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Paul-Auguste- Ernest Laugier (1812 — 1872)

G. Rayet, La Revue Scientifique — 13 Avril 1872

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 25 janvier 2015

Laugier (Paul-Auguste-Ernest), né à Paris le 22 décembre 1812, membre de l’Académie des sciences depuis le 2 juin 1843, membre adjoint du bureau des longitudes depuis le 25 mai 1844, membre titulaire depuis 1862, examinateur de classement et de sortie il l’École navale de Brest, est mort à Paris le 5 avril 1872, enlevé en quelques jours par une attaque de goutte. Sa mort est un deuil véritable pour I’Académie qui l’avait autrefois élu son président et pour tous ses collègues dont il était aimé par la modération de son esprit et ses manières bienveillantes ; il laisse après lui la réputation d’un savant. distingué et surtout d’un honnête homme.

Ernest Laugier était fils d’André Laugier, chimiste distingué des premières années de notre siècle. Sorti de l’École polytechnique en 1834, il passa à l’Observatoire comme élève astronome. Là, sous la direction d’Arago et avec les conseils de A. Bouvard et de M. Mathieu, dont il fut plus tard (1843) le neveu, il devint en peu de temps un astronome praticien habile. Quoique employé, dit Arago, il des travaux quotidiens pénibles et assujettissants il trouva le moyen d’entreprendre des recherches personnelles sur les taches du soleil et en particulier sur leurs mouvements il la surface de l’astre. Son mémoire sur les taches du soleil présenté à l’Académie des sciences en 1841 est demeuré inédit, et nous ne le connaissons que par .un court rapport inséré dans les comptes rendus de 1843. Dans ce travail, Laugier a établi par des observations et des calculs il l’abri de toute objection que les taches solaires éprouvent chacune un déplacement particulier outre le mouvement général qui les entraîne autour de l’astre ; de là résulte par exemple, que deux taches ne demeurent pas à une distance constante l’une de l’autre (leur déplacement relatif peut s’élever à 111 mètres par seconde) et que les temps de la rotation réelle du soleil dé terminés par l’observation de diverses taches sont dissemblables. Ce mouvement propre des taches a été depuis vérifié et étudié en détail par Carrington, mais nous ne devons pas oublier qu’il a été signalé pour la première fois par Laugier.

Quoique occupé il des recherches physiques sur le soleil, le jeune astronome ne négligeait pas de s’initier à la théorie et à la pratique délicate du calcul des orbites planétaires ou cométaires. Aussi, lorsque le 8 octobre 1842 il découvrit dans la constellation du Dragon une comète télescopique, il put en quelques jours fournir les éléments de son orbite. La découverte et le calcul rie cette comète valurent en 1843 à Laugier la médaille d’or de la fondation Lalande.

La comète d’octobre 1842 n’est pas la seule dont Laugier se soit occupé ; nous trouvons en effet de lui, dans les comptes rendus de l’Académie des sciences, diverses notes : sur l’orbite) de la comète de Halley lors de son apparition de 1835 (Comptes rendus de 1843) ; sur la comète découverte à Marseille par Gambart (C. R., 1846) ; sur les anciennes apparitions de la comète de Halley et notamment sur celle observée en 1378 par les astronomes chinois (Comptes rendus de 1846).

Dans un ordre d’idées tout à fait différent, Laugier s’est occupé, à la sollicitation de de Humboldt, de la construction des horloges astronomiques. Le système régulateur de ces horloges ose compose, on le sait, d’un lourd balancier de longueur invariable dont le mouvement d’oscillation est entretenu par une série de roues d’engrenages et d’échappements et un poids moteur. Le balancier est supporté, soit par un couteau soit par un ressort flexible d’acier. Si le système moteur agissait avec une force constante sur le balancier ce dernier aurait une amplitude d’oscillation constante et ses oscillations seraient rigoureusernent isochrones. Il n’en est point malheureusement ainsi ; l’action du moteur est variable, l’amplitude change et la durée des mouvements du pendule augmente ou diminue suivant que les oscillations croissent ou décroissent. Avec un balancier suspendu par un couteau il n’y a aucun moyen de remédier à ces variations, on peut au contraire suivant le travail de MM. Laugier et Winnerl, y parvenir en employant un ressort de longueur et d’élasticité convenable. On l’oit tout de suite tout l’intérêt qui s’attache à ce travail qui a permis d’atteindre un degré d’exactitude de plus dans la construction des pendules astronomiques. Le mémoire de Laugier sur le ressort des pendules se trouve dans les comptes rendus de 1846.

Parmi les travaux d’astronomie pure entrepris par Laugier citons une note sur le mouvement propre de trois amas d’étoiles autrefois observés par Messier (Comptes rendus de 1847).

En 1852, après la mort d’Arago, Laugier quitta l’Observatoire à la suite de M. Mathieu et de la famille Arago. A cette époque ses travaux d’observation se trouvent donc forcément interrompus ; mais, comme il conservait par devers lui nombre d’observations non encore complètement calculées, il a pu dans les années suivantes publier deux mémoires importants.

Le premier (Comptes rendus de 1853) est une détermination fort exacte de la latitude de l’observatoire de Paris à l’aide d’observations d’étoiles circumpolaires faites à l’admirable cercle mural de Gambey. — Suivant M. Laugier, la latitude de l’Observatoire de Paris est de 48°50’11,19’’ résultat assez différent de celui qu’Arago et M. Mathieu avaient déduit de leurs anciennes observations au grand théodolite donné par Laplace à l’Observatoire.

Le second (Comptes rendus de 1843) est un catalogne de cinquante-trois nébuleuses observées pendant les années 1848 et 1849.

Le mémoire sur la latitude de Paris se complète en 1857 par un catalogue de la déclinaison de 140 étoiles fondamentales. Ce catalogue est un des plus estimés.

M. Laugier avait été associé par Arago à nombre de ses recherches de physique du globe, c’est ainsi qu’il a collaboré aux recherches magnétiques et aux recherches photométriques de ce dernier.

En outre, M. Laugier a longtemps fait pour l’Annuaire du bureau des longitudes, des observations de déclinaison et d’inclinaison magnétique, Il calculait chaque année pour la connaissance des temps les éclipses de soleil ou de lune.

G. Rayet, astronome adjoint à l’Observatoire de Paris.

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