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Frédéric Melsens

Note nécrologique publiée dans le numéro 674 du 1er mai 1886 de la revue La Nature.

samedi 14 février 2009, par gloubik

C’est encore un savant belge des plus éminents, dont nous avons à signaler la mort récente, en la personne de Louis-Henri-Frédéric Melsens,né en 1808 et décédé à Bruxelles le 20 avril 1886. Melsens avait fait ses études en France ; chimiste remarquable, il était l’un des plus anciens élèves de J.-B. Dumas.

Il avait travaillé dans le laboratoire particulier du maître avec Stass et Le Blanc. Melsens ne tarda pas à revenir dans son pays natal, où il était appelé à devenir successivement professeur de chimie à l’Ecole de médecine vétérinaire, examinateur à l’Ecole militaire, membre de l’Académie royale des sciences de Belgique et de l’Académie de médecine.

On doit à Melsens des travaux de chimie de premier ordre. il a exécuté avec une grande ardeur et non sans un réel courage, des recherches importantes et souvent dangereuses sur la poudre et sur son pouvoir explosif ; il a étudié l’anhydride sulfureux, ses dérivés et ses usages, il a publié enfin un mémoire qui restera comme un des travaux les plus curieux de la chimie contemporaine, sur la liquéfaction des gaz condensés par le charbon. Vers la fin de sa carrière, Melsens fit connaître ses paratonnerres à pointes multiples et il fit généreusement don de l’un de ces appareils les plus complets, à l’Observatoire du mont Ventoux. Il a fait ce cadeau sous le nom de Louise, nom de sa fille unique, qui mourut à l’âge de vingt ans, entre les bras de son père désespéré. Melsens ajoutait que ce cadeau était adressé par lui, en souvenir de sa jeunesse
passée au milieu des savants français. Le chimiste belge était un grand savant et un grand cœur. Il mérite toute notre affection, toute notre estime, car il aimait la France avec passion, et il n’a jamais cessé d’être, même à l’heure funeste de nos désastres, l’un de nos meilleurs amis à l’étranger.

Quelques semaines avant sa mort, il envoyait à l’Académie des sciences tous ses manuscrits relatifs aux notes qu’il avait prises jadis aux cours de J.-B. Dumas à la faculté de médecine. Pieux hommage qu’il avait voulu rendre tout à la fois, à la France, et à la mémoire de son maître vénéré !

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