des Chemins de fer russes, conseil et directeur des chemins du Nord de l’Espagne, administrateur de la Compagnie générale transatlantique. Les types de matériel arrêtés d’abord avec M. Petiet au nord de la France, sont tour à tour perfectionnés pour ces nouvelles voies. Les affaires les plus considérables, chemins de fer, canaux, sondages, houillères, mines métalliques, etc., sont soumises à Le Chatelier et réclament ses avis.

Il ne cesse pas toutefois de servir l’État, aux commissions des chemins de fer, des machines à vapeur ; au comité des arts et manufactures ; aux expositions universelles. Il livre au conseil municipal de Paris un projet complet pour l’alimentation des eaux potables, puis pour l’épuration des eaux d’égout. Avec son ami, M. Henri Sainte-Claire Deville, il développe la fabrication et les applications du nouveau métal l’aluminium, fait des recherches sur les aluminates et les fluosilicates, et dote l’industrie métallurgique de la bauxite pour les parois et soles réfractaires. Avec M. Siemens, il poursuit le traitement direct des minerais pour la fabrication du fer et de l’acier. En agriculture, il sollicite l’emploi des engrais salins, des phosphates , des cendres de houille, et paye d’exemple pour la mise en culture des Landes. Enfin, il abandonne aux chemins de fer sa remarquable invention de l’emploi de la contre-vapeur, pour laquelle l’Exposition de Vienne lui décerne le diplôme d’honneur du groupe mécanique.

Une telle carrière de travail est un exemple pour tous. Le pays perd en M. Le Chatelier le dernier survivant d’une brillante pléiade d’ingénieurs, frappés l’un après l’autre depuis la guerre néfaste de 1870 : MM. Petiet, Maniel, Sauvage, Flachat, Audibert, qui avaient avec MM. Clapeyron et Polonceau organisé en France les chemins de fer et dirigé les plus importants travaux de notre époque.

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