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Les matériaux sur lesquels on écrivait, depuis l’antiquité jusqu’à la découverte de l’imprimerie

Albert Maire, la Revue Scientifique — 13 et 20 août 1904

Mis en ligne par Lauryn le dimanche 30 mai 2010

Le sujet traité ici n’est pas nouveau ; il existe en effet dans bien des ouvrages, ou disséminées dans des revues spéciales, des monographies et des notes sur l’histoire de l’écriture et sur les procédés et les matières qui servaient à cet usage. Mais la synthèse de ces connaissances n’a pas encore été faite d’une façon absolue. Elle est curieuse et instructive à la fois, se rattachant d’une part à l’histoire de l’évolution des langues et de l’écriture, de l’autre à l’étude d’une partie de l’industrie humaine. C’est en un mot une contribution à l’histoire sociologique de l’humanité.

Les patientes recherches des linguistes et l’étude comparative des écritures les plus anciennes ont permis d’émettre l’idée que certains signes ou dessins rudimentaires se rattachaient aux origines mêmes de l’écriture, à celle pratiquée encore par les non civilisés de nos jours, l’écriture pictographique.

Il est nécessaire d’avoir la définition de l’écriture : voici celle qu’en donne M. Philippe Berger dans son ouvrage ... « C’est l’art de fixer la parole par des signes conventionnels, tracés à la main, qu’on appelle caractères ... Les caractères peuvent représenter des idées ou des sons. On appelle écriture idéographique, celle qui s’attache à rendre directement les idées ; écriture phonétique, celle qui exprime par des caractères les sons de la parole. L’écriture diffère du dessin en ce qu’elle est inséparable de la langue ; si dans l’écriture idéographique, les caractères sont des peintures de certaines idées ou de certains objets, ils les rappellent à l’esprit sous la forme qu’ils revêtent dans le langage, c’est-à-dire par l’intermédiaire du mot ... Toutes les écritures qui ont commencé par être purement idéographiques sont arrivées peu à peu au syllabisme. La distinction entre écritures alphabétiques et écritures non alphabétiques est la seule qui corresponde à une réalité historique » [1] .

On ne peut faire ici l’historique de l’évolution des diverses écritures ; le but de ces pages est de faire connaître les matières sur lesquelles on a écrit. L’homme a cherché autour de lui ; la nature lui offrait les produits premiers qui ne demandaient qu’à être utilisés. Les pierres et les marbres, les métaux, les bois, l’écorce des arbres et leurs feuilles, les peaux d’animaux et leurs intestins, les tissus et les produits artificiels de toutes sortes ont reçu soit simultanément, soit successivement la sculpture, la gravure, la peinture ou la scription des actes et des pensées humaines. Chaque fois qu’il sera possible de citer quelque exemple, on le fera, quelques figures auraient complété ces données et aidé peut-être à l’intelligence du sujet ; il n’a guère été possible de le faire, sauf pour le papyrus et le parchemin.

Mais avant de procéder d’après un plan méthodique, il faut parler de quelques moyens mnémotechniques qui ont quelque relation lointaine avec les écritures, et qui cependant, étaient destinés à perpétuer le souvenir d’une action ou d’un état chez l’individu.

Le wampum (fig. 29), sorte de collier ou de ceinture formé avec des coquillages de couleurs différentes, disposés dans un ordre déterminé et présentant des figures géométriques, des signes qui tous avaient un symbole et une signification, était utilisé par une partie des tribus indiennes de l’Amérique du Nord, du Canada et du Centre-Amérique. Selon Stearnes, le wampum servait de monnaie aux aborigènes de la Caroline, de la Virginie, etc. [2]

Les Péruviens et la plupart des peuples de l’Amérique méridionale se servaient de grains de maïs ou de cailloux : colorés diversement et qu’ils disposaient dans un ordre donné pour exprimer certaines idées, pour transmettre des messages ou raconter les hauts faits de leur nation ; plus tard ces mêmes peuples se servirent de cordelettes de longueurs et de couleurs variées, auxquelles ils faisaient des nœuds et des boucles plus ou moins espacés. C’est ce qu’on nomme le quippo (fig. 30).

I ! faut mentionner aussi les bâtonnets des Scyythes, le bâton de souvenir « Stick-messages » des Australiens, moyens employés pour correspondre à distance [3].

Que dire des mounds, sépultures à tertre de l’Amérique du Nord, abondants surtout dans l’Ohio et le Wisconsin et dont le tracé de la base affecte la forme d’un animal : quadrupède, oiseau, serpent, lézard ou tortue ; il est permis de supposer que ces formes désignaient le totem de la tribu ou de l’individu qui reposait dans ces tombes [4]

Quant aux roches aux formes étranges qui émergent des eaux du Nam-Ou, dans le Haut-Laos sur une longueur de plus de 12 kilomètres, ainsi que les arbres et les buissons taillés en forme d’animaux que l’on voit sur les deux rives du fleuve, l’explication en est assez difficile [5].

Après cette digression un peu à côté du sujet, mais nécessaire néanmoins, revenons aux matériaux ayant reçu l’écriture.

LES ROCHES BRUTES ET APLANIES, MAIS NON DÉTACHÉES.

Les Inscriptions rupestres, les plus anciennes de toutes probablement, se rencontrent à peu près sur tout le globe, en Asie et en Europe plus particulièrement.

Celles qui se rapportent à la période préhistorique sont tracées ou gravées à même la roche, sans qu’elle ait été aplanie, et en gardant toute sa surface rude et inégale ; on peut citer les roches à cupules de Hohenstein à Swansen (Holstein allemand) [6] les roches sculptées de Tegneby dans le Bohuslän et celles de la montagne de « Ramsundsberget », dans la Sudermanie (Suède) [7]. Quelques-unes de ces inscriptions étaient connues au XVIIe siècle, puisqu’elles ont été copiées pour la première fois en 1627 [8] .

Les dessins et figures gravés sur les masses granitiques des bords de la rivière Yuba, dans le Nouveau Mexique rentrent dans la catégorie des écritures pictographiques [9].

Dans le Centre Asie, en Égypte, en Assyrie, en Perse au contraire, les surfaces rocheuses destinées à recevoir des inscriptions étaient soigneusement aplanies et préparées, aussi inscriptions et sculptures, s’il y en avait, se détachaient bien nettement sur l’ensemble de la roche ; ainsi en est-il de la célèbre inscription de Behistoun dans le défilé qui sépare la Perse de la Mésopotamie [10], les édits d’Açoka, gravés sur roche à Girnar dans le Gouzarate (Inde) [11]. Il ne faut pas oublier de citer les temple souterrains ou taillés dans le roc [12] , les tombeau du même genre si nombreux en Égypte, dans l’Asie Inférieure et dans l’Inde ; la plupart de ces monuments sont couverts d’inscriptions plus ou moins longues.

ROCHES DÉTACHÉES ET MONUMENTS MÉGALITHIQUES : DESSINS, CUPULES ET CUVETTES, INSCRIPTIONS PICTOGRAPHIQUES ET SYMBOLIQUES.

Ces monuments sont plus nombreux : que les précédents, aussi les trouve-t-on répandus sur toute la face de la terre, partout où l’homme a érigé des mégalithes, partout où il a trouvé de la pierre. Choisissant au hasard dans les nombreuses représentions de ces sortes de monuments, nous en signalerons un petit nombre à titre d’exemples : Ballersten de Rantoen près Falkoping dans le Westgotland (Suède) [13] ; une des pierres du dolmen de Gavr’Inis en Baden [14] ; un autre du Mané Lud en Locmariaker [15] , l’Homme mort (Dead Man’s) de Vanga dans le Westgotland qui présente des caractères runiques du IIIe siècle de notre ère [16] ; la pierre debout de Saint-Dogmaël dans le Pembrokeshire (pays de Galles), sur laquelle se trouvent deux inscriptions une en caractères oghams, l’autre en caractères latins [17] ; enfin les nombreux dolmens à sculpture de l’Irlande (fig. 31) [18] L’abbé Domenech signale dans sa curieuse relation du séjour de plusieurs années parmi les Indiens de l’Amérique du Nord, des pierres tumulaires avec caractères pictographiques et des inscriptions curieuses sur cailloux (?) [19]. On attribue aux cliff-dwelers ou habitants des cavernes dans l’Arizona et le Nouveau-Mexique, les dessins et gravures pictographiques que portent les roches roulées sur les bords du San Juan [20]. Tout récemment encore, on vient de mettre au jour les pierres de Saint-Aubin Baubigné (Deux-Sèvres) sur lesquelles on distingue des graphiques qui ont fait l’objet d’une communication à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et dont le journal « l’Éclair » donnait trois dessins dans son numéro du 1er avril 1904 [21]

LES PIERRES TAILLÉES EN TABLES OU EN APPAREILS A BATlR

Il n’est pas nécessaire ici de grands efforts pour trouver ces inscriptions. A mesure que la civilisation se développait, l’homme s’appliquait à préparer avec soin les matériaux sur lesquels il voulait écrire ou sculpter. Dans tout l’Orient, depuis l’Égypte jusqu’à l’Inde, les monuments, bâtis avec pierres appareillées, sont couverts de sculptures ou de peintures expliquées et commentées par des inscriptions. Les Grecs et les Romains employaient les tables de pierre pour y graver les lois, les actes publics et commémoratifs. Les cippes et les stèles funéraires de presque tous les peuples sont couverts d’inscriptions, ainsi que les cercueils en pierre ou en bois.

Nos cimetières modernes ne ressemblent-ils pas à un nécrologe immuable, mieux encore, à un immense dictionnaire biographique.

Les inscriptions sur pierres de toutes sortes : marbres, grés, granit, ardoise, sont si fréquentes autour de nous que les exemples à donner ont paru superflus.

Les terres cuites méritent une mention particulière en raison de leur préparation et de leur ancienneté. Dans l’antiquité, les Perses, les Mèdes, les Assyriens sont à peu près les seuls peuples qui aient employé couramment la glaise, sous formes diverses, soit séchée, soit cuite pour y écrire ; on connaît de ces inscriptions remontant à plus de 4.000 ans avant Jésus-Christ [22] . Il faut dire que leur pays était pauvre en roches et que toutes les constructions se faisaient aussi en brique.

La céramique était encore dans l’enfance que déjà on l’ornait de signes symboliques et de dessins. Tout le monde connaît les dessins géométriques ; lignes croisées, pointillées ou concentriques qui ornent les poteries préhistoriques [23] ; la céramique découverte à Hissarlik et à Mycène offre des ornements singuliers ; on y distingue des dessins coloriés ou en creux, des swasticas et des inscriptions en caractères archaïques [24] ; les mêmes remarques s’appliquent à la céramique de l’Amérique centrale et du Sud : étrangetés de formes et de dessins, peintures et caractères symboliques [25].

Dans l’antiquité grecque, on se servait des tessons de poterie pour y écrire des comptes ou des observations [26] ; la belle céramique grecque de l’époque la plus pure porte toujours des inscriptions explicatives pour les figures.

LES MÉTAUX

On ne peut démontrer que le fer seul n’ait jamais reçu d’inscriptions gravées dans l’antiquité. La grande décomposition que ce métal a dû subir sous l’influence de l’oxygène de l’atmosphère et du sol est seule cause qu’il ne nous soit rien parvenu. Tous les autres métaux, alliés entre eux ou purs, ainsi que les métaux précieux se rencontrent avec des inscriptions. On a retrouvé en Égypte, en Assyrie, dans le Centre de l’Asie, en Grèce, des tables ou des plaques de bronze qui en étaient couvertes. Annibal fit graver sur une table de bronze une longue inscription en langues grecque et punique qui contenait l’état de ses troupes et la suite de ses exploits [27]. A Rome, l’usage des colonnes et des tables de bronze pour l’inscription des lois, suivit celui du bois. On peut voir dans tous les musées d’Europe des inscriptions sur métaux. Une des plus remarquables est la célèbre plaque de bronze, conservée au Musée de Lyon, contenant le discours prononcé en l’an 48 par l’empereur Claude [28].

Le plomb aminci et réduit en feuilles servait au même usage. Job se lamente de ne pouvoir écrire un discours sur des lames de plomb. En Grèce le plomb ainsi préparé était utilisé assez fréquemment. Suétone nomme ces feuilles de plomb : plumbea charta [29] ; on en faisait aussi des tablettes qui étaient employées pendant tout le Moyen-Age.

Il ne paraît pas utile de citer les monnaies et médailles ; elles portaient toujours une légende soit symbolique, soit expliquée par des lettres.

LE BOlS, LES ECORCES, LES FEUILLES

Le bois est peul-être plus ancien que la pierre, dans l’usage d’y graver ou d’y écrire, mais il n’en reste aucune trace pour la période antéhistorique. On le débitait en planches minces et on y traçait, avec des encres de couleurs différentes, les caractères de la langue. C’est ainsi qu’on devait procéder en Égypte si l’on en juge par une planchette de sycomore, remontant à plus de 5.000 ans selon les égyptologues, découverte en 1837 dans la 3e pyramide de Memphis.

Les anciennes lois de Solon et de Dracon étaient aussi tracées sur des tables de bois ; on les nommait « axones ». Ces tables, jointes en forme de prismes quadrangulaires, et traversées par un axe furent d’abord dressées perpendiculairement dans la citadelle, où, tournant au moindre effort sur elles-mêmes, elles présentaient successivement le code entier des lois aux yeux des spectateurs [30],

A Rome, les lois étaient écrites sur des planches de chêne qu’on exposait dans le Forum. L’origine du mot album provient probablement de l’usage qu’avaient les Romains d’inscrire leurs annales ou événements journaliers sur des tablettes de bois peintes en blanc qui recevaient l’écriture à l’encre noire [31].

Saint Jérôme nous apprend aussi qu’on gravait sur des planchettes ou des cubes de bois les lettres de l’alphabet pour apprendre à lire aux enfants.

Les tablettes en usage chez les Latins et pendant tout le Moyen-Age, se faisaient en bois ; on les fabriquait aussi en plomb, en ivoire, en parchemin et même en écorce d’arbre. Au temps du poète Fortunat, on écrivait non seulement sur des tablettes en frêne, mais encore sur de petites verges unies [32].

Les Égyptiens avaient l’habitude de fixer sur leurs cercueils des « tablaï ». Ces tablettes contenaient les noms et les qualités du mort ; toutes celles qu’on a recueillies jusqu’ici paraissent dater de l’occupation romaine, car les inscriptions sont en grec [33].

Les copeaux de bois, enlevés par le rabot, ont aussi été utilisés. Théophraste en cite un exemple [34] , et Pancirot dit que les Lombards réunissaient ces copeaux au moyen de colle et qu’ainsi ils fabriquaient une sorte de papier [35]. L’idée d’écrire sur bois n’est pas perdue de nos jours ; des livres entiers sont imprimés sur des feuilles de bois ressemblant à de minces placages ; les cartes de visites sur bois sont assez fréquentes ; en Chine, on se sert de papier et d’enveloppes dont le papier excessivement mince est recouvert d’une pellicule de bois. Les abécédaires des écoles de l’Orient, Algérie, Turquie et régions musulmanes sont faits d’une planchette avec poignée, sur laquelle les lettres ou les sentences du Coran sont écrites. Les inscriptions si curieuses, mais non déchiffrées encore, découvertes à l’Ile de Pâques sont gravées sur bois. Le bois sert encore aujourd’hui en Chine pour y graver en relief les caractères qu’on imprime ensuite. Nos planches xylographiques du XVe siècle étaient aussi en bois.

Enfin on emploie encore le bois pour faire les tableaux noirs en usage dans les écoles.

Dans l’antiquité la plus reculée, on écrivait sur l’écorce extérieure des arbres, mais les nombreuses rugosités et la fragilité souvent très grande de l’écorce les fit abandonner, à l’exception des écorces du cerisier, du tilleul, du bouleau. On chercha à utiliser l’écorce intérieure ou liber de l’arbre et l’on employait de préférence celle du pin, du sapin, un tilleul [36] . Les Grecs et les Latins ont écrit de grands ouvrages sur des écorces d’arbre préparées.

Les feuilles d’arbre ont aussi été employées ; les Syracusains votaient en écrivant sur des feuilles d’olivier, d’où le mot pétalisme, synonyme d’ostracisme [37]. Plusieurs autres feuilles d’arbre, parmi lesquelles celle de la mauve, concouraient au même usage ; on faisait même une sorte de tissu avec les feuilles d’un certain palmier.

En Perse, dans une grande partie de l’Asie, dans l’Inde, l’Indo-Chine, la Chine, à Bornéo, à Sumatra, Océanie même, on écrivait et on écrit encore sur les feuilles d’arbres préparées, surtout de certains palmiers. En Malaisie on se sert des feuilles de l’arequier, séchées, polies ou recouvertes d’un verni brillant ou doré ; c’est après ces préparations successives qu’on traçait les caractères avec un pinceau, qu’on les gravait avec une pointe très fine. Certains livres, composés ainsi, ressemblent assez aux plaques de nos persiennes, ils s’ouvrent et se ferment de la même manière. Dans les Maldives, on se sert de la feuille du makarekau qui a un pied de large sur 3 pieds de long [38].

TOILES ET TISSUS

Il était assez naturel que les tissus fussent employés pour y tracer au pinceau ou au calames des caractères. Leur souplesse et la facilité de les conserver s’y prêtaient. La plupart des « livres de mort » que les Égyptiens plaçaient dans les sarcophages étaient écrits sur toile. En Grèce, en Italie, à Rome, en Orient, les tissus servaient au même usage. Les Samnites possédaient un rituel écrit de la sorte qui servait à régler l’ordre des sacrifices, avant de commencer une guerre.

A Rome les plans cadastraux conservés dans les archives étaient écrits sur toile, année par année, conservés dans le temple de Moneta, au Capitole [39] ainsi que les libri lintei, liste des magistrats. On employait même les tissus pour y transcrire des œuvres littéraires ; Martianus Capella les désigne sous le nom de carbasina volumina. Sidoine Apollinaire écrivait ses poésies sur des fragments de linge. Pendant le Moyen Age, cette coutume persistait encore puisqu’un abbé recommandait à ses moines de transcrire sur leurs habits les œuvres de saint Anastase, si le papier venait à manquer [40] . En Orient on se servait de soie pour le même usage. « En France, dit Géraud, jusqu’au siècle dernier, on avait coutume, dans les universités, de faire imprimer sur du satin les exemplaires de thèse que l’on destinait à des personnages d’importance. » [41]

Il a été question des tablettes incidemment ; on les faisait en bois, en plomb, en ivoire et en parchemin même ; sauf celles en plomb, on les enduisait de cire sur laquelle on écrivait avec un poinçon ou style. Pour les conserver, on les groupait ensemble et on les liait par paquets. Afin que l’écriture ne disparût pas sous la pression ou par frottement, les bords de la tablette avaient une légère saillie à laquelle venait affluer la cire de la sorte les caractères gravés ne s’effaçaient pas lorsqu’elles étaient serrées ensemble. Plus tard, les tablettes formèrent diptyque, c’est-à-dire composées de deux tablettes réunies par une charnière : pliées, elles présentaient deux faces unies ou ornées, mais sans écriture ; ouvertes, on pouvait écrire sur les deux surfaces intérieures enduites de cire.

LES CUIRS, LES PEAUX DIVERSES, LE PARCHEMIN

Avec les peaux employées pour écrire, on pénètre dans une période où l’écriture devient d’un usage plus courant ; les documents se multiplient, les ouvrages d’imagination et les annales historiques prennent une forme nouvelle. La tradition seule ne transmet plus les poèmes. les Légendes, les souvenirs ; par l’emploi de la peau et de ses diverses préparations, les écrits sont recopiés et pénètrent dans toutes les classes de la société antique.

On a écrit longtemps sur des peaux d’un apprêt rudimentaire, à peine tannées. D’après des documents, on sait que les Égyptiens les employaient 2.000 ans avant notre ère ; les monuments assyriens montrent des scribes écrivant sur rouleaux ; les Perses y consignaient leurs annales ; les Ioniens préparaient, pour le même usage, les peaux de mouton et de chèvre ; d’après les textes bibliques, les Hébreux se servaient de peaux, et copiaient leur Loi sur des rouleaux de cuir [42] . « On conserve, dit Lalanne [43] , à la Bibliothèque de Bruxelles un manuscrit du Pentateuque, que l’on croit antérieur au IXe siècle. Il est écrit sur 57 peaux cousues ensemble et formant 36 mètres de long ».

Pétrarque portait une veste de cuir sur laquelle il écrivait ses inspirations lorsqu’il était en promenade. Cette veste, couverte d’écriture, était encore en 1527 entre les mains de Sadolet [44].

Rappelons que les Indiens Peaux-Rouges écrivaient ou peignaient le résultat de leurs chasses, leurs exploits guerriers sur l’intérieur de peaux de bison tannées et blanchies, qui leur servaient de manteau [45] Dans certaines îles de la Polynésie et en Nouvelle-Zélande surtout, le tatouage des hommes était proportionné à leurs actions d’éclat ; ces dessins qui recouvraient la figure et le corps représentaient symboliquement une description d’événements. Accidentellement on a même écrit sur la peau humaine. De la peau tannée au parchemin, il y avait peu de distance. Pour diminuer le poids du cuir, l’homme a dû d’abord l’amincir, puis il a dû chercber à le décolorer, de là la naissance du parchemin. Il est possible que ce soit à Pergame qu’il ait été amélioré, qu’on l’y fabriquait et qu’on en faisait le commerce, puisque ce produit en a tiré son nom. On croit qu’il était connu quinze siècles avant l’ère actuelle. Les peaux de chèvres, de mouton et d’âne étaient utilisées pour sa préparation qui était à peu près identique à celle de nos jours [46]. Les premiers parchemins étaient si défectueux qu’on ne s’en servait que pour envelopper les livres en papyrus et les tablettes, et pour faire des étiquettes. Ce n’est que vers le Ve siècle avant notre ère que l’usage d’écrire sur parchemin fut couramment admis. A mesure que sa préparation devint meilleure, il se répandit de plus en plus. Dès le XIe siècle cette matière supplanta totalement le papyrus devenu rare et mauvais. On sait que des ouvrages considérables, manuscrits et imprimés faits sur parchemin ; jusqu’au XVIIIe siècle on s’en servait toujours pour les actes royaux et les transactions privées.

LE PAPYRUS

C’est avec la tige du cyperus papyrus, souchet à papier, selon Baillon, que l’on fabriquait le papier. Ce souchet, originaire d’Égypte, dit-on, était abondant jusqu’au moyen âge, mais il s’est fait rare et il ne se rencontrerait plus que bien au sud, sur bords marécageux des cours d’eau. La racine, grosse comme le bras d’un homme, s’étale horizontalement ; les tiges s’en élèvent à angle droit et atteignent de sept à dix coudées [47] : soit environ 3 m. 60 c. à 4 m. 50 c. de hauteur. La hampe grêle, ténue, triangulaire dans presque toute sa longueur, se termine par une ombelle formée de filaments verts du plus bel effet. Mais ce n’est pas en Égypte seulement que croissait le papyrus ; on l’a trouvé en Sicile, en Espagne, dans le midi de la France jusqu’à la hauteur d’Avignon, dans les bas-fonds du Rhône [48] ainsi que dans la plupart des cours d’eau de l’Afrique et de Madagascar [49]

On ne faisait pas seulement du papier avec papyrus : son emploi s’étendait au-delà. La racine servait de combustible ; avec les fibres de la hampe séchées et tressées on faisait des cordes ; on en couvrait encore les toits des habitations ; en cas de disette on se nourrlssait de la partie inférieure de la hampe, mais sa valeur nutritive était faible. Les tiges coupées et réunies ensemble servaient à faire de légers radeaux [50].

La partie la plus grossière du papier de papyrus était employée à la confection des voiles pour bateaux ou d’une étoffe avec laquelle s’habillaient les pauvres.

Les plus anciens textes égyptiens sur papyrus que l’on possède remontent avant notre ère à 3580-3536 [51]. Théophraste en parle dans son Traité des plantes, Pline l’a copié en partie, mais pas toujours fidèlement. Mais Pline a toutefois un autre mérite ; c’est à lui que nous devons la description de la fabrication du papier. De nombreux auteurs modernes ont repris le texte de Pline, le traduisant, l’interprétant et essayant même de fabriquer du papier [52]. Stodhart est le seul qui parait avoir réussi dans ses essais, mais la mort a malheureusement interrompu ses recherches [53]. Dureau de la Malle a publié un long mémoire sur cette fabrication [54] ; il se plaint de l’obscurité du texte de Pline, ce que confirme Paoli [55]

Voici comment on procédait pour la fabrication du papier de papyrus :

La tige, écourtée de la tête et de la base, était fendue, au moyen d’un instrument tranchant, dans toute sa longueur, en bandes très fines. Cette opération était commencée généralement par le milieu et les deux premières bandes centrales étaient réservées pour la fabrication du papier de qualité supérieure. Il ne s’agit pas, comme certains auteurs l’ont avancé, de l’emploi de l’écorce ; elle était beaucoup trop mince, composée, comme dans la plupart des monocotylédones, de cellules au tissu resserré, chargées de chlorophylle et peut-être avec quelques traces de silice ? Les bandes suivantes étaient réservées à la fabrication du papier de qualité inférieure ; les deux bandes extrêmes, composées presque exclusivement de l’écorce, devaient être rejetées.

Ces bandes (philyrae) étaient réunies côte-à-côte, sur une table à plan incliné, dont la surface était largement mouillée, en sorte que les côtés adhéraient entre eux. Selon Pline, ces bandes étaient humectées avec l’eau du Nil qui seule pouvait délayer le liquide visqueux des cellules brisées, nécessaire pour faire adhérer les lamelles les unes contre les autres [56].

Le ruban formé de ces bandelettes portait le nom de scheda. Par dessus la scheda, on disposait une nouvelle couche de bandelettes qui croisaient celles de dessous ; on obtenait ainsi une feuille ou plagula dont le diamètre dans chaque sens était égal à la longueur d’une philyra. Lorsque la dessiccation était suffisante, on comprimait la plagula dans une presse qui en resserrait toutes les parties, puis on l’exposait au soleil pour la sécher.

On réunissait plusieurs plagulae ensemble, de dix à vingt, selon les époques, puis on les roulait et l’on en formait une main ou scapus.

Les différentes qualités de papyrus s’obtenaient selon la largeur des tranches premières ou philyrae. La première qualité de papier se nommait hiératique et auguste, plus tard ; venaient ensuite le livien, l’amphithéâtrique, le fannien, d’une qualité tout à fait remarquable, le saïtique, le ténéotique, puis l’emporétique ou papier marchand.

Le papier provenant d’Égypte était impropre à recevoir l’écriture ; il subissait de nouvelles préparations, le battage et le polissage, qui alors lui donnaient toutes les qualités exigées. A Rome, on chargeait certains esclaves de ce travail.

LE PAPIER PROPREMENT DIT

La découverte du papier assura au « Livre » une vitalité et une expansion indéfinie. On avait trouvé, en effet, la matière par excellence, la matière indestructible qui permet au livre d’être plus malléable, moins lourd, de traverser les âges aussi bien, sinon mieux que le papyrus et le parchemin.

C’est, à Tsaï-Loun, ministre de l’Agriculture en Chine, 123 ans avant notre ère ; que serait due l’invention du papier. Est-ce à la suite de relations cordiales, est-ce par des prisonniers chinois que le papier fut introduit à Samarcand, peu importe ; le fait est réel, il eut lieu en 751. Quarante-trois ans après le papier était connu à Bagdad et à Damas. Son usage et sa fabrication se répandirent rapidement en Syrie, en Arabie, en Egypte.

Le docteur Karabacek eut la bonne fortune de retrouver dans le trésor d’El Uschmunein tous les secrets des papetiers égyptiens [57]. Il découvrit même des billets ou reçus d’impôts, datant de 950 à 1036 de notre époque. Ce papier est tantôt très mince, tantôt fortement glacé.

Au XIIe siècle, des moulins à papier furent établis à Fez, en Maroc et à Xativa, en Espagne, d’où il se répandit à Valence et dans d’autres villes.

En Italie, il existait à Fabriano des moulins à papier dès le XIIIe siècle. La collection du professeur A. Zonghi comprend plusieurs milliers d’échantillons de papier de cette localité, allant de 1267 à 1750. Il a même eu la patience de relever les filigranes de ces papiers et son album manuscrit comprend plus de 20.000 dessins [58].

D’après une charte de l’évêque de Lodève, accordée en 1189 ; à Raymond de Popian, un moulin à papier aurait été élevé à cette date sur l’Hérault, mais ce document n’a pu être retrouvé ; il est cité seulement dans la chronologie des évêques de Lodève, il faut donc faire quelques réserves.

Il n’en est plus de même pour un autre document trouvé dans le Cartulaire des abbayes de Gellonne et d’Aniane, publié par MM. Meynial et l’abbé Cassant. Il est hors de doute, d’après cette pièce, que le papier était connu en France en 1346 [59].

Son introduction en Europe paraît coïncider avec l’exode des Juifs vers l’Espagne et le Sud de la France, lorsque les Arabes les chassèrent du Nord de l’Afrique d’abord, puis du Sud de l’Espagne ensuite.

Le papier a dû être introduit en Allemagne dans la seconde moitié du XIVe siècle. Ulmann Stroemer s’était établi à Ulm ; né en 1328, il mourut en 1407. Il a laissé des mémoires dans lesquels il raconte ses déboires avec quelques-uns de ses ouvriers [60]

Mentelin, contemporain de Gutenberg (400-1478) avait établi une papeterie à Strasbourg.

John Tate est le premier papetier connu pour l’Angleterre.

Après lui il faut nommer Spielmann, d’origine allemande, joaillier de la reine Elisabeth. Il fut créé chevalier et obtint, pour dix ans, le privilège exclusif de recueillir les chiffons nécessaires à son moulin [61].

A l’origine le papier se fabriquait à la forme, c’est-à-dire que l’ouvrier puisait à même, dans la cuve à pâte, une certaine quantité de cette dernière, et que, par un tour de main spécial il l’étalait sur le châssis dont la partie inférieure était formée de fils de laiton (vergeures) tendus et serrés les uns contre les autres et maintenus rigides par d’autres fils métalliques (pontuseaux) un peu plus forts et fixés en travers des premiers. L’ensemble des opérations de la fabrication du papier est trop connu pour en dire davantage.

L’opinion des savants et de tous ceux qui ont étudié la composition et la fabrication du papier est que les premiers produits de cette industrie avaient été fabriqués avec du coton.

Le nom même, sous lequel on désignait le papier, en latin et en grec, paraissait le démontrer : charta, bombyeina, cuttunea, damascena.

De nombreuses dissertations remplies d’érudition, mais aussi inexactes les unes que les autres, essayaient de prouver l’existence du papier de coton [62]. Toutes les preuves en faveur de ce système, pas seulement sur l’apparence extérieure et superficielle du papier, sur les textes aux définitions vagues, se sont évanouies le jour où l’analyse et l’examen du papier ont été faits par des procédés scientifiques réels. Ce sont MM. Wiesner et Briquet qui, les premiers, ont examiné le papier au microscope.

Ce dernier a consigné dans Les Mémoires de la Société des Antiquaires de France (5e série, tome Vl, 1885) le résultat d’une analyse microscopique de 122 échantillons de papiers provenant des sources les plus diverses et embrassant une période allant du XIe au XVe siècle.

Voilà le résumé de ses conclusions :

Il n’y a jamais eu de papier de coton...

Le papier de chiffe est plus ancien qu’on ne l’a cru ; il remonte au Xe siècle.

Le papier de chiffe a été utilisé, d’abord en Orient, il n’a pénétré que deux ou trois siècles plus tard en Occident.

On a filigrané les papiers dès le XIIIe siècle en Occident, cette habitude s’est transportée plus tard en Orient [63].

Il est certain qu’en Chine on devait fabriquer le papier de bambou dès l’origine de sa découverte ; d’autres matières végétales pouvaient concourir au même usage. Le papier du Japon qui nous est connu se fabrique avec l’écorce de certains arbrisseaux : Edgewortia papyrifera, Broussonnetia papyrifera et Wikstrœmia canescens ; en était-il toujours ainsi ?

Une plus longue digression sur cette matière nous entraînerait hors du cadre tracé ; avec la découverte de l’imprimerie nous devons nous arrêter.

On peut conclure en disant que l’homme poursuivi par le désir de laisser des traces de sa vie, de ses actions, a cherché tous les moyens pour les transmettre à ses descendants. Quelle évolution il a parcourue depuis les inscriptions pictographiques sur roches jusqu’à l’alphabet phonétique écrit sur papier et imprimé enfin !

Albert Marie, Bibliothécaire de l’Université de Paris.


[1Histoire de l’écriture dans l’antiquité, Paris, 1891, Introduct., p. XIII, XV.

[2Smithsonian Report, Muséum, 1887, p. 304 sq.

[3ROTH (W. E.) Ethnoloqical studies among the North-West-Central Aborigines, Brisbane, London, 1897, in-8°, pl. XVIII, n° 32.

[4LAPHAM (I. A.). The Antiquities of Wisconsin (Smithsonian Contributions to Knowledge, 1885, in-4°, t. VII3).

[5NEIS (P.). Voyage dans le Haut-Laos (Tour du Monde, 1885, p. 51 et 83)

[6Zeitschrift f. Ethnologie, t. IV, 1872. pl. 14

[7MONTELIUS (Oscar). La Suède préhistorique, trad. J. H. Kramer , Stockholm, s. d. in-8, p. 64 sq.

[8Revue archéol. ; 1875, p. 137 sq.

[9SIMONIN (L.) De Washington à San Francisco (Tour du Monde, 1874, p. 240)

[10MORGAN (J. de). Mission scientifique en Perse, t. IV

[11BERGER (Phil.). Op. cit., p. 224

[12PERROT (G.), CHlPIEZ. Hist. de l’art dans l’antiquité : I. Égypte, 1882, p. 411 sq

[13MONTELIUS (Oscar). Der Orient und Europa. uberg. v. Metsdorf. Stockholm, 1896, In-8, p. 28

[14Diction. archéol. de la Gaule. - Atlas

[15Ibid.

[16STEPHENS (Dr G.). Handbook of the old-northern runic monuments of Scandinavia and England. Edinburgh, 1884, in-fol

[17BRASH (Rich. R.). The ogham inscribed stones of Wales. Archeologia Cambrensis 3e serie, vol. XV, 1869, p. 155

[18BORLASE (WILLIAM COPELAND). The dolmens of Ireland. London, 1897, 3 vol, in-8, fig.

[19DOMENECH (Abbé). Seven Years residence in the great deserts of North America. London, 1860, in-8, 2 vol.

[20Marquis de Nadaillac. L’Amérique préhistorique, Paris 1882, in-8.

[21Communication de MM. les Drs Capitan, Breuil et Charbonneau, séance du 11 mars 1904.

[22SCHEIL (V.) O. P. Notes d’épigraphie et d’archéologie assyriennes. - Tirage à part de : Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptienne et assyrienne, 4°, t. XXII

[23Consulter la collection des : Matériaux pour l’histoire primitive et naturelle de l’homme

[24SCHLIEMANN, Ilios, Ville et Pays des Troyens, trad. de l’anglais par Mme EGGER. Paris, 1885, gr. in·8

[25CASTELNAU (Fr. de). Expédition dans la partie centrale de l’Amérique du Sud. Paris, 1852, in-8 et in-4, atlas pl. 11, 12, 13, 14, 16

[26WILKEN, (Ulr). Griechische Osiroka aus Aegypten u. Nubien, Liepzig, 1899, in-8°, t. II, pl. 1 à 3

[27Polybe, III, 33

[28ALLMER (A.) et BISSARD (P.). Musée de Lyon. lnscriptions antiques. Lyon, 1888 sq. gr. in-8, t, l, p. 58 sq. et 1 planche

[29SUÉTONE. Douze César. ln Néron, C. 20

[30GERAUD (H.). Essai sur les livres dans l’antiquité. Paris, 1840, in-8, p. 19-20

[31GÉRAUD. Op. cit., p. 20

[32Ibid. p. 21

[33LE BLANC (Edm.), Revue archéolog., 1874, p. 242, sq.

[34GÉRAUD. Op. cit., p. 21

[35Ibid.

[36GERAUD. Op cit., p. 16, 17

[37Ibid., p.15

[38Ibid., p. 15

[39LAFAYE (G.) : article LIBER, Diction. des antiq. grecques romaines de DAREMBERG et SAGLlO. Paris, Hachette, in-4°

[40LALANNE (Lud.). Curiosités Biblioqraphiques. Paris, 1857, in-16, p. 10

[41GÉRAUD. Op. cit., pt. 23

[42HASTING (James). A Dlctionnary 0f the Bible. Edinburg, 1902, t. IV, art WRITING

[43LALANNE (Lud.). Curiosités biblioqr., p. 10

[44GÉRAUD, op, cit., p. 9-10

[45CATLIN. North american Indians... 1832-1889. Edinburgh, 1903 in-8° ; 2 vol.

[46LAFAYE, Art. Membrana. Dictionn. des antiquités grecques et romaines

[47Il s’agit de la coudée grecque qui variait selon les villes, mais sa longueur moyenne était de 0,43 centimètres

[48Nous en avons recueilli en 1879 près de la porte de l’Oulle, à la base du pont qui va d’Avignon à l’ile de la Barthelasse.

[49POlVRE. Voyage d’un philosophe, 1768. - BRUCE. Voyage en Abyssinie, t. V, p. 10 sq.

[50Étaient-ce des radeaux ou des bateaux ? Nous ne sommes pas fixés par les textes. Aujourd’hui encore les riverains du Nil Blanc, les Chillouks, construisent une espèce de radeau avec un roseau nommé ambatch (SCHWEINFURTH. Tour du Monde, 1874, p.287-288

[51HASTING, op. cit., t. IV, P. 944

[52On peut nommer Guilandinus, Scaliger, Caylus, de Montfaucon, de Jussieu, Bruce, Cyrillo, etc.

[53Saverio Landolina Nava n’avait pu obtenir, au XVIIIe siècle qu’un papier cassant. Stodhart a tenté ses recherches en 1834

[54Mémoire sur la fabrication du papier chez les anciens (Acad. des Inscr, et B.-L. Mém., t XXIX, ,1851, p. 140 sq.)

[55PAOLI (C.). Del papiro specialmente le considerato come materia che ha sevito alla scrittura. Firenze, 1878, in-8.

[56La simple viscosité des cellules brisées aurait pu suffire à faire adhérer les unes aux autres les bandes juxtaposées, et si l’eau était nécessaire, était-il indispensable d’avoir celle du Nil ?

[57DR KARABACEK : Das arabische Papier. Eine historischeanliquarische Untersuchung, Wien, 1897, gr. in-4°

[58Musée rétrospectif de la classe 88. Fabrication du papier (matières premières, matériel, procédés et produits) à l’Exposition universelle internationale de 1900, à Paris. - Rapport de la Commission d’Installation. Saint-Cloud, s. d., gr. in-8, p.15-17

[59« L’abbé de Saint-Guilhem donne à nouveau cens à Paul Gilles, marchand de Montpellier, originaire de Saint-Guilhem, le tènement de Rieux Cabrie « quod extenditur a quodam loco vocato los estregs des cols de Cazelas, usque ad pontem vocaatum Malafossa... in quo quidem tenemento consensiit dominus Abbas quod idem Paulus et sui successores possint et valeant facere et reficere molendinum et molendina, paratoorum et paratorum, bladerium et bladeria, papireum et papirea, et alia quaecumque. » (Cité dans Musée rétrospectif..., p.12)

[60Musée rétrospectif de la classe 88.., p. 18-19.

[61Ibid., P. 22

[62MONTFAUCON. Dissertation sur le papyrus, sur le papier de coton et sur celui dont on se sert aujourd’hui. (Mêm. de littérat. tirez des Registres de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres depuis 1718 à 1725. Paris, 1729, t. VI p. 591. - WATTENBACH. Das Schriftwesen, in Mittelalter, Leipzig, 1871. - SICKEL. Bistorische Zeitschrift, t. XXVII p. 442. - WAILLY (Nat. de). Éléments de paléographie, etc.

[63BRICQUET (C. M.) Recherches sur les premiers papiers employés en Occident et en Orient, du Xe au XVe siècle, P. 133-180. Suivies de : Analyses microscopiques de papiers du moyen âge, p. 181-205 1 pl. hors texte

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