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Félix Tisserand (1845-1896)

La Nature N°1222, 31 Octobre 1896

Mis en ligne par Denis Blaizot le vendredi 3 avril 2009


La science vient de faire une grande perte dans la personne de M. Félix Tisserand, membre de l’Institut et du Bureau des Longitudes, directeur de l’Observatoire de Paris et professeur à la Faculté des sciences. M. Félix Tisserand était un de nos plus éminents astronomes, célèbre par des travaux remarquables.

Né à Nuits, dans le département de la Côte-d’Or, le 15 janvier 1845, il était élève de l’école normale supérieure en 1865, agrégé des sciences mathématiques en 1866 et docteur es-sciences en 1868 . Cinq ans après, en 1875, lors de la réorganisation du service astronomique, l’illustre Le Verrier le nomma directeur de l’Observatoire de Toulouse ; il fut en même temps professeur de mécanique rationnelle à la Faculté des sciences de cette ville. Quelques années après, en 1878, il entrait comme astronome adjoint à l’observatoire de Paris. En 1885, il était nommé professeur d’astronomie à la Faculté des sciences de Paris. Enfin, en 1892, à la mort de l’amiral Mouchez, il était appelé à la direction de l’observatoire de Paris.

Ses travaux et ses ouvrages traitent des questions astronomiques les plus complexes et les plus ardues. Ses recherches ont été considérables, et il a fait paraître une quantité de mémoires et de résultats d’observations qui renferment les documents les plus précieux.

En 1868, il fut choisi pour aller observer la grande éclipse du 18 août, et M. Janssen, parlant sur sa tombe au nom de l’Académie des sciences, a rappelé l’anecdote suivante : « Je fis route avec lui, dit-il, jusqu’à Pointe-de-Galles, et c’ est alors que je pus admirer ses goûts studieux. Alors que nous tous ne songions qu’à admirer le spectacle de la mer et des ports où nous faisions escale, Tisserand, lui, dédaigneux de toute distraction, lisait les œuvres de d’Alembert ! »

En 1874, M. F. Tisserand fit partie de la mission Janssen, envoyée au Japon pour observer le passage de Vénus devant le Soleil ; enfin en 1882 il dirigea la mission envoyée à Saint-Domingue pour étudier le nouveau passage de Vénus sur le Soleil.

Parmi ses principaux ouvrages, nous citerons les Tables de la Lune, de Delaunay, qu’il fut chargé d’achever par le Bureau des Longitudes en 1X80, Sur le mouvement des planètes autour du Soleil, d’après la loi électrodynamique de Weber (1872), Sur les étoiles filantes (1875), Observation des taches du Soleil à Toulouse en 1874 et 1875, Recueil complémentaire d’exercices sur le calcul infinitésimal (1876), etc. Mais l’œuvre la plus considérable de M. Félix Tisserand a été le Traité de mécanique céleste qu’il a publié en 1890. Ce traité est devenu classique et forme aujourd’hui comme la base de toutes les connaissances astronomiques modernes. M. Rambaud, ministre de l’instruction publique, dans son discours aux obsèques de M. Tisserand, a fait connaître sur ce traité l’opinion de M. Pasteur qui donne en même temps une appréciation du savant émérite : « Voici en quels termes, a dit M. le ministre, Pasteur, dans une lettre inédite adressée à l’un de mes prédécesseurs, parle de cette œuvre remarquable : Traité de mécanique céleste. Il est de notoriété, parmi les astronomes et les mathématiciens les plus compétents que, seul en France et en Europe, M. Tisserand était capable d’entreprendre et de mener à bien cet immense travail qui fait le plus grand honneur à la France. Par ce nouvel ouvrage, la mécanique céleste de Laplace, monument impérissable, va se trouver mise au courant de toutes les découvertes astronomiques et mathématiques modernes. »

Correspondant de l’Institut depuis 1871, M. Tisserand fut élu membre de l’Académie des sciences le 18 mars 1878, en remplacement du grand astronome Le Verrier. Il était officier de la Légion d’honneur, officier de l’instruction publique et grand croix de l’ordre du Medjidié.

De tels travaux forcent l’admiration, et c’est au milieu du concours de tous les savants et de tous les hommes de science qu’ont eu lieu le 25 octobre 1896 les obsèques de l’illustre savant. Des discours ont été prononcés par M. Rambaud, ministre de l’instruction publique, au nom du gouvernement ; par M. Janssen, au nom de l’Académie des sciences ; par M. Léwy, au nom de l’Observatoire de Paris ; par M. Wolf, au nom de la Faculté des sciences ; par M le professeur Poincaré, au nom du Bureau des longitudes ; par M. Backhuysen, au nom des observatoires étrangers et du « comité international de la carte du ciel » ; par M. Gariel, au nom de l’université de Padoue ; par M. Lécrivain, au nom de la ville de Nuits-Saint-Georges ; par M. Bertrand, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, au nom des amis du défunt.

M. Félix Tisserand laisse le souvenir d’une vie, d’un grand caractère qui impose à tous le respect.


Lire également : Vie et travaux de Félix Tisserand, par J. BERTRAND de l’Institut.

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