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Microscope binoculaire

La Nature N°206 - 12 Mai 1877

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 9 janvier 2011

Un physicien émérite, qui s’est adonné à l’étude de la lumière, M. Léon Jaubert, a apporté un grand nombre de perfectionnements aux appareils d’optique. Nous publions aujourd’hui la description du remarquable microscope binoculaire qui lui est dû. Ce microscope est monté sur un large socle ovale portant deux colonnettes C’, réunies à leur sommet et formant une chappe dans laquelle se trouvent adaptées les pièces A A’ et B (voir la figure ci-contre) ; celle-ci embrasse la partie tubulaire T, munie à sa partie supérieure du micromètre M et de l’oculaire L, et à sa partie inférieure d’un revolver sphérique R garni des trois objectifs O. La partie inférieure de B porte en outre la platine P, surmontée du porte-objet et du volet N qui le maintient. À cette platine sont adaptées les pièces de l’éclairage, les diaphragmes, la glace concave G et la glace plane G’.

Il résulte des dispositions des pièces A et A’ que l’appareil peut réellement prendre toutes les positions imaginables. Une de ces positions est surtout plus intéressante que les autres parce qu’elle permet de donner à l’appareil la disposition renversée appelée microscope chimique, fort utile lorsque l’on a à examiner des substances dégageant des vapeurs qui viennent obscurcir les lentilles de l’objectif ou même altérer leur poli ou oxyder leur monture. Il suffit de retirer la partie t, de retourner l’appareil et d’ajouter une pièce supplémentaire qui porte un prisme à réflexion totale, de lui adjoindre de nouveau la pièce t. L’on n’a ensuite qu’à regarder par l’oculaire comme dans la position normale. Dans ce microscope la mise au point se produit par deux moyens différents : l’un en tournant les écrous E’ et E3, et l’autre, en tournant la tête des vis V et V’ dont l’une se visse dans la partie de la platine qui pénètre dans la pièce tubulaire B, et l’autre vis V’ se visse dans la vis V.

Les objectifs, de puissance graduée, sont montés sur des revolvers sphériques de telle sorte que l’observateur peut instantanément voir l’objet avec des grossissements divers. Les oculaires sont égaiement montés sur revolver. La monnture de ces objectifs et de ces oculaires est combinée de telle sorte avec la longueur focale, que l’un vient remplacer l’autre sans nécessiter une nouvelle mise au point. Cette disposition est absolument nécessaire lorsqu’il s’agit d’observer les objets, les substances, les cristallisations ou les organismes qui subissent une transformation rapide et immédiate.

Les objectifs sont aussi à correction des diverses lentilles et à immersion. Dans ce cas ils sont montés d’une manière toute spéciale sur leur revolver.

La partie tubulaire monoculaire T peut être remplacée par la disposition binoculaire T (figure de droite). Les rayons lumineux, après avoir traversé l’objectif O, arrivent sur les prismes p où ils subissent deux réflexions, puis le faisceau de droite passe à gauche et réciproquement, et arrivent aux yeux de l’observateur sous un angle conforme à l’angle visuel. Les tubes sont à écartement variable.

M. Jaubert a imaginé plusieurs autres combinaisons binoculaires. Chacune d’elles a pour condition principale de faire arriver aux yeux de l’observateur un ensemble de faisceaux de même intensité et de même étendue et conformément à l’angle visuel.

Il a également construit un micromètre spécial, représenté isolément en haut de notre gravure. Ce micromètre, gravé sur verre, se compose d’un diamètre divisé, d’un certain nombre de rayons, d’une sphère par équidistants, qui part du centre et va au bord, de tracés de cercles concentriques d’une distance égale au pas ou au demi-pas de la spire et indiqués seulement sur les rayons, et d’un vernier placé en contact avec le dernier cercle entièrement tracé et divisé. A l’aide de ce micromètre, on obtient immédiatement la longueur ou la surface de l’objet. Ce même micromètre peut servir de goniomètre pour la mesure des angles des cristaux. M. Jaubert se propose de montrer aux visiteurs de l’Exposition de 1878 un grand nombre d’autres perfectionnements importants qu’il a su apporter grâce à de patientes études, à la plupart des appareils d’optique.

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