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Jean-Baptiste Julien d’Omalius d’Halloy (1783-1875)

Nécrologie, la Revue Scientifique. 6 mars 1875

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 13 juin 2010

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Jean-Baptiste-Julien d’Omalius d’Halloy

M. Jean-Baptiste-Julien d’Omalius d’Halloy, né à Liège le 16 février 1783, est mort à Bruxelles le 15 janvier 1875. Sa longue carrière n’a été, on peut le dire, qu’un long travail. Ceux qui l’ont connu savent quelle était son activité et le gout qu’il avait pour l’étude. La politique et la science se sont à peu près partagé sa vie ; mais pour être juste, il faut reconnaître que la science a été sa privilégiée. Les traditions de sa famille l’avaient désigné d’avance pour exercer des fonctions publiques. Dès 1807 il était maire de Skeuvre ; un peu plus tard il fut maire de Braibant. En 1814, il fut nommé sous-intendant de l’arrondissement de Dinant, puis secrétaire général à Liège sous le gouvernement des puissances alliées, et enfin en 1815 gouverneur de la province de Namur. Pendant l’exercice de cette dernière fonction, qu’il occupa jusqu’en 1830, il publia le Code administratif de la province de Namur, ouvrage, qui rendit de réels services. En 1848, il fut appelé au Sénat où il ne tarda pas à être élu vice-président, titre qu’il garda jusqu’en 1868. Il n’est pas nécessaire de citer ses opinions politiques ; on a déjà deviné qu’il était royaliste.

Ses œuvres scientifiques sont très-nombreuses, La géologie, dont il passe à juste titre pour l’un des fondateurs, occupa la majeure partie de son temps. Cette science, qui est née avec le siècle, attira de bonne heure son attention. Dès 1808 il publiait son Essai sur la géologie du nord de la France. Cet ouvrage mérite à tous égards d’être cité, car il eut des conséquences très importantes et il peut être considéré comme l’un des principaux points de départ de la géologie stratigraphique. Jusque-là, en effet, on n’avait eu que des idées très imparfaites sur la composition de l’écorce terrestre. La théorie de M. d’Omalius eut vite trouvé de nombreux partisans ; et alors commença cette série de recherches qui fit faire il la science nouvelle de si rapides progrès. Après la publication de son livre, M. d’Omalius fut chargé parle gouvernement de Napoléon 1er de dresser la carte géologique de l’empire français. L’exécution de cette carte demanda à son auteur six années de travail. En 1813 elle était terminée. Mais les événements politiques survinrent et la carte ne parut que dix ans plus tard, en 1823. Elle devait être remplacée quelques années après par la grande carte géologique de France de MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont, à l’établissement de laquelle elle contribua largement.

Le savant belge ne recommença ses publications scientifiques qu’en 1828 ; mais à partir de cette époque jusqu’en 1853, il fit paraître, sur des sujets variés, une dizaine d’ouvrages qui témoignent de sa grande activité et des aptitudes remarquables de son esprit. Il faut citer entre autres ses Éléments de géologie, embrassant la géographie, la minéralogie, la géognosie, la météorologie et la géogénie ; son travail sur les roches considérées minéralogiquement ; et son mémoire sur les races humaines ou Éléments d’ethnographie. lndépendamment de tous ces travaux, il publia une quantité considérable de notes et de mémoires dans le journal de physique, de chimie et d’histoire naturelle, dans les Annales des mines de France, les Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris, les Bulletins de la Société géologique de France et ceux de l’Académie royale de Belgique.

M. d’Omalius était un des plus fervents adeptes de la doctrine transformiste. Lorsqu’eut lieu, en 1830, entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, la fameuse discussion de laquelle devait sortir triomphante la théorie de l’immutabilité ou celle de la transformation des espèces ; Cuvier resta vainqueur. Cela n’empêcha point le géologue belge de se ranger parmi les rares partisans de M. Geoffroy Saint-Hilaire. Profondément convaincu que le transformisme pouvait seul expliquer la variétê infinie des êtres organisés, il s’en fit désormais le défenseur et accumula contre ses adversaires une foule d’arguments dont beaucoup constitueront certainement un de ses plus beaux titres de gloire. La théorie nouvelle, qui devait prendre quelque temps après un si grand essor, devint même son sujet favori. Il lui resta toujours fidèle ; il ne négligea aucune occasion de lui être utile et il est mort, on peut le dire, en la défendant. Quelle que soit l’appréciation que l’on puisse faire de ses idées, on doit reconnaître ayant tout qu’une conviction sincère, la loyauté et la bonne foi faisaient le fond de son caractère.

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