Ajouter ce site à vos favoris ! | Rejoignez-nous sur Google+ |

Accueil > Articles scientifiques > Géophysique, géographie > Météorologie et climatologie > Observatoires et stations météorologiques > L’observatoire du Misti au Pérou. La plus haute station météorologique du (...)

L’observatoire du Misti au Pérou. La plus haute station météorologique du monde

La Nature N°1082 — 24 février 1894

Mis en ligne par Denis Blaizot le mercredi 13 octobre 2010

En 1887, M. Uriah A. Boyden légua à l’Observatoire du Collège Harvard (États-Unis) une somme considérable, destinée à l’établissement d’un observatoire assez élevé pour être à l’abri des influences atmosphériques qui, à un niveau moindre, nuisent à l’exactitude des observations. On établit d’abord des stations élevées dans le Colorado et la Californie. On chercha bientôt dans l’Amérique méridionale d’autres points plus favorables, et la pureté persistante de l’air au célèbre volcan d’Aréquipa (ou Misti), fit choisir ce lieu pour un établissement permanent.

L’Observatoire est placé sur la crête d’une colline qui domine la vallée, à 120 mètres au-dessus de la ville et à 2415 mètres au-dessus de la mer ; il est par 16°22’ de latitude sud et 71°22’ de longitude occidentale. Du côté de l’est, le volcan éteint de Pichupichu s’élève jusqu’à 5580 mètres ; 16 kilomètres plus loin, dans la direction du nord-est, se trouve le volcan Misti, haut de 5760 mètres, et à 20 kilomètres au nord se dresse le Cbarchani, haut de 6000 mètres et toujours couvert de neige.

L’Observatoire du Misti a été construit sur le bord d’un précipice immense, il 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer. M. Bailey, directeur du Harvard Observatory d’Aréquipa, au Pérou, a été l’un des initiateurs de la nouvelle station ; l’honorable astronome, qui a souvent exécuté l’ascension de la montagne, a publié un récit de ses expéditions. Nous en reproduisons quelques extraits que nous devons à l’obligeance de M. Ed, Forga.

« Le 27 septembre, il me fut possible, dit M. Bailey, d’arriver au sommet du Misti avec un assistant, des Indiens et deux mules. En marchant à pied et à mule alternativement, nous arrivâmes en bonne condition pour faire des observations scientifiques, et les mules ne furent pas trop fatiguées. Cependant la hauteur produisit un grand effet sur elles ; près du sommet elles ne pouvaient faire plus de vingt pas sans un long repos.

« Le 12 octobre, je visitais encore une fois le sommet avec deux membres de l’Observatoire et douze Indiens ; treize mules emportaient les éléments d’une maison portative faite de murs doubles en bois. Nous apportions aussi une petite cabane pour les instruments. Ou nous envoya des provisions et nous passâmes la nuit à une hauteur de près de 4870 mètres, Plusieurs membres de l’expédition eurent à endurer les plus cruelles souffrances du mal des montagnes.

« La station se compose à présent de deux petites maisons, une pour les observateurs, l’autre pour les instruments. Elle est pourvue d’un baromètre enregistreur automatique, d’un thermographe, d’un hygromètre et d’un anémomètre, de plusieurs thermomètres au mercure. Les trois premiers instruments automatiques marchent dix jours, et un membre de l’Observatoire visite la station trois fois par mois. »