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J. Lister

Dr Henri Hartmann, la Revue Générale des Sciences Pures et Appliquées — 15 mars 1912

mardi 29 mars 2011, par gloubik

Parmi les chirurgiens du siècle dernier, Lord Lister, qui vient de mourir à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, est certainement un de ceux qui ont eu l’influence la plus considérable sur l’évolution de la Chirurgie moderne. Professeur à l’Université de Glasgow en 1860, à celle d’Édimbourg en 1869, il vint à Londres en 1877 prendre, au King’s College, la place laissée vacante par la mort de Fergusson.

Dès ses premières leçons comme professeur, à Glascow, — il avait trente-quatre ans, — Lister insista sur ce fait que la suppuration des plaies était en rapport avec la décomposition du sang et du sérum retenus à leur niveau et était déterminée par l’influence de l’air. C’est à ce moment qu’il prend connaissance des travaux de Pasteur sur la fermentation et la putréfaction. Ses recherches prennent dès lors un caractère nettement scientifique, et en 1867, à la réunion de la British medical Association à Dublin, il déclare qu’il est démontré par les recherches de Pasteur que les propriétés septiques de l’atmosphère ne sont pas sous la dépendance d’une action spéciale de l’oxygène ou d’un des autres gaz constituants de l’air, mais résultent de la présence de bactéries. Il en tire cette conclusion qu’on peut éviter la décomposition des plaies sans exclure le contact de l’air, simplement en appliquant comme pansements des substances capables de détruire la vitalité des micro-organismes nocifs.

La chirurgie antiseptique était née. Elle permet à Lister de guérir les fractures compliquées, de faire la ligature antiseptique des artères avec des fils perdus, les sutures osseuses, d’ouvrir largement et sans crainte les grandes articulations, etc. L’érysipèle, la septicémie, la pyohémie disparaissent de ses salles d’hôpital. Aussi ses idées sont rapidement adoptées par tous les chirurgiens anglais ; elles gagnent ensuite le continent, apportées en France par Lucas-Championnière, qui, émerveillé des résultats qu’il voit à Édimbourg, se fait l’apôtre des doctrines nouvelles.

Avec la Largeur d’un grand esprit, Lister n’a jamais hésité à déclarer que son maitre était Pasteur et, en 1892, représentant la Grande-Bretagne au jubilé de ce dernier, il s’écriait : « En vérité, dans le monde entier, il n’y a pas un homme auquel la science médicale doive plus qu’à vous. » Et il ajoutait : « Grâce à vous, la Chirurgie a subi une révolution complète. »

N’empêche que la part de Lister est grande et que s’il n’avait pas été là pour tirer des travaux de Pasteur la conclusion pratique qui en découlait, s’il n’avait pas, par l’exemple, montré ce qu’on pouvait en obtenir, la transformation moderne de la Chirurgie aurait peut-être été longue à se produire.

Tous ces faits sont déjà loin et l’acide phénique à beaucoup perdu de l’importance que lui donnait Lister. Les pulvérisations phéniquées, le spray, comme on disait, sont aujourd’hui abandonnées. On ne craint plus autant l’infection par l’air, on s’occupe surtout du transport direct des germes par les mains, les instruments, les compresses. Il n’en persiste pas moins que c’est à Lister qu’il faut remonter pour voir apparaître la Chirurgie moderne. Aussi les savants de tous les pays continueront-ils à associer son nom à celui de Pasteur, toutes les fois qu’ils auront à parler de l’évolution de la Chirurgie.

Dr Henri Hartmann, Professeur à la Faculté de Médecine de Paris.

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