Ajouter ce site à vos favoris ! | Rejoignez-nous sur Google+ |

Accueil > Biographies de Scientifiques > Les géologues et minéralogistes > Pierre Termier

Pierre Termier

Note parue dans La Nature n°2846 du 1er décembre 1930

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 14 février 2009

Nous résumons ci-dessous d’après l’éloge prononcé par M. Lecornu à l’Academie des Sciences le 27 octobre 1930 la belle carrière de ce savant, du géologue, qui fut aussi un brillant écrivain.

Né à Lyon en 1859, sorti premier en 1880 de l’école Polytechnique et entré dans le Corps des Mines, Pierre Termier avait, pendant cinq ans, professé à l’école des Mines de Saint-étienne, à partir de 1894, il était devenu professeur d’abord de minéralogie et pétrographie, et plus tard, de géologie à l’école supérieure de Paris.

En 1909, il avait été élu membre de l’Académie dans la section de Minéralogie en l’emplacement de Gaudry.

En 1911, il avait succédé à Michel Lévy dans la direction de la Carte géologique.

Ses travaux se rapportent à la minéralogie, à la cristallographie, à la pétrographie, à la géologie régionale. Parmi ses œuvres les plus remarquables, M. Lecornu cite sa synthèse géologique des Alpes.

Dès 1875, Suess avait montré que la chaîne alpine forme un tout, que, dans son édification, les efforts tangentiels ont joué le rôle prépondérant, qu’elle résulte du refoulement d’un pays se plissant graduellement contre un obstacle inébranlable. En 1884, Marcel Bertrand et d’autres géologues avaient établi l’existence, en France et en Suisse, de nappes de recouvrement constituant des sortes d’empilements souvent charriés à très grande distance. Mais la constitution de la partie orientale, longue de plus de 500 km, demeurait fort obscure : les géologues autrichiens ne voyaient là qu’une sorte de chaos indéchiffrable. Or, en 1903, Pierre Termier à la suite de minutieuses observations, émit l’idée que les Alpes orientales sont, elles aussi, formées de nappes empilées et charriées.

Il lui fallut longtemps pour faire triompher sa manière de voir, qui n’est plus contestée, même en Autriche.

  • L’on sait maintenant que partout où se dressent les Alpes d’immenses vagues rocheuses pareilles à celles d’une mer agitée se sont déplacées, mais avec une lenteur déconcertante, déferlant par places, envoyant parfois au loin des paquets colossaux. Quand tout s’est calmé, l’érosion, poursuivie pendant des siècles et des siècles, a continué à modeler ces belles montagnes et les a finalement amenées à leur physionomie actuelle.
  • La géologie des pays montagneux est rendue fort difficile, d’abord par les dangers et la fatigue physique qu’elle impose aux observateurs, ensuite et surtout par les grandes variations de faciés que présente une même couche examinée en diverses localités. On voit le métamorphisme changer progressivement des sédiments quelconques en terrains cristallophylliens. Il existe, par exemple, dans les Alpes occidentales, et la démonstration de ce fait est due en grande partie à Pierre Termier, trois séries cristallophylliennes, l’une antéhouillère, l’autre permo-houillère,. la troisième allant du Trias supérieur à l’éocène. Il fallait un don spécial pour être capable de s’y reconnaître.
  • Les Carpathes, qui se rattachent aux Alpes, ont fourni à P. Termier une confirmation éclatante de ses idées. Des sondages exécutés, d’après ses indications par une Compagnie française, ont fait découvrir, en 1903, le terrain houiller sous le Miocène beaucoup plus récent, celui-ci recouvert par le grès crétacé, qui, dans la série chronologique, est compris entre le Houiller et le Miocène : on touchait ainsi du doigt, pour ainsi dire, un phénomène de charriage.
  • Toujours infatigable, P. Termier a étendu ses recherches à l’Espagne, à la Corse, au Maroc, et partout il a trouvé la confirmation de ses vues. C’est au Maroc qu’il a été atteint par la maladie qui vient de l’emporter.
  • Lorsque Pierre Termier publia ses premiers travaux sur les Alpes, on l’accusa, en Autriche, d’être un poète plutôt qu’un géologue.
  • Poète, il l’était certainement, mais pas au point de laisser son imagination travestir les faits contrôlables. Après avoir, à force de patience, éclairci les énigmes de la carte, il savait d’un coup d’aile s’élever bien haut pour découvrir un vaste panorama, dont, en phrases magnifiques, il célébrait la belle harmonie.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?