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Paul Painlevé

La Nature n°2917 — 15 novembre 1933

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 29 août 2015

En quelques jours, la science française vient de perdre trois de ses plus illustres représentants : Painlevé, Calmette, Roux.

A l’Académie des Sciences, M. Émile Borel a fait de Paul Painlevé l’éloge funèbre que nous reproduisons ici en partie :

La nouvelle de la mort de Paul Painlevé a produit une émotion profonde non seulement dans la France entière, mais parmi toutes les nations civilisées. Il m’est cependant permis de dire qu’elle n’a été nulle part plus vivement ressentie qu’au sein de cette Compagnie à laquelle il appartenait depuis 33 ans et où il n’avait que des admirateurs et des amis. Tous, ici comme ailleurs, étaient séduits par le charme inexprimable qui émanait de sa personne, par l’ardeur communicative avec laquelle il se passionnait pour toutes les nobles causes et toutes les grandes idées. Lorsque le 10 décembre 1900, à peine âgé de 37 ans, il était élu Membre de l’Académie des Sciences, il y arrivait déjà précédé d’une renommée universelle. Ses travaux sur les équations différentielles à points critiques fixes avaient soulevé l’admiration de tous les mathématiciens. Pour la première fois depuis la découverte mémorable des fonctions elliptiques, un géomètre avait su créer des fonctions entièrement nouvelles définies par des équations différentielles très simples. Ces équations différentielles de Painlevé constituaient, depuis la fondation du calcul intégral, le premier exemple connu d’équations qui se trouvent intégrées à l’aide de la théorie des fonctions sans être réductibles à aucune combinaison d’équations linéaires ou de quadratures.

A côté de cette découverte d’un éclat exceptionnel qui était le couronnement de 15 ans de travaux sur les singularités des fonctions analytiques, d’autres recherches de Painlevé, qui auraient suffi à assurer la renommée de beaucoup d’autres, passaient relativement inaperçues. Il faut néanmoins mentionner à part ses travaux sur le frottement, car ils marquent l’orientation de son esprit, d’abord consacré à des recherches purement abstraites, vers des problèmes concrets. Cette orientation s’accentua encore lorsqu’il fut chargé de l’enseignement de la Mécanique à l’École Polytechnique et à la Faculté des Sciences de Paris. Il concevait la Mécanique comme une science véritablement universelle qui exige de ceux qui la cultivent à la fois la connaissance approfondie des méthodes les plus modernes de l’analyse et la science la plus avertie du monde physique.

« Il se trouva ainsi mieux préparé que tout autre à devenir le grand théoricien de l’aviation. Dès les débuts du vol mécanique, il s’y intéressa passionnément d’une manière à la foi pratique et théorique. Il n’était pas de ces théoriciens auxquels on peut reprocher de méconnaître les réalités. Par son enseignement, par ses livres, par ses articles, par ses discours, par son action multiple et féconde, par sa foi en l’avenir de l’aviation, il apporta une contribution exceptionnelle à ses progrès et c’est à lui plus qu’à tout autre que la France doit la place qu’elle occupe en ce domaine parmi les autres nations.

« Je n’ai pas à parler ici de l’activité politique de Paul Painlevé. C’est cependant un devoir de mentionner qu’il créa pendant la guerre, au ministère de l’Instruction publique, le service des Inventions intéressant la défense nationale auquel ont collaboré beaucoup de nos confrères et qui est devenu l’Office des inventions dirigé par notre confrère L.-L. Breton. C’est là un exemple frappant des services rendus par le souci constant de Painlevé de ne jamais séparer les théories des applications, mais de les vivifier les unes par les autres. Vous m’en voudriez également de ne pas mentionner la part qu’il prit à la préparation de la victoire comme Ministre de la Guerre et comme Président du Conseil, et les services qu’il a rendus plus tard à la Science et à. la Pa tric comme Ministre de la Guerre et comme Ministre de l’Air ».

* * *

Une heure seulement après la mort de Painlevé, Albert Calmette disparaissait.

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