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C.-J. Davaine (1812-1882)

A. Laboulbène, la Revue Scientifique — 16 février 1884

samedi 15 mai 2010, par gloubik

Messieurs,

A une époque mémorable et chère pour notre Société, au mois de mai 1848, plusieurs médecins et naturalistes se sont réunis pour étudier, par l’observation et l’expérimentation, la science de la vie, la biologie, tant normale que pathologique. Ce temps est déjà lointain, et plusieurs d’entre vous ne le connaissent que par ouï-dire. Toutefois, celui qui vous parle ne saurait oublier qu’il fut le plus jeune de vos fondateurs. Vous l’avez chargé de retracer la vie si bien remplie de Davaine, l’élève, l’ami de Rayer et de Claude Bernard ; il a rassemblé ses souvenirs et vous lui permettrez de vous rappeler, en même temps que notre regretté collègue, quelques-uns des travailleurs de la première heure, qui ont si bien mérité de la biologie. Ceci n’est point un éloge académique, mais un hommage rendu à un homme de cœur et de talent.

Casimir-Joseph Davaine est né à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le 19 mars 1812 ; il était le sixième des neuf enfants de Benjamin-Joseph Davaine et il perdait sa mère, à peine âgé de neuf ans. Son père, resté seul, peu fortuné, avec le lourd fardeau d’une famille nombreuse et d’une industrie à diriger, ne faiblit pas sous cette tâche ; il s’appliqua, au prix de grands sacrifices, à donner à ses fils une éducation libérale. Ce n’était pas chose facile dans une petite localité, offrant peu de ressources au point de vue de l’instruction ; il dut se résoudre à se séparer de ses fils. Casimir Davaine fut envoyé au collège de Tournai, en 1826, puis il acheva ses études à Lille. Enfin, vers la fin de l’année 1830, il arrive à Paris, au moment où s’ouvrait une ère nouvelle. Calme, résolu, d’un naturel bon, d’un sens droit, Davaine n’hésita pas dans le choix d’une carrière ; il s’inscrivit comme étudiant à l’École de médecine.

Les études furent pour Davaine chose sérieuse ; sa vie était rude, occupée ; il luttait de bonne heure, il avait hâte de faire son chemin. Ayant concouru pour l’externat, il entre le 1er janvier 1835 dans le service de Rayer, à la Charité. Qui de vous, messieurs, n’a été frappé de l’influence extraordinaire et parfois décisive que peut avoir le chef de service sur l’élève qui lui est envoyé ? Rayer, qui possédait au plus haut degré l’appréciation rapide des hommes ainsi que des aptitudes de chacun d’eux, remarqua bien vite Davaine. Il se l’attacha, le chargea de recueillir des observations, de faire des dessins et des recherches microscopiques. Le service de Rayer, où se succédaient Moissenet, Henri Roger, Tardieu, Claude Bernard, Gubler, etc., était pour Davaine un milieu des plus favorables. Il se lia étroitement avec Claude Bernard, et leur amitié ne se démentit jamais. Rayer employa Davaine pour son Traité des maladies des reins, pour ses travaux sur la morve, pour collaborer aux Archives de médecine comparée.

En 1837, sans attendre l’internat, Davaine soutint sa thèse de docteur. Je dois vous le faire remarquer, la dissertation inaugurale ne figure pas dans les titres scientifiques de Davaine, où nous trouvons une si riche moisson de faits et d’idées. Est-ce modestie ? Est-ce oubli ? Je croirais plutôt à la première supposition. Quoi qu’il en soit, cette thèse sur l’hématocèle de la tunique vaginale [1], passée sous la présidence de Velpeau et dédiée à son père seulement, peut encore être consultée avec fruit ; l’historique de la question est soigné, ainsi que l’anatomie pathologique.

Rayer dit à Davaine, comme à Claude Bernard : « La science est votre affaire », mais la science seule ne fait pas vivre le débutant inconnu, et Davaine fut obligé de s’occuper de clientèle ; son urbanité et sa discrétion lui assuraient la réussite ; ses premiers malades devenaient ses amis fidèles. Il en accompagna quelques-uns pendant d’instructifs voyages, conservant son indépendance, ne recherchant que les moyens de se procurer des livres, de satisfaire ses goûts scientifiques et artistiques.

Je vous l’ai dit, messieurs, c’est en 18lt8 que notre Société s’est fondée. Elle répondait à un besoin réel, elle venait à l’heure favorable, elle promettait les résultats les plus utiles. Quelle sève au début et quels fruits aujourd’hui ! En considérant l’étendue et la valeur du bagage scientifique accumulé, vous devinez les commencements. Rayer fut choisi à l’unanimité pour président perpétuel] Claude Bernard et Charles Robin pour vice-présidents. Les premiers secrétaires ont été Lebert et Follin auxquels on adjoignit bientôt Brown-Séquard et Segond. Huette, qui venait de collaborer avec Claude Berrnard pour un Précis iconographique de médecine opératoire et d’anatomie chirurgicale, fut le premier trésorier-archiviste.

Rayer, pour assurer la valeur des séances, déployait une activité infatigable, appelant de tous côtés les travaux sérieux, stimulant le zèle des fondateurs, provoquant une discussion, la prolongeant au besoin, assurant, par la présence d’un maitre étranger, l’intérêt qui de temps à autre aurait pu faiblir. Tout le service médical de Rayer, ceux de ses collègues de la Charité, ceux de ses amis, et ils étaient nombreux, étaient mis à contribution. On apportait des pièces rares venant des hôpitaux, du Jardin des Plantes, de l’École d’Alfort. Aussi, avec ces éléments d’étude, la Société, qui ne prenait pas de vacances, n’a cessé de siéger tous les samedis et bientôt elle publia les comptes rendus de ses travaux et de précieux mémoires.

Dès le mois de novembre 1849, Davaine fut élu membre titulaire ; il remplaça bientôt Huette qui allait à Montargis. La Société ne pouvait avoir un meilleur trésorier-archiviste.

Nos publications par fascicules mensuels, nos Mémoires qui ont frappé l’attention, témoignèrent du zèle des secrétaires, de l’ardeur des membres de la jeune Société de biologie, Les premières planches furent en majeure partie dessinées par Davaine ainsi que celles du mémoire du Rayer sur la pilimiction. Pour vous exposer les travaux de Davaine, je n’aurai souvent qu’à suivre nos volumes parus tour à tour.

La première description faite par Davaine a pour sujet un parasite ; ses notices du début sont anatomiques, physiologiques et tératologiques. C’est un Hœmatopinus, causant un phthiriasis spécial chez l’espèce bovine, que je dois vous signaler tout d’abord [2]. Les continuateurs du grand ouvrage de Bourgery et Jacob ont donné, d’après des préparations de Davaine, les figures du développement du cervea16 humain depuis cinq semaines jusqu’à sept mois [3].

Le premier volume des publications de notre Société renferme un grand nombre de travaux de Davaine pour l’année 1849 [4], et leur ensemble montre déjà un esprit observateur et chercheur. Dans les IIe, IIIe et IVe volumes de nos publications, on continue à trouver d’intéressantes notes et mémoires [5].

Ces divers essais constituent souvent des jalons pour des travaux ultérieurs. Remarquez les cysticerques de l’homme, les larves rendues qui prendront place dans le Traité des Entozoaires. Un des premiers, Davaine avait observé les prolongements amiboïdes des globules blancs du sang [6].

Le laborieux auteur avait reçu à deux reprises la haute approbation de l’Académie des sciences : une récompense en 1852 pour ses recherches sur la paralysie des deux nerfs de la septième paire, puis, en 1854, le prix de physiologie expérimentale pour ses recherches sur la génération des huîtres. On aimait à trouver chez Davaine des connaissances étendues en biologie, à le savoir occupé d’investigations aussi ingénieuses que sérieuses, sans exubérance, sans profusion de ces conclusions hâtives ou par à peu près, nécessairement frappées de stérilité, nous prouvant que le temps ne respecte pas ce qu’on fait sans lui. Quant aux rares honneurs qui sont venus chercher Davaine : la croix de chevalier de la Légion d’honneur lui fut donnée en 1855, l’Académie de médecine ne lui ouvrit ses portes qu’en 1868.

Reprenons la série des travaux de notre collègue que vous trouverez dans divers volumes de nos comptes rendus et mémoires [7]. J’abrège, car j’ai hâte d’arriver au livre de Davaine sur l’helminthologie humaine et comparée. Cet ouvrage devenu classique et dont je vais bientôt vous par. ler avec quelques détails a été précédé par des études longues et consciencieuses ; de même, il a été suivi de documents qui restaient à examiner après la publication [8].

Le Traité des Entozoaires et des maladies vermineuses de l’homme et des animaux domestiques, paru en 1860, couronné par l’Institut et par l’Académie de médecine, forme un volume in-8, avec figures sur bois, intercalées dans le texte. Il a eu, en 1877, une nouvelle édition ; il a été traduit en anglais par M. W. Abbotts Smith. Dans son livre, si connu et si apprécié, le plus savant et le plus complet sur ce sujet difficile, Davaine a eu constamment en vue la zoologie et la pathologie. La démonstration de faits zoologiques importants l’a conduit à des déductions utiles en médecine. Ses recherches sur les œufs du trichocéphale et de l’ascaride lui ont montré que ces œufs pondus dans l’intestin de l’homme ne s’y développent pas, qu’ils sont expulsés au dehors et que l’embryon ne se forme que plusieurs mois après. Le nombre immense de ces œufs permet d’en constater la présence dans une parcelle .de matières alvines et d’assurer le diagnostic. L’histoire de chaque ver est une sorte de monographie, comprenant la répartition de l’animal, son apparition, la recherche des circonstances qui favorisent sa transmission et son développement, la description des accidents qu’il détermine, enfin, les moyens de le combattre. Le Traité des Entozoaires offre un mérite scientifique et une valeur pratique incontestables, de là son succès [9].

Le nom de Davaine restera, dans l’avenir, attaché aux questions du parasitisme, Avant de poursuivre avec tant de soin’ et de succès ses études sur les parasites des animaux vertébrés, il avait observé ceux d’organismes moins compliqués, c’est-a-dire des végétaux. Il avait pu constater qu’un très petit ver nématoïde, une anguillule, produit sur le blé l’altération connue sous le nom de nielle [10] ; de plus, il avait déterminé les conditions de vitalité de ce ver, qui possède la singulière propriété de reprendre le mouvement et la vie après avoir été desséché, laissé même pendant longtemps dans un état de mort apparente. Davaine découvrit ce fait décisif : que la faculté de reprendre vie est le privilège exclusif des larves d’anguillule dépourvues d’organes génitaux, et qu’elles le perdent dès qu’arrivées dans le blé, elles acquièrent l’état sexué ou adulte. Il a patiemment soumis ces anguillules, larves et adultes, à diverses influences, telles que celles de l’eau, du froid, du vide, etc. ; toujours les larves résistent, tandis que les adultes périssent rapidement. Enfin, il arrivait à un résultat pratique très intéressant : c’est que la morphine, l’atropine, la strychnine, le curare, n’ont pas d’action sur la vitalité des anguillules, tandis que les composés pouvant agir chimiquement sur leurs tissus par une matière acide ou alcaline, même très faible, détruisent aussitôt et pour toujours la vitalité de ces larves.

Poursuivant, après Spallanzani, l’étude de cette étrange faculté de recouvrer les manifestations de la vie après les avoir perdues par un dessèchement plus ou moins complet, Davaine lui donna le nom de réviviscence et il la constata chez huit espèces nouvelles de protozoaires et chez plusieurs plantes inférieures. Ses Recherches sur la vie latente chez quelques animaux et quelques plantes sont insérées dans nos Comptes rendus de l’année 1856, p. 225. De nouvelles Recherches sur tes conditions de l’existence ou de la non-existence de la réviviscence chez les espèces appartenant au même genre ont paru dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences (t. XLVIll, p. 1067), en 1 59.

Une anguillule abondante dans le vinaigre avait fourni un argument à la génération spontanée, puisque cette espèce de ver ayant été observée exclusivement dans Je vinaigre, on pouvait croire qu’elle y était apparue après l’invention de ce liquide. Davaine, par ses Recherches sur les anguillules du vinaigre (Rhabditis aceti, Dujardin) [11], a constate que cette anguillule vit dans les liquides renfermant une matière sucrée ou amylacée, aussi bien que dans le vinaigre, qu’elle se propage dans les fruits et les légumes. Il en a conclu rigoureusement que dans la nature, l’anguillule du vinaigre habile les fruits qui tombent à la surface du sol, qu’elle se perpétue en passant de l’un à l’autre et qu’elle arrive dans le vinaigre après avoir pénétré dans une grappe de raisin en contact avec le sol.

Pendant qu’il cherchait à élucider ces questions d’un ordre si élevé, Davaine publiait quelques faits nouveaux : sur les maladies de l’homme, des animaux et des plantes. Il ne négligeait pas les observations d’anatomie pathologique ou de tératologie [12].

Nous touchons, messieurs, à la période la plus belle de la vie de Davaine, au moment où il fait une découverte dont on a vainement cherché à lui ravir la priorité.

Comme Claude Bernard annonçant à la Société la fonction glycogénique du foie et l’action émulsive du suc pancréatique sur les graisses, comme Berthelot vous apportant, pour la première fois, de l’essence de moutarde préparée par synthèse avec des corps inorganiques, Davaine en 1850, et puis en 1863, est venu montrer à la Société de biologie un organisme inférieur, un infusoire comme il l’avait d’abord appelé, allongé, immobile, et qu’il avait aperçu dans le sang des animaux succombant à la maladie charbonneuse connue sous le nom de sang de rate. Ce corps microscopique, auquel il donna plus tard le nom de bactéridie, a été le sujet de controverses passionnées ; mais le fait constaté par Davaine reste acquis et c’est justice de désigner, comme l’a fait M. Pasteur, le bacille du charbon sous le nom de bactéridie de Davaine [13].

Vous le savez, messieurs, la .vérité ne pénètre pas du premier coup dans les esprits ; les expériences de Davaine, répétées comme elles méritaient de l’être, semblaient confirmées et admises, lorsque deux expérimentateurs, Leplat et Jaillard, annoncèrent qu’ils n’avaient pas trouvé la bactéridie chez des vaches qui étaient mortes du charbon inoculé. J’ai assisté aux expériences de Davaine, j’ai partagé ses perplexités. S’était-il trompé ? Il n’avait avancé que lentement, pas à pas, et à coup sûr ! Aussi, analysant les symptômes morbides des animaux observés par ses contradicteurs, et se rendant compte des conditions où ces derniers s’étaient placés, de la manière dont ils avaient procédé, Davaine reconnut que ce n’était pas d’une maladie réellement charbonneuse qu’avaient été atteints les animaux. Il n’hésita pas à dire qu’ils avaient succombé à une maladie septique et différente. Entré dans cette voie nouvelle, qui devait l’amener à séparer nettement le charbon de la septicémie expérimentale, notre collègue fit paraître rapidement divers travaux importants [14].

Résumons ce qu’avait fait Davaine. En étudiant au microscope le sang des animaux atteints du charbon, il y avait constaté la présence de vibrioniens, dépourvus de mouvements spontanés qu’il avait nommés bactéridies et qu’il avait soigneusement distingués d’autres vibrioniens, analogues pour la forme, qui se développent dans les matières animales en putréfaction. Le caractère distinctif des bactéridies était de se former pendant la vie de l’animal malade et de disparaitre par la putréfaction après la mort. Pour Davaine, les bactéridies jouaient un rôle capital dans la transmission des maladies charbonneuses, soit entre les animaux, soit des animaux à l’homme. Le sang frais, contenant des bactéridies et inoculé aux petits mammifères, tels que lapins, cobayes, rats et souris, transmettait la maladie charbonneuse ; mais il perdait cette propriété dès que la putréfaction faisait disparaître .les bactéridies. Comme contre-épreuve, Davaine avait vu que, pendant la vie, le sang de l’animal malade ne devient capable de transmettre le charbon que. du moment où les bactéridies s’y sont montrées. Cette transmission parait indéfinie tant que le sang contient des bactéridies.

Davaine concluait que les bactéridies sont l’agent de transmission de la maladie charbonneuse et que ces corpuscules sont en rapport constant avec son inoculation et son développement. Chez les femelles pleines, les bactéridies ne se développent que dans le sang de la mère et non dans celui du fœtus. Chez les animaux réfractaires à la transmission du charbon, chiens, oiseaux, etc., le sang inoculé, quoique pourvu de bactéridies, n’en développe pas dans le sang de ces animaux.

Davaine prouvait, de plus, que la pustule maligne de l’homme est une variété de la maladie charbonneuse, car elle renferme la bactéridie et produit par inoculation le sang de rate chea les animaux. Il en est de même pour l’œdème malin des paupières.

Remarquez la netteté, la valeur et en même temps la mesure de ces conclusions. Vous connaissez tous les progrès accomplis depuis ces premiers points acquis à la science : les cultures de la bactéridie et de ses spores, les oiseaux prenant avec M. Pasteur le charbon dès que leur température est abaissée ; mais Davaine avait entrevu les difficultés principales ; il a été, comme le disait notre collègue, le professeur Henri Bouley, un véritable initiateur. En présence de ces résultats, éclairant d’un jour nouveau l’étiologie et le mode contagieux des maladies charbonneuses des animaux à l’homme, l’Institut décernait à Davaine le prix Bréant.

Au moment de la découverte des bactéridies du sang charbonneux, la place de ces petits êtres dans la classification n’était pas rigoureusement déterminée. Persuadé que la présence de ces, microbes, suivant l’expression de Sédillot, n’était pas un fait isolé, Davaine entreprit d’étudier la famille des vibrioniens pour apprécier leur génération, ainsi que leurs propriétés diverses. Il communiquait ses résultats à l’Académie des sciences [15] et les consignait dans l’article BACTÉRIE, BACTÉRIDIE, du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Les vibrioniens avaient été regardés comme des animaux, Davaine montra qu’ils ont plus de rapport avec les végétaux et qu’ils doivent prendre place auprès des conferves. De plus, il reconnut l’influence des milieux sur la vie de ces êtres et il disait : Dans les milieux différents, les vibrioniens sont différents, quoique nous ne parvenions pas à les distinguer ou à les différencier entre eux, à cause de leur extrême petitesse. Leurs espèces, encore non caractérisées, ne peuvent se substituer les unes aux autres. Pour obtenir de ces petits êtres quelque modification dans un milieu, modification qui, dans l’économie animale, se traduit par une maladie, il faut que l’espèce de vibrionien introduite puisse s’y développer. « Il faut, ajoutait Davaine, si l’on peut s’exprimer ainsi, qu’elle soit normale à ce milieu » ; nous dirions actuellement : il faut qu’elle trouve un milieu de culture.

Ces données appliquées aux végétaux ont été fécondes. Davaine a reconnu qu’une véritable maladie contagieuse pour les plantes grasses, telles que les Mesembrianthemum, Sempervivum, Stapelia, était déterminée par les moisissures. vulgaires, les Mucédinées qui se propagent sur les plantes vivantes et les altèrent. Or les phénomènes morbides qu’elles provoquent, désignés sous le nom général de pourriture, tiennent à une véritable maladie contagieuse. La maladie des mucédinées se communique d’une plante à l’autre, d’un fruit à un autre fruit, au contact par le mycélium, sorte de virus fixe, et sans contact par les spores, sorte de virus volatil. La plante ou le fruit sont préservés par l’épiderme ; dès que celui-ci est altéré ou enlevé, le champignon pénètre dans les tissus et détermine la pourriture [16].

La pourriture végétale est variable dans ses caractères suivant la mucédinée qui la détermine. J’ai vu Davaine produire, à ma demande et sans se tromper, la pourriture blanche, ou jaune, ou orangée, ou noire des fruits. Il connaissait de longue date la coloration des petites masses de mycélium et de spores ; il insérait en toute connaissance ’de cause telle ou telle mucédinée, par inoculation véritable. En outre, il savait que telle ou telle espèce était plus vorace que telle autre, et il substituait une pourriture jaune ou noire à une pourriture blanche, sachant que par son développement rapide, la mucédinée nouvellement inoculée détruirait la première et envahirait l’ensemble du fruit. Vous comprenez, sans que j’y insiste, tout l’intérêt de ces expériences et le jour qu’elles projettent sur les affections virulentes des animaux et de l’homme. Sur nous-mêmes et sur les vertébrés supérieurs, les troubles consécutifs du système nerveux, la dissémination rapide des bactéries et des spores au moyen de la grande circulation, rendaient l’étude expérimentale difficile ou incertaine. Chez les végétaux dépourvus de système nerveux et d’une circulation active, les altérations organiques élémentaires sont "plus facilement appréciables, ainsi que l’établit Davaine dans ses Recherches physiologiques et pathologiq1tes sur les bactéries [17]. Il y démontre qu’une espèce de bactérie produit une maladie contagieuse sur les Opuntia, Aloe, Stapelia ; il précise le mode de génération de celle bactérie qui ne peut être distinguée que par ses propriétés physiologiques et dont les spores moléculaires seraient, dit-il, des germes.

Vous vous rappelez, messieurs, les discussions qui ont eu lieu à l’Académie de médecine au sujet des maladies charbonneuses, lorsque Davaine faisait part de ses observations sur l’inoculation des bactéries. Jusques à lui, les expérimentateurs s’étaient servis d’un instrument coupant qui, entre autres inconvénients, ne permettait pas d’apprécier la quantité de virus introduite dans les tissus. La seringue de Pravaz a permis de doser exactement cette quantité, en étendant la substance virulente avec une proportion bien connue d’un liquide approprié.

Davaine prenait part au débat par ses communications nombreuses Sur la nature des maladies charbonneuses [18]Rapport sur des recherches de Raimbert, relatives à la constitution et au diagnostic de la pustule maligne. — Reproduction expérimentale de la pustule maligne chez les animaux [19]. La Société de biologie avait la primeur d’Expériences ayant pour but de prouver que les bactéridies constituent seules le virus charbonneux [20].

Davaine mêlait du sang charbonneux avec une grande quantité d’eau placée dans une longue éprouvette. Après un repos suffisant, il observait au fond de l’éprouvette un dépôt de bactéridies. Prenant alors, avec une pipette, de ce liquide à des hauteurs différentes et l’inoculant à des cobayes, il constatait que les couches inférieures seules, où se trouvent les bactéridies, étaient aussi les seules qui donnaient le charbon. M. Pasteur contrôlait ce résultat en filtrant le sang charbonneux sur du, plâtre, ou bien en éliminant par des cultures successives tous les éléments du sang virulent autres que les bactéridies.

Les Expériences relatives à la durée de l’incubation des maladies charbonneuses et à la quantité de virus nécessaire à la transmission de la maladie [21] avaient montré que pour tuer un cobaye, il suffit d’un millionième de goutte de sang infecté par les bactéridies et que la durée de l’incubation, c’est-à-dire l’intervalle de temps qui existe entre le moment de l’inoculation et celui de l’apparition des phénomènes morbides, est en rapport avec la quantité de virus inoculé.

L’année 1870, l’année terrible, venait d’arriver ; elle ne ralentissait pas l’ardeur de notre collègue. Il lisait à l’Académie de médecine un Rapport sur un travail de Raimbert intitulé Recherches sur la constitution et le diagnostic de l’œdème malin [22] ; il faisait part à la compagnie de ses Études sur la contagion du charbon chez les animaux domestiques. — Sur la genèse et la propagation du charbon [23], où il montrait que la contagion du charbon dans les troupeaux peut avoir lieu par les mouches. Ces insectes puisent le sang charbonneux sur un animal malade et le transportent à un autre. Le suçoir des taons et même celui des mouches ordinaires se charge d’une quantité de virus suffisante et le garde’ assez longtemps pour que, deux ou même trois jours après, il puisse encore communiquer le charbon.

La variole faisait des ravages dans Paris, encombré et allant être investi ; Davaine s’occupa d’Expériences relatives lb un moyen de multiplier le virus vaccinal [24].

Pendant le siège de Paris, Davaine devint médecin d’ambulances ; toute recherche suivie fut suspendue, il n’avait plus à faire de la science expérimentale, mais à soigner malades et blessés. Ne croyez pas que notre collègue fût devenu absolument inactif et que le soir, ou plutôt la nuit, il soit resté sans écrire. Mais, vous allez être surpris, comme je l’ai été moi-même, en apprenant qu’il avait composé, au milieu des calamités publiques, un ouvrage philosophique. Voici ce livre, qu’il m’a donné, et qui est connu d’un petit nombre ; il a pour titre : les Éléments du bonheur [25]. Je connaissais mon ami comme médecin, comme naturaliste, je ne le connaissais pas entièrement.

Davaine a voulu, comme par antithèse, en ces temps malheureux, mettre en lumière des questions trop généralement dédaignées ou ignorées. Il appelle la méditation sur les grands problèmes de la nature, sur les vérités par lesquelles l’homme apprend à se connaître et à se conduire. L’homme, dit-il, veut être heureux et n’est jamais satisfait de son sort. Qu’est-ce donc que le bonheur auquel il aspire et qui le fuit toujours ? On ne le reconnaît trop souvent qu’après l’avoir perdu. Quelles sont les conditions de ce bonheur ? Celles qui ne feront pa, regretter le passé, toutes celles qui assureront notre avenir.

Vous connaissez, messieurs, le tableau des misères humaines tracé par Pline le Naturaliste :« Il est permis de douter si la nature est pour l’homme une bonne mère ou une marâtre impitoyable. Seul parmi les animaux, le jour de sa naissance, elle le jette nu sur la terre nue, le livrant aussitôt aux vagissements et aux pleurs ... Se trainer sur les genoux et sur les mains est chez lui le premier indice de force, le premier bienfait du temps. Quand ce débile quadrupède aura-t-il la marche d’un homme ? Quand en aura-t-il la voix ? Quand sa bouche pourra-t-elle broyer des aliments ? Guidés par leurs instincts, les animaux courent, volent ou nagent ; l’homme ne sait rien sans l’apprendre, ni parler, ni marcher, ni se nourrir ; en un mot, il ne sait rien spontanément que pleurer ; aussi beaucoup ont-ils pensé que le mieux était de ne pas naître ou d’être anéanti au plus tôt. »

« A l’homme, seul entre les animaux, a été donné le deuil, à lui le luxe, il lui l’ambition, à lui l’avarice, à lui le désir immense de vivre, à lui la superstition, à lui le soin de la sépulture et le souci même de ce qui sera après lui ! » Et cependant l’homme prétend au bonheur et le réclame comme un droit. La vérité est qu’aucun ne l’a reçu en partage, il est l’œuvre de chacun.

Davaine a examiné d’une manière élevée l’importance relative des conditions du bonheur qui en sont en quelque sorte les éléments. Et d’abord, de la santé, car la maladie entraîne l’incapacité et la souffrance. Les hommes se sont toujours appliqués à éloigner la douleur, de là l’origine de la médecine.

Le nécessaire qui entretient la vie et la santé est indispensable au bonheur que ne donne pas la satisfaction de besoins factices, venus de l’éducation, des habitudes, des appétits particuliers. Le nécessaire s’acquiert par le travail, qui est le plus noble emploi de nos-faculrés ; c’est par le travail que l’homme est devenu le conquérant du monde physique. Le nécessaire fe conserve par l’économie qui en perpétue les bienfaits à l’égard de l’individu, de la famille et de la société.

La sécurité est la garantie du bonheur. On ne peut être heureux si l’on est dans l’inquiétude pour soi, pour sa famille ou pour son avenir. Qui travaillera, qui formera l’épargne, qui pratiquera les vertus domestiques et sociales, si le fruit du labeur et de l’accomplissement des devoirs peut être ravi d’un instant a l’autre ? L’homme ne peut vivre isolé ; si l’union fait la force ; elle fait aussi la sécurité. L’association des hommes entre eux a donné la civilisation qui repose sur la notion des droits et des devoirs et que couronne la liberté. Un peuple qui veut être libre doit prendre le devoir pour base de ses institutions. Pour avoir le bonheur que nul peut accaparer, mais que chacun pourrait presque toujours posséder ou donner, il faut élever notre esprit au-dessus de l’égoïsme et savoir que dans la lutte pour l’existence, il y a souffrance nécessaire. Finalement, Davaine répond à Pline : « La nature n’est point pour l’homme une marâtre impitoyable. Au jour de sa naissance, jeté nu sur la terre, il est reçu par sa mère qui le protège ; ses vagissements sont un langage qu’il adresse à celle qui-lui adonné le jour... A l’homme seul, entre les animaux, a été donnée la reconnaissance filiale, à lui la noblesse des sentiments, à lui l’enthousiasme, à lui la générosité, à lui la science, à lui le respect des aïeux et l’espérance de la vie future ! »

Je ne vous ai donné qu’une pâle esquisse des pensées fortes, des expressions justes, des sentiments délicats renfermés dans ce petit livre. Celui qui s’exprimait si bien devait plaire par sa bonté, sa droiture, le charme de ses relations. J’ai eu sous les yeux la correspondance de Davaine et j’en détache quelques fragments pour vous montrer ce que lui écrivaient Rayer, Claude Bernard et Pasteur.

Mon cher Davaine, nous avons des floriceps très curieux ; les dessinateurs sont en campagne. Si vous avez des yeux, du temps et un crayon, venez.

A vous, RAYER.

Mon cher ami, il me hâte de vous serrer la main et de vous embrasser pour vous remercier de la bonne affection que vous avez pour moi et que je vous rends bien, je vous assure.

Tout à vous, RAYER.


Mon cher ami, j’ai reçu vos Éléments du bonheur, je vous en remercie et je suis content de voir que vous possédez votre sujet, c’est-à-dire que vous êtes heureux ; je voudrais pouvoir en dire autant. Mes amitiés à vous et aux vôtres.

CLAUDE BERNARD.

Saint-Julien, 18 octobre 1871.


Mon cher collègue, si je ne partais pas demain pour la campagne et si ce départ ne m’avait beaucoup occupé cette semaine, j’aurais été vous voir et causer de nos communes études L’occasion s’en représentera. En attendant, je me félicite d’avoir été si souvent le continuateur de vos savantes recherches. Tout à vous de sincère amitié.

L. PASTEUR.

Paris, le 23 juillet 1879.

Le siège de Paris terminé, chacun s’empressa de réparer les pertes subies. Davaine, qui possédait une petite propriété sur les hauteurs de Garches, près de la Celle-Saint-Cloud, la trouvait bouleversée par l’ennemi. Le terrain disposé en pente renfermait de grands arbres ; les principaux avaient été abattus sur le point culminant pour établir une batterie prussienne, car de là on apercevait Paris ’et même plus au loin, les collines de l’Ouest. Davaine, ne pouvant remplacer les beaux arbres, fit bâtir sa maison sur l’emplacement de la batterie ; puis, dans un endroit bien exposé, il planta une grande quantité de rosiers qui prospérèrent d’une manière remarquable.

Davaine s’échappait de Paris pour aller à Garches, y restant le plus possible, occupé de physiologie végétale, insensible à un soleil trop ardent ou à une pluie pénétrante. Il avait la passion des rosiers et de leurs fleurs, dont il avait réuni plusieurs centaines de variétés. Il les dirigeait lui-même, parce que les jardiniers les plus renommés, les taillaient, disait-il, d’une manière trop uniforme, sans se rendre un compte suffisant de leur végétation différente. Davaine arriva finalement à un résultat si complet que plusieurs jardiniers, d’abord incrédules, lui avouèrent n’avoir vu que rarement dans les expositions horticoles des fleurs pareilles aux siennes et jamais de plus belles. Et lorsqu’on demandait à Davaine comment il s’y était pris pour faire mieux que les spécialistes émérites, il répondait avec son fin sourire : j’ai observé.

C’est à Garches que Davaine expérimentait sur les plantes. A Paris, il avait des lapins et des cobayes placés dans des caisses sous le vestibule de l’hôtel d’un excellent ami, M. Adolphe d’Eichthal. Que de fois nous avons regretté ensemble un laboratoire bien outillé, bien pourvu !

Davaine avait repris ses travaux de prédilection. Ayant reconnu que le sang charbonneux ne perd pas son pouvoir virulent lorsqu’il est étendu dans une grande quantité d’eau , il étudia les propriétés des bactéridies placées dans des liquides qui ne peuvent plus être troublés, ni par la chaleur, ni par les acides [26]. D’autre part, il cherchait à déterminer quelle est la quantité d’une substance antiseptique suffisante pour détruire le virus charbonneux dans un espace donné [27]. L’ammoniaque est l’antiseptique reconnu le plus faible, et l’iode, au contraire, le plus fort. Il applique ces données au traitement des maladies charbonneuses [28]. Il rapporte un grand nombre de faits de pustules malignes guéries par les injections sous-cutanées d’une solution d’iode, et plusieurs cas d’œdème malin des paupières guéris de même, quoique cette dernière maladie soit réputée toujours mortelle.

Davaine croyait fermement à la bactéridie charbonneuse et à des bactéries diverses, comme agents virulents. Il avait si souvent observé que le sang charbonneux n’est actif que s’il renferme la bactéridie ! En 1869, il avait déjà examiné à ce sujet le sang de plus de six cents animaux. Mais comment ces bactéries agissent-elles ? Est-ce en se recouvrant, en se vernissant pour ainsi dire, d’une humeur putride, comme le ferait tout autre parcelle organique, et comme l’a si bien établi notre collègue, le professeur Charles Robin, dans un travail Sur les états de virulence et de plttr1’dilé de la matière organisée, publié dans nos mémoires de l’année 1863 ? (Mémoires, 3e série, t. V, p. 95.)

A mes questions pressantes sur ce sujet, Davaine répondait toujours en attribuant aux bactéries un rôle prépondérant, soit en s’emparant de.l’oxygène ou d’un autre corps du milieu où elles vivent, soit en sécrétant, en produisant une substance particulière nuisible. Il me rappelait ce que j’avais vu moi-même au sujet des galles végétales causées par des mycéliums ou par des larves d’insectes et dont la forme peut se modi6er, quand le producteur est tué par un parasite. (Mémoires, 4e série, t. V, p. 217,1869.) Les bactéries connues et à découvrir lui paraissaient déterminer, par leur pénétration et leur multiplication chez les animaux et les plantes, des maladies spéciales.

Depuis longtemps, Davaine s’attachait à éclaircir la difficile question de la septicémie, à l’aide des septicémies expérimentales. Déjà, dans ses éludes de pathologie comparée, il avait fait l’examen anatomique et microscopique de bestiaux et d’un auroch morts du typhus contagieux : Recherches sur le typhus contagieux des bêtes à cornes [29]. Dans les Remarques relatives aux recherches de IV. Sansa » Sltr les maladies charbonneuses [30], il établissait que si le sang charbonneux frais, inoculé à certains animaux, leur communique constamment le charbon, ce même sang, conservé, perd plus ou moins rapidement la faculté de transmettre la maladie. Cette différence tient à la putréfaction, qui détruit le virus charbonneux. Mais, en inoculant le sang charbonneux putréfié, on détermine souvent une maladie rapide, virulente, très analogue au charbon, quoique réellement différente, car elle ne s’accompagne jamais de bactéridies. Les expérimentateurs, ne connaissant point les effets du sang putréfié, ont souvent obtenu dans leurs expériences la septicémie putride au lieu du charbon. Ai-je besoin de vous rappeler les résultats anciens de Leplat et de Jaillard, et ceux plus récents des expérimentateurs de Turin [31] ? Il montre l’augmentation de la virulence des matières putrides après qu’elles ont été injectées à un animal vivant. Cette augmentation vraiment extraordinaire de la virulence ne tient point à quelque condition de l’organisme animal, car du sang normal, frais, étant placé dans une étuve, à la température du corps des mammifères, acquiert, dans l’espace de quatorze à vingt-quatre heures, une septicité égale à celle du sang septicémique. La virulence du sang putréfié et celle du sang septicémique n’augmentent pas par une putréfaction plus grande ou plus longtemps prolongée. Elles s’atténuent, au contraire, et finissent même par disparaitre complètement après plusieurs mois.

La septicémie n’est autre chose, dit Davaine, qu’une putréfaction qui s’accomplit dans l’organisme d’un animal vivant ; son virus est une des bactéries qui se développent dans les substances qui se putréfient à l’air libre.

L’empoisonnement par la saumure ayant été discuté à l’Académie de médecine, Davaine, prenant part au débat, reconnaît que les accidents survenant chez des animaux à la suite de l’ingestion de saumure dans leur estomac étaient dus au virus septique renfermé dans cette saumure [32] .

Enfin dans un dernier travail [33], Davaine prouve que la température atmosphérique ayant une influence certaine sur le développement de la septicémie, il faut de moindres doses de virus, par une température élevée, pour produire la maladie chez le cobaye, et de plus grandes dans le cas contraire. Dans les fortes chaleurs de l’été, la septicémie devient contagieuse chez les lapins par le simple fait de la cohabitation,.ce qui n’arrive jamais dans la saison froide. Les animaux qui semblent réfractaires à la septicémie peuvent prendre celte maladie dans des conditions particulières ; le renard ne la contracte ni par l’ingestion dans le tube digestif de substances septiques, ni par des injections sous-cutanées ; il la prend par l’introduction du virus dans le péritoine.

Nous trouvons ici toute la pensée de Davaine. Les connaissances acquises sur la septicémie peuvent, affirme-t-il, donner des conceptions nouvelles sur la formation de certaines maladies épidémiques et contagieuses. Le virus de la septicémie, l’un des ferments de la putréfaction, existe en dehors de l’économie animale, à la surface du sol ou dans les matières qui se putréfient. Dans certaines conditions, une température élevée par exemple, il prend une activité plus grande, et, s’il pénètre à l’intérieur d’un organisme animal apte à le recevoir, il s’y propage rapidement et le détruit.

On peut concevoir, de même, que le virus du typhus contagieux des bêtes à cornes, celui de la peste, celui de la fièvre jaune, se reproduisant dans certains terrains particuliers à la surface du sol, trouvent parfois, par l’effet de la saison, du climat, de l’humidité, des conditions qui lui donnent une grande activité et le propagent chez les animaux ou chez l’homme. Ainsi, conclut Davaine, pourraient apparaître dans certains climats les grandes épidémies de ces maladies.

L’Académie des sciences décernait à Davaine, en 1879, le prix de physiologie fondé par Lacaze, et le professeur Charles Robin, rapporteur, faisait ressortir le mérite de l’ensemble des travaux couronnés. Toutes les recherches, même de date ancienne, et « sources de tant d’autres sur la septicémie et les m ladies charbonneuses, partent. d’observations et d’expériences physiologiques conduites avec une méthode qui ne laisse guère place à la critique ; elles rappellent celles de son maître et ami, le toujours regretté Claude Bernard ». Pendant cette même année 1.879, la Société nationale d’agriculture de France donnait à Davaine, sur le rapport du professeur Henri Bouley, le prix fondé par M. de Béhague.

Depuis peu de temps seulement, je connais, grâce à M. l’inspecteur général Gavarret, l’opinion émise par un maitre éminent sur Davaine, et je tiens à vous la dire. Un mardi matin, à l’hôpital de la Charité, Andral s’exprimait à peu près en ces termes : « J’ai entendu hier, à l’Académie, une communication qui m’a frappé. L’auteur, un des élèves de Rayer, est aux prises avec une grosse question. li ouvre une voie au bout de laquelle seront des applications importantes pour la pathologie comparée et peut-être humaine ; il éclaire singulièrement l’étiologie des maladies charbonneuses. Je pense à refaire, sur les sujets traités par Davaine, mon éducation médicale. Il Après un moment de silence, Andral ajouta : « Les bactéries amèneront un jour Davaine à l’Institut. »

Messieurs, la prédiction d’Andral a été près de se réaliser.

Un de nos membres, le professeur Gosselin, avait fait ressortir le mérite de Davaine, du savant qui a fait faire des progrès à la médecine, en utilisant pour l’étude des maladies et de leur traitement les connaissances qu’il avait acquises en anatomie et en zoologie, de celui qui était arrivé à une découverte qui a illustré son nom. Il caractérisait bien ce travailleur si modeste, qui n’a recherché ni les places ni les distinctions, mais qui a consacré sa vie à des travaux scientifiques, n’ambitionnant d’autre honneur que celui de bien faire et d’être utile. Quelques voix seulement ont manqué à Davaine pour qu’arrivant à l’Institut, il occupât le siège de Bouillaud. Mais il avait marqué sa place, et son heureux compétiteur, notre président, car la lu Ile se passait entre membres de la Société de biologie, ne nous a ’pas laissé de doutes sur un résultat favorable, définitif. Vous vous rappelez en quels termes dignes et affectueux le professeur Paul Bert s’est exprimé sur Davaine, quelque temps après la lutte, en faisant part à la Société de la perte qu’elle venait d’éprouver. Il aurait certainement aidé le vaincu de la veille pour en faire le vainqueur du lendemain.

La santé de Davaine, très bonne jusqu’alors, avait été atteinte tout à coup et profondément. Un néoplasme abdominal s’était manifesté. Davaine supporta son mal avec un calme stoïque ; il consolait sa femme et les siens, s’abandonnant parfois aux effusions d’une tendresse ordinairement contenue, et qui rendaient la séparation encore plus cruelle. Il succomba le 14 octobre 1882, à Garches, dans les bras de son fils et de son neveu.

Davaine était de taille moyenne, maigre, avec le visage allongé, encadré d’un collier de barbe et de longs cheveux bruns ; les mains longues et adroites. Le teint était coloré, le front haut, le nez droit. La bouche, fine et prête à sourire, surmontait un menton proéminent, signe de fermeté. Ses yeux bous regardaient fixement et franchement. Tel je l’avais connu à la Charité, dans le service de Rayer, tel il était resté toujours, très soigneux de sa personne, simple et distingué ; ses cheveux seulement avaient un peu blanchi.

Arrivé à la fin de ma tâche, je suis sûr, messieurs, que vous avez partagé mon émotion, quand j’ai essayé de rendre un hommage mérité à la mémoire de Davaine. J’ai beaucoup appris de lui et je m’estime heureux d’avoir pu lui servir d’aide pour plusieurs de ses expériences. Je sais d’ailleurs que, dans notre Société de biologie, le nom de Davaine sera toujours accueilli par le regret affectionné des anciens, le respect des nouveaux et, dans le monde savant, par la sympathie universelle.

A. Laboulbène


[1Thèses de Paris, n° 428,13 décembre 1837.

[2Archives de médecine comparée, de Rayer, p. 243, pl. IX, 1843.

[3Traité complet de l’anatomie de l’homme, t, VIII, pl. x bis, 23 figures, 1844.

[4-* Sur l’os thyro-hyoïdien des batraciens anoures (Comptes rend., p. 150).

  • Sur la mutabilité de la coloration des rainettes (Ibid., p. 153).
  • Sur un cerveau formant une tumeur à l’extérieur du crâne, avec atrophie d’un côté de la face (hyper-encéphalie), chez un embryon de poulet (p. 123).
  • Sur un cas de rhinocéphalie chez un lapin (p. 167 et pl. IV, fig. 5, 6, 7).
  • Observation de cyclocéphalie chez un fœtus de cochon (en commun avec Chaussat, p. 198 et pl. IV, fig. 1-4).
  • Absence de la plupart des vertèbres caudales chez le chien (p. 123).
  • Sur un cas de scissure de la voûte palatine et de la lèvre supérieure (gueule de loup) avec déformation du cerveau chez un fœtus humain (p. 124).
  • Observations pour servir à l’histoire de quelques monstruosités de la face (en commun avec Charles Robin, Mémoires, p. 43 et pl. III).
  • Cas d’atrophie partielle de la moelle épinière, au niveau de son renflement lombaire coïncidant avec une atrophie des racines antérieures correspondantes et avec une paralysie du mouvement volontaire dans les membres postérieurs, observé chez un jeune agneau (Compt. Rend., p. 120).
  • Cas d’hydronéphrose observé chez le chien (p. 119).
  • Œufs doubles de paludine vivipare (p. 88).
  • Recherches sur la génération de l’huitre (Ostrea edulis) (en commun avec Chaussat, p. 98).

[5-*Deux cas de fusion des dents, l’un d’une incisive surnuméraire avec une incisive normale chez un enfant, l’autre de deux molaires chez un adulte, avec des remarques sur ce vice de conformation (t II, p. 16).

  • De l’absence congénitale du radius chez l’homme (t. II, p. 39).
  • Quelques remarques sur la cyclopie (t. II, p. 57).
  • Remarques sur un fœtus anencéphale (t, II, p. 108).
  • Description dl ! squelette d’un poulet double monocéphalien (t, II, p. 13).
  • Duplicité de la face chez les oiseaux (t, II, Mémoires, p. 97).
  • Cas de compression de la portion thoracique de l’œsophage par une masse tuberculeuse développée dans les ganglions du médiastin postérieur, ayant occasionné la mort chez un sajou ordinaire (Simia capucina) (t. II, Comptes rend., p. 90).
  • Note sur une tumeur indéterminée des os maxillaires du bœuf (t. II, p. 119).
  • Sur la nature et les fonctions de l’organe palatin des cyprins (t, II, p. 181).
  • Recherches sur les globules blancs du sang (t, II, Mémoires, p. 103).
  • Sur des larves rendues par les selles (t, III, p. 112 et pl. 1).
  • Larves rendues avec les selles par un homme âgé de trente-neuf ans (t. IV, p. 96).
  • Cas de cysticerque du tissu cellulaire intermusculaire observé chez l’homme (en commun avec Follin, t. IV, p. 19).
  • Recherches sur la génération des huitres (t, IV, Mémoires, p. 297 et pl. I et II).

[6Je dois indiquer plusieurs travaux se rattachant pins spécialement à la pathologie humaine :

  • Examen d’une main et de la moitié inférieure de l’avant-bras affectés d’éléphantiasis des Arabes (en commun avec Rayer, t, II, Mémoires, p. (7). -* Note sur des kystes séreux du foie formés par la dilatation des conduits biliaires ou des cryptes de ces conduits (t. IV, p. 54).
  • Sur des granulations graisseuses du rein (t, III, p. 151).
  • Description d’un kyste pileux de l’ovaire droit (en commun avec Schnepp, t. IV. p. 36).
  • Note sur un kyste pileux de l’ovaire (t, IV, p. 127).
  • Examen microscopique de deux cataractes lenticulaires (t. IV, p. 163).
  • Mémoire sur la paralysie générale ou partielle des deux nerfs de la septième paire (t. IV, Mémoires, p. 137).

[7-* Un cas de gangrène de l’amygdale dans la scarlatine (2e série, t, II, p. 49, 1855).

  • Remarques sur les corpuscules du sang de la lamproie et sur ceux des animaux en général (2° série, t. II, p. 54, 1855).
  • Description de deux productions polypiformes du col de l’utérus, constituées par une simple extension des éléments de cet organe (en commun avec Laboulbene, 2° série, t, II, p. 142, 1855).
  • Mémoire sur les anomalies de l’œuf (3e série, t. II, p. 183, avec deux planches, 1860).

[8Je mentionne les recherches suivantes :

  • Sur l’anatomie d’un mermis (Annales de la Société entomologique de France, 2e série, Bulletin, t. IX, p. CXIII, 1855).
  • Examen d’une concrétion sanguine extraite de la veine saphène et regardée comme un hématozoaire (Comptes rend., t. IV, p. 127, 1852).
  • Recherches sur les vers des vaisseaux pulmonaires et des bronches chez le marsouin (Compt. r . 2e série, t. le., p. 117, pl. n, 1854).
  • Sur des animalcules infusoires trouvés dans les selles de malades atteints du choléra et d’autres affections (Compt, rend., 2e série, t, 1er , p. 129,1854).
  • Sur des urcéolaires parasites dans la vessie urinaire des tritons (Compt. rend. 2e série, t. 1er, p. 170, pl. 1, D, 1854).
  • Note sur une tumeur singulière contenant une quantité prodigieuse d’œufs d’helminthe, observée sur un poisson nommé Aigle-Bar (2° série, t. le., p. 141, pl. I, c, 1854).
  • Recherches sur les hydatides, les échinocoques et le cœnure et sur leur développement (Mémoires, 2° série, t, II, p. 157, 1R55)
  • Kyste hydatique du foie ayant subi une transformation athéromateuse chez l’homme (Compt. rend., t. IV, p. 6, 1852).
  • Note sur un cas de kystes hydatiques multiples (en commun avec Charcot, Mémoires, 2° serie, t, IV, p. 103, 1857).
  • De l’action du cœnure sur le cerveau, tournis (Mémoires, 2e série, t. IV, p. 117, 1857).
  • Sur le diagnostic de la présence des vers dans l’intestin par l’inspection microscopique des matières expulsées (Compt. rend., 2° série, t, IV, p. 188, 1857),
  • Recherches sur le développement de l’œuf du trichocéphale de l’homme et de l’ascaride lombricoïde (Compt. rend., 2e série, t, V, p. 105, 1858, et Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, t, XLVI, p. 1217, 1858).

[9Voici les suites du Traité des entozoaires :

  • Recherches sur le frémissement hydatique (Mémoires, 3e série, t. III, p. 189, 1861).
  • Hydatides développées dans le poumon et suivies de guérison (Comptes rend., 3e série, t. III, p. 271, 1861).
  • Hydatides du cerveau et du cœur (en commun avec Charcot, Compt. rend. ; 3e série, t. III, p. 273, 1861).
  • Nouvelles recherches sur le développement et la propagation de l’ascaride lombricoïde et du trichocéphale de l’homme (Mémoires, 3e série, t. IV, p. 261, 1862).
  • Sur la constitution de l’œuf de certains entozoaires et sur la propriété de se développer à sec (Mémoires, 3e série, t, IV, p. 273, 1862).
  • Sur un mode de dissémination des œufs chez les entozoaires des voies respiratoires (Mémoires, 3e serie, t. IV, p. 267, 1862).
  • Faits et considérations sur la trichine (Mémoires, 3e série, t IV, p, 117, 1862, et Revue des Deux Mondes 1er mai 1866) et encore Les trichines et la trichinose (Bulletin de l’Académie de médecine, 2e série, t. X, p. 249, 1881).
  • Sur une ligule (Ugula minuta Davaine) de la truite du lac de Genève (Compt. rend., 4e série, t, 1er, p. 87, 1864).
  • Rapport sur deux mémoires de P. Mégnin relatifs à des parasites du chat et du cheval (Bulletin de l’Académie de médecine, t. XXXV, p. 55, 1870).
  • Examen d’un tœnia nouveau de l’homme recueilli à Mayotte (Comores) (Archives de médecine navale, t. XIII, p. 137, avec planche, 1870).
  • Plusieurs articles de Davaine dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales sont d’un grand intérêt : Cestoïdes, Cystiques, Cysticerques, Lombrics, Monadiens, Parasites (posthume), et encore d’autres, tels que Bactérie, Bactéridie.

[10Les Recherches physiologiques sur la maladie du blé connue sous le nom de nielle et sur les helminthes qui occasionnent cette maladie ont d’abord été communiquées à l’Académie des sciences (Compt. rend. des sciences, t. XLI, 1855), ainsi que de nouvelles Recherches expérimentales sur la vitalité des anguillules du blé niellé d l’état de larve et d l’état adulte (Compt. rend., t, XLIII, 1856). Le beau mémoire intitulé : Recherches sur l’anguillule du blé niellé considéré au point de vue de l’histoire naturelle et de l’agriculture a paru dans nos Mémoires, t, III, 2e série, p. 201, avec trois planches, en 1856 ; il a obtenu le prix de physiologie expérimentale de l’Institut et la médaille d’or d’Olivier de Serres.

[11Comptes rendus, 4e série, t, Ier, p. 88, 1864, et Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. LXI, p. 259, 1865.

[12Nos Comptes rendus contiennent :

  • Note sur un cas de pied-bot coïncidant avec un spina-bifida chez un veau (p. 186, 1862).
  • Membrane muqueuse utérine semblable à une caduque expulsée pendant la menstruation (p. 161, 1865).
  • Atrophie congénitale de l’ovaire chez une poule ; principe du balancement des organes (p. 156, 1865).
  • Maladie des ovaires avec ascite chez la dorade de la Chine (Cyprinus auratus) (p. 186, 1865).
  • Articles MONSTRES, MONSTRUOSITÉ, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

Je signale en pathologie végétale :

  • Une conferve parasite sur le Cyprinus carpio (Compt. rend., t. III, p. 82, 1851).
  • Sur une maladie de la balsamine des jardins (Impatiens balsamina (Compt. rend .. 2e série, t, IV. p. 131, 1857).
  • Sur une nouvelle espèce de sarcine commune chez la poule.
  • Sur la coloration vineuse d’une infusion par le développement de monades rouges.

Ces dernières publications, faites à la Société en 1863, n’ont pas été publiées, à ma connaissance.

[13Vous trouverez dans nos Comptes rendus et Mémoires la relation de cette découverte : Recherches sur les infusoires du sang dans la maladie connue sous le nom de sang de rate (Compt. rend., 3e série, t, V, p. 149, 1863, et Mémoires, p. 193, et aussi dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. LVII, p. 220, 351, 386, 1863). Davaine, avec son esprit droit, ne voulait pas sans preuves trop attribuer au vibrionien du sang de rate. Il multipliait les expériences, puis il faisait connaitre de Nouvelles recherches sur la nature de la maladie charbonneuse comme sous le nom de sang de rate (Comptes rend. de l’Acad. des sciences, t. LIX, p. 393, 1864). Avec Raimbert (de Châteaudun) ; il communiquait une Note sur la présence des bactéridies dans la pustule maligne chez l’homme (Compt. rend. de l’Acad. des sciences, t. LIX, p. 420, 1864). Il venait insister devant la Société Sur l’existence et la recherche des bactéridies dans la pustule maligne (Compt. rend., 4e série, t. JIer, p. 03, 1864).

[14-* Des recherches sur la nature et la constitution de la pustule maligne (Compt. rend. de l’Acad. des sciences, t, LX, p. 1296, 1865).

  • Examen du sang et des organes d’un homme mort d’œdème malin ou charbonneux des paupières (Archives de médecine, 6e série, t. VI, p. 407, 1865).
  • Sur la présence constante des bactéridies dans les animaux affectés de la maladie charbonneuse.
  • Recherches sur une maladie septique de la vache regardée comme de nature charbonneuse.
  • Note en réponse d’une communication de Leplat et Jaillard sur la maladie charbonneuse (Compt. rend., 4e série, t. JI, p. 152, 1865, et Compt. rend. de l’Acad. des sciences, t, LIX, p. 338, et t, LX, p. H34, et t. LXI, p. 334, 368,523, 1865).

[15Recherches sur les vibrioniens (Compt. ,·clld., t, LIX, p. 629, 1864)

[16Recherches sur la pourriture des fruits (Compt. rend. de l’Acad. des sciences, t. LXIII, p. 216). - Recherches sur la pourriture des fruits et des autres parties des végétaux vivants (Compt. r., t, LXIIJ, p 314, 1866).

[17Compt. rend. de l’Acad. des sciences, t. LXVI, p. 499, 1868.

[18Archives générales de médecine, 6e série, t. II, p. 253, 1868.

[19Bulletin de l’Académie de médecine, t. XXXIII, p. 703,721,1868.

[20Comptes rendus, 5e série, t. Ier, p. 88, 27 février 1869

[21Bullettin de l’Académie de médecine, t. XXXIII, p. 816, 1868

[22Bulletin de l’Acad. de médecine, t, XXXV, p. 50, 1870.

[23Bulletin de l’Acad. de médecine, t. XXXV, p. 215 et 471, 1870.

[24Bulletin de l’Acad. de médecine, t. XXXV, p. 743, 1870.

[25In-12, 143 pages ; Paris, Grassart, 1871.

[26Recherches relatives à l’action de la chaleur sur le virus charbonneux (Compt. rend. de l’Acad. des sciences, t. LXVII, p. 726, 1873).

[27Recherches relatives à l’action des substances dites antiseptiques sur le virus charbonneux (Compt. rend. de ïAcaâ. des sc., t, LXVII, p. 821, 1873).

[28Rapport sur un mémoire de M. Raimbert, intitulé : Du traitement du charbon chez l’homme par l’injection sous-cutanée de liquides anti-virulents (Bull. de l’Acad. de médecine, 2e série, t, IV, 1875) ; dans ses Recherches sur le traitement des maladies charbonneuses chez l’homme (Bull. de l’Acad. de médecine, 2e série, t. IX, .p. 757, 1880).

[29Mémoire lu à la Société de Biologie, en 1866, et resté inédit.

[30Compt, rend. de l’Acad. des sciences, t, LXVIII, p. 271,1869.

[31Dans ses Recherches sur là septicémie et sur les caractères qui

la distinguent de la maladie charbonneuse (Compt. rend. de l’Acad. des sciences, t, LXVIII, p. 193, 1869), on trouve nettement tracés tous les caractères qui séparent d’une manière certaine le charbon de la septicémie.

Avec une activité infatigable, Davaine publia ses Recherches sur quelques questions relatives à la septicémie (Bulletin de l’Acad, de médecine, e’ série, t, 1er, p. 907, 1872). - Suite des recherches sur quelques questions relatives à la septicémie (Ibid., t. Ier, p. 976, 1872). - Cas de mort d’une vache par septicémie (Ibid., t.. 1er, p. 1058, 1872).- Rapport sur un mémoire de M. Onimus, relatif à l’influence qu’exercent les organismes inférieurs développés pendant la putréfaction sur l’empoisonnement putride des animaux (lbid., t, II, p. 464, 1X13). - Observations sur la septicémie chez l’homme (Ibid., t, II, p. 124, 1873). - Suites des recherches sur quelques questions relatives à la septicémie (lbid., t. II, p. 487 et 1272, 1873).

[32Recherches sur la nature de l’empoisonnement par la saumure (Bull. de l’Acad. de médecine, 2e série, t. Ier, p. ·105t, 1872).

[33Recherches sur quelques-unes des conditions qui favorisent ou qui empêchent le développement de la septicémie (Bult. de l’Acad. de médecine, s- série, t. VIII, p. 121,1879).

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